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22e CONGRÈS DU KKE:DÉCISION POLITIQUE

Date:
mars 8, 2026
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INTRODUCTION

Du 29 au 31 janvier 2026 s'est tenu le 22e Congrès du KKE au siège du Comité central du Parti. Le 22e Congrès a approuvé les textes des positions du Comité central, en tenant compte des débats et de leur adoption par les Assemblées générales des organisations régionales et les conférences. Il a également approuvé le rapport du Comité central au 22e Congrès ainsi que le rapport d'activité du Comité central de contrôle financier (CCCF). Il a adopté une décision politique définissant les tâches du Parti jusqu'au 23e Congrès.

Par la décision politique du 22e Congrès, nous affirmons notre détermination à franchir des étapes importantes pour aligner le fonctionnement et l’action quotidiens du Parti sur son programme révolutionnaire et ses statuts, afin que le KKE devienne « fort, solide face à toutes les épreuves, prêt à répondre à l’appel de l’Histoire pour le socialisme ».

Aujourd’hui, nous pouvons devenir plus compétents dans le travail révolutionnaire de préparation, à la formation des forces de la lutte de classe ouvrière et populaire, à la construction de l’alliance sociale, à l’approfondissement de son orientation anticapitaliste et antimonopoliste, à la diffusion du programme du Parti. Nous devons devenir plus aptes à établir des liens avec des masses politiquement plus éloignées, liens qui doivent acquérir des caractéristiques idéologiques et politiques solides et se traduire par l’édification du Parti et de la KNE, en renforçant les caractéristiques communistes de nos forces.

Nous sommes, en même temps, pleinement convaincus que les années à venir seront marquées par des événements qui auront un effet catalyseur sur les consciences. Nous connaîtrons également des changements rapides, des jours qui seront équivalents à plusieurs années de la vie habituelle d’hier et d’aujourd’hui. L'exacerbation des contradictions peut entraîner une déstabilisation, voire un ébranlement du pouvoir bourgeois, conduire à une grande mobilisation des masses, à des soulèvements, voire à des conditions de situation révolutionnaire, mais d’un autre côté aussi à une tentative de la part du pouvoir bourgeois de frapper le mouvement, à un nouveau recul possible du mouvement ouvrier, ainsi qu’à des possibilités d’une nouvelle « prise d’assaut du ciel ». Il est de notre devoir de discerner les éléments dynamiques de l’évolution, de ne pas nous laisser « aveugler » par le rapport de forces temporairement défavorable qui, aussi difficile qu’il puisse paraître, n’est ni immuable ni figé.

Nous avons foi en la victoire de la classe ouvrière, de notre peuple. Nous y parviendrons grâce à la stratégie tracée par notre Parti et à la force de notre Organisation.

L'EXACERBATION DES CONTRADICTIONS AINSI QUE LA PRÉPARATION D'UN CONFLIT ARMÉ EXIGENT LE MAXIMUM DE RÉACTIVITÉ DE LA PART DU PARTI

À propos des antagonismes impérialistes et de la guerre impérialiste

 

Le facteur principal qui alimente et exacerbe les antagonismes impérialistes et les conflits au niveau international est le déclin de la puissance économique des États-Unis conjugué au regain de puissance de la Chine, mais aussi l'exacerbation des contradictions entre les États membres de l'OTAN et de l'UE, ainsi que des contradictions en leur sein. Face à l'alliance euro-atlantique telle qu'elle s'est constituée jusqu'à présent, se profile l'alliance eurasienne en cours de formation, dont les forces principales sont la Chine, qui tend à conquérir la première place dans l’économie capitaliste mondiale, et la Russie, qui reste la deuxième puissance militaire. D'autres États capitalistes émergents, comme l'Inde ou la Turquie, oscillent entre les deux blocs impérialistes.

Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale impérialiste, notre monde est si rapproché d'une Troisième Guerre mondiale impérialiste. Les préparatifs intensifs des forces impérialistes, des camps impérialistes rivaux, sont comparables à ceux de l'entre-deux-guerres. La forme du conflit à venir et les fronts qui se formeront en cours de route se dessineront plus clairement au fur et à mesure que les événements se dérouleront. La lutte pour la conquête du sommet de la pyramide impérialiste est impitoyable. Elle se manifeste dans un champ de confrontation en constante expansion et touche des secteurs d’importance stratégique de l’économie, les investissements directs étrangers et les exportations de capitaux, les alliances et appuis politico-stratégiques, les armements militaires, les terres rares, l'intelligence artificielle et, plus généralement, la supériorité technologique, les chaînes d'approvisionnement, les ports, l'industrie navale, la marine marchande et autres secteurs.

L'OTAN se prépare à une guerre généralisée en Europe en déployant des forces et en renforçant ses bases militaires aux frontières russes, en modernisant son arsenal conventionnel et nucléaire, et en fournissant à l'Ukraine des armes de pointe.

L'UE renforce, en lui conférant une relative autonomie, l'économie de guerre et la préparation, un processus qui traverse l’ensemble des branches et des secteurs de l’économie des États membres, avec un rôle particulier de l’Allemagne et de la France, en vue du « réarmement de l’Europe ». Il consolide les fonds existants et crée de nouveaux fonds et programmes à des fins militaires, intensifiant ainsi l’attaque contre les droits des travailleurs et du peuple.

L'UE, en association avec l'OTAN, met en œuvre le projet de « mobilité militaire », le « Schengen militaire », permettant de déployer rapidement, en quelques heures seulement, des forces et des moyens militaires sur le front. La soi-disant « coalition des volontaires » – États-Unis, Royaume-Uni, France, Pologne et pays baltes – s'apprête à envoyer des forces militaires sur le territoire ukrainien au nom des dites « garanties de sécurité ». Ce type de plans, tout comme les manœuvres stratégiques des États-Unis, de la Chine mais aussi de la Russie, déclenchent des changements sur la carte du monde, alimentent l’intensification des rivalités, ébranlent des alliances de longue date et risquent d'entraîner une escalade du conflit et le recours à des missiles conventionnels modernes et à des armes nucléaires. Le processus de recherche d’un compromis provisoire en Ukraine, avec l’intervention des États-Unis et les négociations avec la Russie – même s’il aboutit –, n’inverse pas la tendance générale à l’exacerbation des antagonismes. Tout compromis provisoire conduira avec une précision mathématique à un nouveau cycle d’exacerbation des antagonismes impérialistes.

La trêve provisoire, imposée en octobre 2025 en Palestine grâce à l'intervention des États-Unis, perpétue l'occupation israélienne et rend caduque la solution à deux États. Le massacre du peuple palestinien se poursuit en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, qui se transforme en protectorat américano-israélien. Elle poursuit la lutte pour un État palestinien indépendant dans les frontières d’avant juin 1967, avec pour capitale Jérusalem-Est, unifié sur le plan territorial, sans forces d'occupation, sans colonies ni colons, avec la libération des prisonniers politiques et le retour des réfugiés.

Au sein de toute alliance impérialiste se manifestent des contradictions, provoquées par l'anarchie de la production, le développement capitaliste asymétrique et les relations inégales entre les États capitalistes. L'exacerbation des contradictions intra-impérialistes pourrait aggraver les fissures existantes au sein de l'« axe euro-atlantique » dans les années à venir. On observe déjà de sérieuses divergences concernant la position à adopter face à la guerre en Ukraine, aux droits de douane, à la transition « verte » et aux relations avec la Russie.

Ces divergences se reflètent également dans la nouvelle Stratégie nationale de sécurité des États-Unis (concernant les engagements en matière de coopération politico-militaire, la façon de traiter les migrants, etc.) ainsi que dans les déclarations sur l'avenir du Groenland. De même, au sein des forces bourgeoises en Russie, on assiste à une controverse entre ceux qui recherchent un compromis temporaire avec les États-Unis et ceux qui visent à renforcer et à approfondir les relations de l’État capitaliste russe avec d’autres États du bloc impérialiste eurasien . Quoi qu’il en soit, les compromis sont temporaires et les antagonismes sont permanents dans le système impérialiste international.

Les alliances peuvent changer et se remodeler, mais l'élément fondamental qui détermine leur caractère de classe, et donc l'essence même des alliances euro-atlantique et eurasienne, réside dans la base économique des États capitalistes qui les constituent, c'est-à-dire la domination des monopoles et leurs intérêts. Par conséquent, le dilemme « camp euro-atlantique ou eurasien » est fallacieux, il va à l’encontre des intérêts de la classe ouvrière et des peuples, et sape leur lutte idéologique et politique indépendante pour renverser le capitalisme, pour le socialisme et le communisme.

La Russie capitaliste d'aujourd'hui est le fruit de la contre-révolution, un État capitaliste puissant, la deuxième puissance militaire dotée d'une stratégie qui lui est propre. Elle est véhicule d'anticommunisme et d'antisoviétisme, qui, d'un côté, calomnie le socialisme et, de l'autre, s'approprie les acquis de la Révolution socialiste d'octobre et le rôle décisif de l'Union soviétique dans la victoire antifasciste des peuples lors de la Seconde Guerre mondiale impérialiste, en cherchant à manipuler non seulement le peuple russe, mais aussi des partis communistes et d’autres États.

La Chine est aujourd’hui un modèle de restauration capitaliste dirigée par un parti « communiste », qui exerce un pouvoir capitaliste en suivant la célèbre « économie mixte », c'est-à-dire un développement capitaliste avec une propriété d'État élargie, ce qui n'a en rien réduit les inégalités sociales et l'exploitation de classe, comme c'est d'ailleurs le cas dans l'ensemble du monde capitaliste. Les caractéristiques du développement capitaliste en Chine sont également la rentabilité colossale des géants monopolistiques, l'exportation de capitaux et l'expansion de ses groupes économiques capitalistes en Asie, en Afrique, en Amérique latine, partout dans le monde.

Il est impératif d'intensifier la lutte idéologique et politique contre les visées des États-Unis, de l'OTAN et de l'UE, et, parallèlement, de renforcer le front contre la rhétorique et l'autre camp de la guerre impérialiste ainsi que contre toutes les forces qui les défendent, afin que le mouvement ouvrier et populaire ne soit pas à la traîne des desseins des autres puissances capitalistes.

Le mouvement révolutionnaire a également pour devoir d’exploiter les contradictions entre les États capitalistes et leurs diverses alliances, de créer des fissures, d’élargir celles qui existent déjà au profit de la lutte ouvrière et de la lutte pour le renversement du capitalisme et la construction du socialisme, tout en préservant son indépendance révolutionnaire.

 

La situation dans notre région et la prise de position de la classe bourgeoise grecque

 

Le gouvernement de la Nouvelle Démocratie, avec le soutien du PASOK, de SYRIZA et des autres partis bourgeois, suivant la voie tracée par les gouvernements précédents, s'engage davantage dans les guerres impérialistes et les projets des États-Unis, de l'OTAN et de l'UE, en cherchant à revaloriser le statut de la classe bourgeoise grecque, en faire du pays un carrefour énergétique et logistique, et en revendiquant une plus grande part du butin des guerres et interventions impérialistes.

Cette politique dangereuse d’implication dans la guerre se concrétise par la transformation de l’ensemble du pays en un avant-poste militaire de l’OTAN, avec l’utilisation des bases américaines, le soutien au régime de Zelensky et l’envoi d’armement en Ukraine, ainsi que par les relations stratégiques avec l’État d’Israël.

À travers l’« Agenda 2030 », à travers le réaménagement de la structure et du plan de déploiement des forces armées grecques, ainsi qu'à travers l'acquisition d'équipements militaires modernes, ce sont les besoins de l'OTAN qui sont servis, et non pas la défense de l'intégrité territoriale et des frontières du pays. Des unités des forces armées grecques sont envoyées en missions impérialistes à l'étranger, en mer Rouge, dans le golfe Persique et dans les Balkans. Le ministère grec de la Défense envisage d'envoyer l'armée grecque dans la bande de Gaza et adopte une position particulièrement dangereuse en appelant le peuple à se familiariser avec la « culture des cercueils ».

Dans les faits, il s'est avéré que l'implication dans les projets des États-Unis, de l'OTAN, de l'UE et d'Israël non seulement ne garantit pas la sécurité du peuple, mais fait du pays une cible de représailles, tout en ayant à maintes reprises conduit à des événements remettant en cause les droits de souveraineté.

En témoignent l'évolution des relations gréco-turques, les revendications sur les îles et les îlots, la violation du Traité de Lausanne par la Turquie membre de l’OTAN, des actes qui apparaissent comme des faits accomplis et se multiplient dans le cadre du dogme de la « Patrie bleue » adopté par la Turquie, des « zones grises » qui existeraient selon la Turquie dans la mer Égée, du « pacte turco-libyen[1] » et d’autres choix stratégiques. Tout cela constitue une contestation des droits de la Grèce en matière de souveraineté.

Les négociations engagées sous supervision américaine, dans le cadre des décisions du sommet de l'OTAN, en 2023, visent à renforcer l'aile sud-est de l'OTAN, à la co-gestion et à la co-exploitation des ressources minérales en mer Égée et en Méditerranée orientale, ainsi qu'à fragiliser les relations russo-turques.

La théorie des « eaux calmes » dans les relations gréco-turques, défendue par le gouvernement grec et, à divers égards, par les autres partis bourgeois grecs, s'est révélée infondée, car cette période a été exploitée par la Turquie pour avancer de nouvelles revendications et des faits accomplis, comme le soulignent l'intervention de l'État turc dans l'affaire de l'interconnexion électrique Grèce - Chypre - Israël, la présentation de la Planification de l'espace maritime en mer Égée et le projet du gouvernement grec concernant les parcs environnementaux.

Le rôle dangereux joué par l'implication de la Grèce dans les projets impérialistes se reflète également sur l'évolution de la question chypriote, qui contredit dans les faits l'argumentation bourgeoise selon laquelle la participation à des alliances impérialistes et à des tractations impérialistes constituerait un bouclier contre les menaces étrangères. À Chypre, État membre de l’UE, avec des bases britanniques et de l’OTAN sur son territoire et des relations d’alliance stratégiques avec les États-Unis et l’OTAN,  nous constatons que l'occupation de 37 % de l'île se poursuit depuis plus de 51 ans, tandis que sont élaborés des projets de division en « deux États », soutenus par l'État turc, ou des projets de « deux États constitutifs », présentés comme une proposition de compromis.

 

La position internationaliste du KKE

 

Le KKE a condamné fermement l'attaque militaire lancée par les États-Unis au début du mois de janvier 2026 contre le Venezuela et son peuple. Des mois auparavant, il avait dénoncé le rassemblement de forces militaires et l'agressivité à l'encontre des peuples d'Amérique latine et des Caraïbes. Il a exprimé sa solidarité avec le peuple vénézuélien, seul habilité à décider de l'avenir de son pays, ainsi qu'avec le Parti communiste du Venezuela, qui agit dans des conditions très difficiles.

Le KKE rejette les prétextes fallacieux des impérialistes, dévoile le caractère impérialiste de l'intervention américaine dont l'objectif est de s'emparer des richesses énergétiques du pays et d'aligner la région sur leurs intérêts économiques et géopolitiques, face à leurs concurrents, la Chine et la Russie.

Le KKE a dénoncé l'attitude ignoble et cynique du gouvernement grec qui, en tant que tenant de l'impérialisme américain, épouse pleinement toutes les excuses avancées par les États-Unis et va jusqu'à fermer délibérément les yeux sur la violation de ce même « droit international » en lambeaux , auquel elle jure par ailleurs fidélité. Ce faisant, elle donne simultanément un appui aux revendications inacceptables de la bourgeoisie turque à Chypre, dans la mer Égée et en Méditerranée orientale.

Le KKE poursuivra la lutte contre les nouvelles menaces de l’impérialisme américain contre Cuba, le Groenland, la Colombie, le Venezuela, l’Iran et d’autres pays. Il exprime sa profonde solidarité internationaliste avec le peuple cubain et le Parti communiste cubain, ainsi qu’avec tous les peuples.

Le KKE se tient depuis toujours aux côtés du peuple palestinien ; il condamne l'occupation et le génocide dont il est victime de la part de l'État assassin d'Israël, avec le soutien des États-Unis, de l'OTAN et de l'UE. C'est le Parti qui, par principe, a exprimé sa solidarité internationaliste sans réserve dès le premier jour de la nouvelle escalade de la barbarie israélienne et du génocide dans la bande de Gaza, sous le prétexte de l'attaque du Hamas en octobre 2023, et a dénoncé avec fermeté la tentative de discréditer la lutte palestinienne, l'opération visant à mettre sur un pied d'égalité l'agresseur et la victime menée par le gouvernement de la Nouvelle Démocratie et les autres partis bourgeois, qui se sont alignés sur les positions d'Israël et du criminel de guerre Netanyahou, avec les arguments fallacieux sur le droit à la « légitime défense » de l'occupant.

Notre parti a dévoilé que l'objectif général d'Israël et des États-Unis est la création d'un espace économique et géopolitique du « Nouveau Moyen-Orient » par le biais des accords d'Israël avec une série d'États arabes (accords d'Abraham) et la mise en œuvre de la « Route commerciale de l'Inde » (Asie - Moyen-Orient - Europe), en concurrence avec la « Nouvelle Route de la Soie » chinoise et les projets de l'Iran.

Notre Parti a très tôt mis en évidence le caractère impérialiste de la guerre en Ukraine, et ce des deux côtés. Il a souligné que le peuple ukrainien fait les frais des rivalités et des interventions de l’OTAN et de l’UE d’une part, qui soutiennent le gouvernement Zelensky, et de la Russie capitaliste d’autre part. Il a mis en évidence les responsabilités des classes bourgeoises de toutes les puissances impliquées, en rejetant leurs faux-semblants, et en apportant des réponses à la falsification anticommuniste et antisoviétique de l’Histoire à laquelle se livrent les deux camps. Il a souligné la nécessité d’une lutte commune des peuples et s’est opposé à l’implication sous diverses formes de la Grèce dans la guerre, sous la responsabilité du gouvernement de la Nouvelle Démocratie et de tous les partis euro-atlantistes.

Le KKE estime que les développements négatifs à Chypre soulignent la nécessité de développer la lutte populaire pour une Chypre indépendante et unifiée, c'est-à-dire un seul État et non deux, avec une seule et unique souveraineté, une seule nationalité et une entité étatique internationale, une patrie commune aux Chypriotes grecs et aux Chypriotes turcs, sans forces d'occupation ni troupes et bases étrangères d'aucune sorte, sans garants ni protecteurs, avec un peuple souverain.

Dans ces conditions, l’orientation de la lutte du KKE pour le développement de l’amitié et de la lutte commune des peuples grec, chypriote et turc, des peuples de la région, contre les classes bourgeoises et leurs intérêts, contre la politique hostile au peuple des États et des gouvernements bourgeois, contre leurs alliances impérialistes.

Le KKE continuera de soutenir de toutes ses forces les initiatives et les mobilisations des syndicats, des associations de travailleurs indépendants, de l’Organisation des femmes de Grèce (OGE), du Comité grec pour la détente internationale et la paix (EEDYE), des associations étudiantes et d’autres acteurs du mouvement de masse contre les guerres impérialistes, pour le désengagement du pays de celles-ci, la fermeture des bases américaines et de l'OTAN, le retour des forces armées grecques des missions impérialistes à l'étranger, pour le soutien de la lutte héroïque du peuple palestinien. Il continuera à soutenir les décisions des syndicats et des autres acteurs du mouvement populaire visant à bloquer les forces de l’OTAN et les cargaisons de mort lors de leur passage par les ports grecs, comme cela a été le cas lors de la période précédente (dockers de COSCO, Thessalonique, Alexandroupoli, Tyrnavos, etc.)

Il continuera à soutenir de manière systématique l'action internationaliste du Conseil mondial de la paix (CMP).

Dans l'ensemble, sur le plan du mouvement ouvrier et populaire et en tirant parti de l'expérience acquise, nous intensifions la lutte contre le transport de matériel militaire vers les fronts de guerre et nous focalisons sur les bases et les infrastructures américano-OTAN, afin de fermer ces rampes de lancement de la guerre et de permettre au peuple de s’opposer aux nouveaux plans dangereux que le gouvernement promeut, avec le soutien des autres partis, dans le cadre du « dialogue stratégique » avec les États-Unis et de la reconduction de l’accord militaire pour le maintien et l’extension des bases américaines.

Le KKE soutient résolument les soldats et les officiers qui s’opposent à la politique antipopulaire et aux projets impérialistes et qui revendiquent leurs droits au sein des casernes et dans la rue, aux côtés du reste du peuple et de la jeunesse. Nous soulignons tout particulièrement l’importance des grandes mobilisations des militaires en service et des réservistes, qui s'opposent à la loi gouvernementale inacceptable qui dégrade les droits des officiers et des sous-officiers et impose aux forces armées les normes de l'OTAN. Nous renforçons encore davantage le mouvement de solidarité avec les soldats qui refusent de servir les plans de l’OTAN et de la classe bourgeoise.

Le programme du Parti définit clairement notre position face à la guerre impérialiste et notre ligne d'action. Nous ne nous placerons pas sous un drapeau étranger, mais le Parti mènera la lutte ouvrière et populaire sous toutes ses formes, afin que le peuple, uni au sein d’un front ouvrier et populaire, puisse conquérir la liberté et trouver une issue au système capitaliste qui, tant qu’il domine, engendre la guerre et une « paix avec un pistolet sur la tempe ». Cette orientation programmatique est très exigeante ; elle est liée au développement global de la capacité idéologique et politique du Parti à être à la hauteur de son caractère révolutionnaire en toutes circonstances. Elle suppose une intervention décisive et argumentée dans la lutte idéologique et politique qui se développe et qui s’intensifiera au cours de la période à venir.

La classe ouvrière et les forces populaires qui lui sont alliées n’ont aucun intérêt à se rallier à l’un ou l’autre camp impérialiste, à choisir un camp de brigands. La question fondamentale pour la classe ouvrière de notre pays, ainsi que pour les autres couches populaires alliées, est de ne pas se laisser piéger, sous divers prétextes et illusions, par les visées du camp impérialiste, c'est-à-dire du camp euro-OTAN, auquel participe l'État bourgeois grec, de se dissocier des plans impérialistes, de cultiver la remise en question et la méfiance envers le gouvernement bourgeois et l'État, de lutter pour la sortie de l'OTAN, de l'UE, de toutes les alliances impérialistes. Il faut promouvoir, non seulement par le biais d’une fermentation idéologique et politique, mais aussi par l’intervention au sein du mouvement ouvrier et populaire, l’idée qu’il n’existe pas d’intérêts nationaux communs entre les travailleurs et les capitalistes, et ce, même en temps de guerre.

 

[1]NOTE DE LA TRADUCTION : Protocole d'accord signé en novembre 2019 entre la Turquie et la Libye. Il délimite une frontière maritime en Méditerranée orientale pour l'exploitation des ressources naturelles du sous-sol marin.

LE MOUVEMENT COMMUNISTE INTERNATIONAL FACE À LA GUERRE IMPÉRIALISTEET À L' EXACERBATIONDES CONTRADICTIONS

La guerre impérialiste en Ukraine a creusé de nouvelles fissures dans la crise idéologique, politique et organisationnelle chronique et profonde du Mouvement communiste international (MCI). Ce problème revêt une importance capitale pour le déroulement de la lutte des classes, dont la dimension internationale est cruciale.

La lutte au sein du MCI ne se déroule pas aujourd’hui uniquement contre les partis qui se sont mutés ou qui ont perpétué la tradition de l’eurocommunisme, ni uniquement contre les partis qui maintiennent encore la stratégie discréditée des étapes transitoires vers le socialisme, cette politique erronée qui dissocie l’impérialisme des monopoles, sa base économique, ou la ligne échouée de la coopération avec la social-démocratie, la voie parlementaire, etc.

La guerre impérialiste en Ukraine et l'exacerbation des antagonismes, qui s'accompagnent d'une remise en cause ouverte de la prééminence des États-Unis et du rôle du « camp euro-atlantique », ont suscité de nouvelles divisions idéologiques et politiques et ont creusé les anciennes. Les partis communistes qui, auparavant, identifiaient l’impérialisme uniquement à la politique étrangère agressive des États-Unis et de certains États capitalistes puissants d’Europe, et qui embellissaient le rôle d’autres États capitalistes, voient désormais en la Russie, en Chine ou en Iran, comme des « puissances anti-impérialistes » ou même un « axe anti-impérialiste » imaginaire, en occultant leur caractère profondément réactionnaire et exploiteur. D’une manière schématique et antidialectique, ils font abstraction des contradictions et des antagonismes intra-impérialistes, cause fondamentale des guerres impérialistes, et estiment qu’un « monde multipolaire » est en train de se former, qui sera « juste » et « pacifique », tandis que certains PC soutiennent la Chine, la Russie ou l’Union européenne, considérant ces puissances comme un « contrepoids » ou une « force d’équilibre » face aux États-Unis. Ils assimilent les intérêts de la classe ouvrière et des couches populaires de leur pays aux aspirations des classes bourgeoises de ces États ou de ces unions. Ils idéologisent certains compromis et manœuvres nécessaires et leur confèrent un caractère programmatique. Cette conception est influencée par la conjoncture internationale défavorable, par l’idée de rechercher un appui, un « point d’ancrage » dans le cadre du rapport de forces défavorable qui prévaut au niveau international. Ce faisant, on déforme la thèse léniniste correcte consistant à exploiter les contradictions intra-impérialistes au profit du mouvement ouvrier révolutionnaire et du pouvoir socialiste.

Ce conflit concerne également des partis avec lesquels le KKE entretenait autrefois des relations relativement bonnes, malgré les divergences idéologiques et politiques, et qui ont renoncé aux principes communistes fondamentaux, ont soutenu la classe bourgeoise russe dans la guerre impérialiste, se sont rangés du côté du camp eurasien, sont devenus des partisans du capitalisme en Chine, des vecteurs de remise en cause des lois de la construction socialiste. De telles forces se rallient au « Forum antifasciste » ou à la soi-disant « Plateforme anti-impérialiste mondiale » qui, entre autres, mène également une campagne anti-KKE.

Cette situation s’est cristallisée à un moment où l’évolution des événements a mis en évidence la nécessité d’une reconstruction révolutionnaire du mouvement communiste, défendue par le KKE et les PC avec lesquels notre Parti a établi une coopération dans le cadre de l’Action communiste européenne (ACE) et de la Revue communiste internationale (RCI), ainsi qu’avec des dizaines d’autres partis communistes issus de diverses régions du globe.

Cette situation déplorable a eu un effet catalyseur sur les Rencontres internationales des partis communistes et ouvriers (RIPCO), qui avaient été lancées à l'initiative du KKE, mais qui ont progressivement épuisé leur dynamisme et leur signification initiale et se sont transformées en un terrain de confrontations intenses mais stériles, perpétuant ainsi la crise du mouvement communiste. Parallèlement, on observe de nombreux problèmes de fonctionnement graves et insolubles, qui ont principalement une base idéologique et politique, en particulier depuis le déclenchement de la guerre impérialiste en Ukraine.

Ainsi, indépendamment des déclarations et des prises de position, le processus de reconstruction du mouvement communiste international sera jugé à l’aune de la ligne politique et de l’action des partis communistes. Par leur capacité, dans les moments critiques, à agir conformément à leurs déclarations révolutionnaires, mais aussi à dépasser les conceptions et les positionnements erronés ou dépassés par la vie, pour s’adapter aux tâches révolutionnaires de la période. C’est à travers de tels chocs et procédés que naîtra le « nouveau » au sein du Mouvement communiste international.

Dans cet effort, nous recherchons tout particulièrement l’action commune et la coopération avec les PC et les forces communistes qui répondent aux critères suivants :

  1. a) Ils défendent le marxisme-léninisme et l'internationalisme prolétarien, ainsi que la nécessité de former un pôle communiste à l'échelle internationale.
  2. b) Ils luttent contre l'opportunisme et le réformisme, rejettent la gestion de centre-gauche et social-démocrate, toute forme de gestion bourgeoise du capitalisme, rejettent la participation ou le soutien aux gouvernements bourgeois et toute variante de la « stratégie des étapes ».
  3. c) Ils défendent les lois de la révolution socialiste. C'est sur cette base qu'ils évaluent le cours de la construction socialiste, qu'ils cherchent à étudier et à tirer des leçons de ses problèmes et de ses erreurs, et c'est sur cette base qu'ils rejettent les thèses prônant un « socialisme de marché » ou les thèses qui nient les lois de la construction socialiste en raison de particularités nationales.
  4. d) Ils condamnent la guerre impérialiste et mettent en évidence les responsabilités des classes bourgeoises de part et d’autre. Ils mènent une lutte idéologique contre les conceptions erronées de l’impérialisme, en particulier celles qui dissocient son agressivité militaire de son contenu économique, et s’opposent à toute alliance impérialiste. Ils ne prennent pas parti dans le conflit impérialiste.
  5. e) Ils tissent des liens avec la classe ouvrière, s’efforcent d’agir au sein du mouvement syndical, aux mouvements des couches populaires des classes moyennes urbaines et rurales, et cherchent à inscrire la lutte quotidienne pour les droits des travailleurs et du peuple dans une stratégie révolutionnaire contemporaine pour le pouvoir ouvrier.
  6. f) Ils ne dissocient pas la lutte contre la guerre et contre le fascisme de la lutte contre le capitalisme qui les engendre. Ils rejettent le « antifascisme » de façade et les divers « fronts antifascistes » utilisés par les forces bourgeoises et opportunistes pour piéger les forces populaires dans leurs propres plans. Ils sont en confrontation idéologique et politique avec l’anticommunisme et la répression des luttes ouvrières et populaires.

Le KKE, fidèle au principe de l’internationalisme prolétarien, tenant compte du caractère international de la lutte des classes et de la nécessité d’une stratégie révolutionnaire unifiée du mouvement communiste, lutte pour la formation d’un pôle marxiste-léniniste international et la reconstruction révolutionnaire du mouvement communiste européen et international.

LES ÉVOLUTIONS ÉCONOMIQUES ET POLITIQUES EN GRÈCE

L'économie nationale est en phase de croissance. Cependant, bien que le PIB augmente et que le taux de chômage diminue depuis quatre ans, le PIB reste inférieur à son niveau de 2008, tout comme le nombre total de personnes employées reste relativement plus faible. Parallèlement, la croissance capitaliste reste relativement vulnérable dans le moyen et le long terme, car l'économie nationale de la Grèce est étroitement liée aux économies des pays de l'UE et une nouvelle récession dans l'UE devrait avoir des effets négatifs sur l'économie capitaliste nationale, avec le risque de voir éclater une nouvelle crise économique capitaliste de suraccumulation de capital.

Les prévisions officielles du Cadre budgétaire pluriannuel 2026-2029 de l'UE indiquent un ralentissement du rythme de croissance de l'économie grecque au cours des quatre prochaines années.

Les objectifs de la politique gouvernementale visant à améliorer le climat pour les investissements, à rembourser anticipativement la dette publique et à soutenir les investissements dans l’économie de guerre se traduiront par une intensification de l’attaque contre les droits et les revenus des travailleurs. Elles aggraveront encore davantage la situation des travailleurs et des retraités, afin de soutenir la compétitivité du capital, par une intensification de l’exploitation et l’extension des relations de travail flexibles, par de nouvelles coupes dans la politique sociale de l’État, par des coupes dans les droits à la sécurité sociale, par la cession des biens publics au profit d’investissements lucratifs, par la

«simplification » des procédures d’octroi de licences aux entreprises et par la suppression des exigences en matière de protection de l’environnement, par la poursuite de la politique de taxes indirectes lourdes, etc.

L'attaque contre les revenus du travail, et plus généralement contre le niveau de vie et les droits syndicaux, constitue la seule voie possible pour la stratégie du capital dans les années à venir, alors que la pression de la concurrence internationale s'intensifie.

Ces objectifs sont au cœur de la stratégie du capital grec et de l’UE, et tous les partis de l’opposition systémique actuelle y souscrivent.

La période écoulée a démenti, une fois de plus, le mythe de la croissance capitaliste pour tous, qui serait censée profiter à la fois aux bourreaux et aux victimes de l’exploitation capitaliste. Il a été démontré une nouvelle fois que toutes les formes de gestion bourgeoise (politique expansionniste ou restrictive, avec hausse ou baisse des taux d’intérêt, etc.) profitent de manière constante au capital et imposent de nouveaux fardeaux au peuple. Une série d’indicateurs tels que le pouvoir d’achat, le surendettement, le coût du logement et la précarité énergétique témoignent de la tendance à la détérioration du niveau de vie du peuple.

Le gouvernement se vante de l'augmentation du salaire nominal, tout en dissimulant la baisse du salaire réel due à l'inflation, à la hausse des prix des denrées alimentaires et à la flambée des prix de l'énergie, tandis que la pression fiscale sur les salariés et les travailleurs indépendants s'est poursuivie. Les recettes totales provenant de la TVA, cet impôt indirect fondamentalement injuste, ont bondi de plus de 65 % entre 2019 et aujourd’hui.

Au cours de la période écoulée, les investissements privés ont continué de se concentrer principalement sur le tourisme, l'achat et la vente de terrains et de logements, le rachat d'entreprises existantes et les investissements dans les énergies renouvelables (ER), accentuant ainsi les inégalités et leurs répercussions négatives.

Le virage vers l'économie de guerre ne se résume pas simplement à de nouveaux investissements et à une augmentation de la production de l'industrie de l'armement (armes, munitions, moyens de guerre électronique) et de l’ensemble des entreprises produisant des biens connexes (par exemple, des articles de ravitaillement). Elle est principalement liée à l’implication plus profonde du pays dans la guerre énergétique et commerciale entre l’UE - Russie, mais aussi, plus largement, implique l'intégration de nombreux secteurs dans les objectifs et les projets de préparation à la guerre, et implique une capacité accrue à acheter la conscience des employés de ces entreprises.

Dans ce contexte, les objectifs suivants se démarquent, même si leur mise en œuvre est bien sûr déterminée par le cadre des contradictions et des antagonismes :

  • Les projets visant à transformer le pays en carrefour énergétique pour promouvoir l'exportation du gaz naturel liquéfié (GNL) américain vers l'Europe et la mise en place de corridors énergétiques reliant la Méditerranée orientale à l'UE.
  • Le lancement de recherches pour l'exploitation des gisements énergétiques nationaux avec la participation de puissants groupes américains.
  • La modernisation des infrastructures portuaires et des transports combinés, ainsi que l’intensification des tensions autour du contrôle des ports nationaux (par exemple, Thessalonique, Le Pirée, Éleusis, Volos, Alexandroupoli).
  •  La construction d'infrastructures coûteuses à double usage (civil et militaire) afin de garantir la mobilisation militaire (par exemple, routes, tunnels et ponts répondant à des normes spécifiques).
  • Les accords de participation de groupes nationaux à des projets de reconstruction de zones détruites en Ukraine et au Moyen-Orient (par exemple, de nouvelles centrales électriques et des projets de stabilisation du réseau énergétique ukrainien).

Face à ces mesures de préparation à la guerre, la propagande idéologique et politique s’intensifie, invoquant la « préparation psychologique » du peuple, de tous les peuples d’Europe, avec pour véritable objectif de les intimider, « qu’ils se calment », qu’ils soutiennent la classe bourgeoise dans ses desseins.

La poursuite de ces objectifs, avec le soutien de tous les partis du système, se traduit par d'énormes profits pour les groupes nationaux des secteurs de l'énergie, de la construction et de la banque, ainsi que pour les armateurs, tandis que le peuple subit l'intensification de l'exploitation, les coupes dans les dépenses indispensables à la politique sociale et le durcissement de la politique répressive.

C'est dans cette même veine hostile au peuple que se développent et sont exploités aujourd'hui la transformation numérique de l'économie et de l'État, ainsi que les applications de l'intelligence artificielle. L'État bourgeois numérique peut fonctionner plus efficacement au profit du capital, en facilitant la mise en œuvre de changements réactionnaires (par exemple, le fichage numérique des citoyens, la fiscalité).

Les nouvelles technologies, et en particulier l'intelligence artificielle, sont instrumentalisées par le pouvoir du capital, tant au niveau international qu'en Grèce, comme moyen d'accroître l'exploitation et comme outil de contrôle, de manipulation et de répression du peuple. Le capitalisme se sert des technologies de pointe pour subordonner totalement le travail aux objectifs du capital. Il annule la possibilité qu’offre le développement des forces productives de réduire le temps de travail et d’enrichir le contenu du temps libre dans tous les aspects de la vie sociale, et creuse le fossé entre les possibilités et la satisfaction effective des besoins sociaux.

Dans le contexte de ces changements, la tendance à l’expansion des grands groupes et, plus généralement, à la concentration et à la centralisation du capital se renforce.

La tendance à l'expansion du secteur touristique et le tournant vers la préparation à la guerre alimentent une série d'antagonismes au sein de la bourgeoisie qui se reflètent également dans les conflits politiques bourgeois.

 

Le processus de refonte du système politique bourgeois en Grèce

 

Les processus qui se développent dans un contexte d'exacerbation des contradictions intra-impérialistes, de préparation à la guerre et de montée du mécontentement populaire, les contradictions intra-bourgeoises concernant le modèle de production qui doit prévaloir en Grèce, la répartition des fonds de l'Union européenne et de l'État, ainsi que la hiérarchisation des aides, traversent également les processus de refonte du système politique bourgeois. Ces processus se déroulent entre différentes fractions de la classe capitaliste et s’expriment, ou cherchent à s’exprimer, également sur le plan politique. Certaines fractions de la classe capitaliste estiment qu’elles sont « mises à l’écart » par les priorités du gouvernement Mitsotakis, qu’il faut une autre orientation, tant dans la hiérarchisation du soutien aux secteurs de l’économie capitaliste que dans la politique étrangère de l’État capitaliste, dans ses relations, par exemple, avec la Russie ou d’autres États capitalistes. Des contradictions apparaissent également dans la manière dont sont gérées les questions dites nationales, telles que les relations gréco-turques ou encore la question chypriote.

Des tendances à la contestation du gouvernement se manifestent au sein même du parti au pouvoir, la Nouvelle Démocratie, et visent principalement sa direction actuelle. La situation qui prévaut au sein de l'arc des autres partis bourgeois contribue également, pour l'instant, à maintenir la cohésion de la Nouvelle Démocratie, car aucun parti ni aucune coalition de partis ne semble encore en mesure de reproduire le modèle bipolaire de l'alternance gouvernementale bourgeoise, ce qui complique la situation du système politique bourgeois.

C'est dans ce contexte de rétablissement de la possibilité d'une alternance gouvernementale bourgeoise, et dans le but d'intégrer le mécontentement populaire constaté, que de « nouvelles » solutions potentielles sont testées, telles que le retour de Tsipras et l’intention de créer une nouvelle formation politique par des déclarations qui renoncent même aux slogans prétendument progressistes de la période de gouvernement du « SYRIZA au complet » – aux côtés du parti des Grecs indépendants (ANEL) – qui, à l’époque, alimentaient l’illusion d’une gestion du capitalisme favorable aux intérêts populaires, et qui ont bien sûr été démenties.

Parallèlement, d'autres initiatives et perspectives sont en cours d'expérimentation, comme le parti de Karistianou, qui bénéficie du soutien de certains groupes de presse, de politiciens bourgeois et de diverses personnes mécontentes des partis bourgeois dont elles sont issues. C'est dans ce contexte que s'inscrivait également le suivi des sondages, avec des hauts et des bas, concernant le parti « PlefsiEleftherias » (Cap sur la liberté) de Z. Konstantopoulou.

Parallèlement, on tente de canaliser le mécontentement, objectivement croissant, vers des forces politiques bourgeoises qui se démarquent du gouvernement sur certains aspects de sa politique, en exerçant, par leur populisme, une influence sur des segments spécifiques des forces sociales, comme par exemple la « Solution grecque » de K. Velopoulos.

L’exacerbation des contradictions interimpérialistes et la possibilité d’une guerre impérialiste plus large auront également une influence déterminante sur le système politique bourgeois. Un élément constant de la préparation à la guerre des États capitalistes est, outre les tactiques visant à incorporer politiquement le mécontentement, la répression de « l’ennemi de classe intérieur », ce qui signifie que les forces politiques d’extrême droite ou fascistes deviendront de plus en plus utiles au système ; celles-ci, s’exprimant au nom de « l’unité nationale » et de « l’intérêt national commun », s'opposeront à la lutte de classe et tenteront de subordonner les forces ouvrières et populaires aux desseins du pouvoir capitaliste.

Parallèlement, d'autres initiatives et possibilités sont à l'essai, comme le parti de Karystianou[1], qui bénéficie du soutien de certains groupes de presse, de politiciens bourgeois et de diverses personnes mécontentes des partis bourgeois dont elles sont issues. C'est dans ce contexte que s'inscrivait également le suivi des sondages, avec des hauts et des bas, concernant le parti « PlefsiEleftherias » (Navigation vers la liberté) de ZoèKonstantopoulou[2].

Parallèlement, on tente de canaliser le mécontentement, objectivement croissant, vers des forces politiques bourgeoises qui se démarquent du gouvernement sur certains aspects de sa politique, en exerçant, par leur populisme, une influence sur des segments spécifiques des forces sociales, comme par exemple le « Solution grecque » de K. Velopoulos.

L’exacerbation des contradictions intra-impérialistes et la possibilité d’une guerre impérialiste plus étendue auront également une influence déterminante sur le système politique bourgeois. Un élément constant de la préparation à la guerre des États capitalistes est, outre les tactiques visant à incorporer politiquement le mécontentement, la répression de « l’ennemi de classe intérieur », ce qui signifie que les forces politiques d’extrême droite ou fascistes deviendront de plus en plus utiles au système ; celles-ci, s’exprimant au nom de « l’unité nationale » et de « l’intérêt national commun », s'opposeront à la lutte de classe et tenteront de subordonner les forces ouvrières et populaires aux desseins du pouvoir capitaliste.

 

Du point de vue de la classe bourgeoise, le regard est tourné vers l'avenir, vers la possibilité d'une remise en cause massive du système politique actuel, qui englobe tous les partis ayant gouverné, tels que la Nouvelle Démocratie, le PASOK, le SYRIZA, mais aussi les différentes « factions » actuelles issues de leurs scissions successives.

L’évolution des choses confirme la position de notre Parti sur le rôle de l’administration locale et régionale en tant que partie intégrante de l’appareil d’État et acteur actif dans la mise en œuvre des planifications bourgeoises, mais aussi en tant que mécanisme d’incorporation politique des forces ouvrières dans le système politique de la bourgeoisie et de canalisation du mécontentement populaire. L'administration locale et régionale participe dans la préparation globale à la guerre de l'État bourgeois.

Des exigences particulières se posent dans les six municipalités où nous avons pris en charge l'administration, mais aussi dans les conseils régionaux en général et dans les nombreuses municipalités où nous avons des pourcentages élevés. Globalement, il est nécessaire que les instances de direction duParti soutiennent systématiquement le travail organisationnel et idéologico-politique accompli par les Équipes de Parti dédiées à l’intervention dans les municipalités et dans les régions ; il faut que les équipes en question deviennent plus exigeantes, afin d'améliorer la représentation/l'intervention dans leur zone de responsabilité, le travail pour le renforcement et l'élargissement des liens avec le peuple, le contact avec les organisations populaires et les mouvements de quartier, etc. 

Le Parti doit être vigilant et prêt, il doit par son intervention compliquer la tentative de manipulation du mécontentement populaire justifié, il doit suivre de près les évolutions et comment elles contribueront au processus de refonte du système politique bourgeois, afin de dévoiler à temps et avec succès toutes les tentatives de « retouche » du système politique de la bourgeoisie avec des matériaux « anciens » et «nouveaux». Le Parti doit exercer une influence sur la radicalisation des consciences ouvrières et populaires qui, ces dernières années, commencent à se déplacer dans une certaine mesure, remettant en question la politique dominante, en participant aux luttes, aux syndicats et aux organisations populaires ; il faut que ce processus de radicalisation arrive à changer le rapport de forces depuis la base de la société en faveur des forces de classe, en se tournant vers le KKE.

Maintenant, c’est le moment où nous devons renforcer notre offensive idéologique et politique et mettre en avant la position du KKE, qui est la seule position réellement favorable aux intérêts de la classe ouvrière et des couches populaires, pour la non-participation, le non-soutien ou la non-tolérance à l’égard des gouvernements bourgeois, quel que soit le masque sous lequel ils apparaissent et quelles que soient les évolutions.

La capacité d’améliorer notre intervention concerne également les évolutions dans la Justice bourgeoise dans des conditions de préparation de guerre, où sont promus à un rythme rapide des changements et mesures réactionnaires : d’une part des mesures d’intensification de la répression, d’autre part des mesures de soutien à de nouveaux projets d’investissement conformes à la stratégie du capital et de l’UE. Il est nécessaire, en exploitant les élaborations de notre Parti, d’aiguiser le combat contre la ligne politique de défense de « l’État de droit » et en faveur de « la restauration de la normalité européenne », ligne que mettent en avant tant le gouvernement que les partis de la social-démocratie et, plus généralement, de l’opposition systémique. L’organisation pertinente de la lutte dans ce domaine concerne l’ensemble du mouvement ouvrier et populaire et pas seulement les travailleurs du secteur de la Justice. Elle a à voir avec l’orientation de la lutte contre la ligne qui présente les organes de l’UE comme « garants » contre la corruption et l’arbitraire, mais aussi avec l’effort pour briser chaque fois en pratique la tentative d’intimidation de la part de l’État et du patronat.

C'est maintenant qu'il faut intensifier notre offensive idéologique et politique et mettre en avant la position du KKE, qui est la seule à servir véritablement les intérêts de la classe ouvrière et des couches populaires, à savoir la position consistant à refuser toute participation, de soutien ou de tolérance envers les gouvernements bourgeois, quel que soit le masque sous lequel ils se présentent et quelles que soient les circonstances.

La capacité à renforcer notre intervention concerne également les évolutions au sein de la justice bourgeoise dans un contexte de préparation à la guerre, où des changements et des mesures réactionnaires sont mis en œuvre à un rythme effréné. Il s'agit d'une part de mesures visant à intensifier la répression, et d'autre part de mesures de soutien à de nouveaux projets d'investissement conformes à la stratégie du capital et de l'UE. Il est nécessaire, en s’appuyant sur les travaux de notre Parti, d’intensifier la lutte contre la ligne politique qui appelle à la défense de « l’État de droit » et au «rétablissement de la normalité européenne», ligne défendue tant par le gouvernement que par les partis sociaux-démocrates et, plus généralement, par l’opposition systémique. L’organisation pertinente de la lutte dans ce domaine concerne l’ensemble du mouvement ouvrier et populaire, et non seulement les travailleurs du secteur de la Justice. Il s’agit d’orienter la lutte contre la ligne qui présente les institutions de l’UE comme des « garants » contre la corruption et l’arbitraire, mais aussi de briser concrètement la tentative d’intimidation du peuple par l’État et le patronat.

En dévoilant ainsi la véritable nature de la politique bourgeoise, nous organisons la lutte contre les mesures mises en place et renforcées à l'intérieur du pays, qui visent à intensifier la surveillance et la répression. Nous mettons en évidence l’objectif réel de ces projets de loi et soulignons à quel point il est important que le mouvement ouvrier et populaire lui-même connaisse et défende ses droits et ses libertés, qu’il fasse obstacle à l’intensification de la répression, qu’il brise dans les faits la tentative d’intimidation de la part de l’État bourgeois et du gouvernement.

Pour les intérêts des travailleurs et du peuple, la seule voie possible est la proposition politique du KKE, afin de transformer la contestation populaire massive contre le gouvernement de la ND en une contestation globale de la politique menée par tous les gouvernements jusqu’à aujourd’hui, mais aussi à l’encontre des partis qui soutiennent en substance les mêmes politiques au service du système capitaliste. Les illusions et les faux espoirs selon lesquels la solution pour le peuple réside dans les prétendus fronts «progressistes», les alliances «démocratiques», « de centre-gauche » visant à « faire partir Mitsotakis » et autres initiatives similaires, qui préservent le système d'exploitation lui-même, sont une perte de temps pour le peuple.

En Grèce comme partout ailleurs dans le monde, de nombreux modèles de gouvernement ont été testés, et l'expérience négative s'est accumulée ; par conséquent, les travailleurs ne peuvent rien attendre des différents changements de gouvernement. Cette expérience permet de comprendre pourquoi le KKE dit catégoriquement « non » à la participation, au soutien ou à la tolérance à l'égard de tels gouvernements bourgeois. Il est de notre devoir de rappeler sans cesse cette expérience, afin que la connaissent surtout les jeunes générations qui ne l'ont pas vécue.

Seul le KKE constitue de manière constante le pôle distinct et unique, la véritable opposition populaire, à l’opposé du système politique bourgeois, aux côtés du peuple et de ses luttes. La seule voie possible est de marcher aux côtés du KKE partout, au sein du mouvement populaire, lors des élections législatives et autres scrutins, afin d’ouvrir une voie différente en faveur des intérêts des travailleurs et du peuple.

 

[1]NOTE DE LA TRADUCTION : Maria Karystianou s'est d'abord fait connaître en dénonçant, au nom des familles des victimes de la tragédie ferroviaire de Tempi en 2023, la dissimulation des faits par le gouvernement et les responsabilités criminelles de l'État grec dans cet accident.

[2] NOTE DE LA TRADUCTION : Zoe Konstantopoulou est une femme politique, ancienne présidente de la Chambre des députés grecque, qui a quitté SYRIZA en 2015.

CONSOLIDONS ET ÉLARGISSONS LES PROGRÈS RÉALISÉS PAR LE PARTI DEPUIS LE 21e CONGRÈS

Depuis le 21e Congrès, mais aussi sur une plus longue période, le Parti a réalisé des progrès. Nous devons consolider ces avancées, les stabiliser davantage et ce, de manière concrète :

Premièrement : les progrès en matière d’intervention et de capacité à guider des mouvements. Nous constatons de telles avancées positives dans l’organisation de la lutte et de l’intervention contre la guerre, de la solidarité avec les peuples en difficulté, dans l’intervention immédiate face au crime que constitue l’accident ferroviaire de Tempi, depuis le tout premier instant et jusqu’à aujourd’hui, dans l’organisation de grèves, même contre la volonté des directions des centrales syndicales de la GSEE et de l’ADEDY, dans les grands fronts de lutte qui se sont ouverts dans de grandes entreprises telles que LARCO et les mines de Chalcidique, dans la lutte contre les saisis-ventes immobilières des débiteurs les plus pauvres par les banques, dans le mouvement dans le secteur de l'Éducation nationale, dans le mouvement dans le secteur de la Santé, etc.   

Deuxièmement : l'amélioration de notre capacité de mobiliser des gens sur la base de la ligne anticapitaliste et antimonopoliste que nous avons élaborée au sein des mouvements de masse.

Troisièmement : l'amélioration de notre capacité d'intervention immédiate, tant au niveau du Parti que du mouvement, face aux événements majeurs qui se sont produits tout au long de cette période. Parmi ces événements majeurs, citons le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne, la nouvelle opération d'extermination du peuple palestinien menée par Israël à Gaza sous prétexte de l'attaque du Hamas. 

Quatrièmement : les avancées positives que nous avons réalisées en matière d’analyse approfondie de la lutte idéologique et politique, tant au niveau général que sur des fronts et des questions spécifiques. Ces avancées concernent l’intervention globale et centrale du Parti (à la Chambre des députés, au Parlement européen, dans les discours des dirigeants), l’amélioration de la rédaction de l’organe de presse du Parti, le « Rizospastis », l'élaboration de positions sur la revendication de droits au niveau individuel et sur les théories du genre social, sur la transition « verte », sur l'intelligence artificielle, sur la nature de l'État bourgeois, sur la guerre impérialiste, etc.

Cinquièmement : le reflet significatif de cette évolution positive dans le renforcement de notre influence politique, électorale et syndicale au cours de ces dernières années. Cela s’est également manifesté dans les batailles électorales que nous avons menées et lors des élections au sein des syndicats et des organisations professionnelles, dans de nombreux secteurs.

Sixièmement : notre action et notre intervention positives au sein du Mouvement communiste international, malgré les grandes difficultés auxquelles celui-ci est confronté. L’action internationale du KKE, telle qu’elle est documentée dans des rapports, des notes et des articles publiés dans « Rizospastis », associée à l’expérience tirée des mobilisations de masse organisées en Europe et dans d’autres régions du monde, constituent une base sur laquelle peuvent s’appuyer la propagande et le travail pédagogique plus général du Parti.

Dans le cadre d'avancées positives mentionnées ci-dessus, nous identifions certains points critiques qui nécessitent des mesures plus rapides. Plus précisément :

 

  • Il est nécessaire de mieux mener notre réflexion – qui reste encore insuffisante – et d'intégrer les conclusions fondamentales tirées des luttes en cours,  tant en ce qui concerne les formes de mobilisation et d’action que, surtout, le contenu de leur préparation idéologique et politique et notre confrontation avec les autres forces et courants politiques au sein du mouvement, avec le patronat, avec l’État bourgeois, avec les gouvernements bourgeois.
  • Nous devons poursuivre nos efforts pour affiner la ligne de ralliement que nous mettons en avant dans chaque lieu de travail, dans chaque secteur, dans les centres ouvriers et industriels et dans les villes, afin que celle-ci contribue à la formation d’une conscience anticapitaliste et à la concentration des forces. Ce travail doit être mené sur la base de l’expérience et sous la responsabilité de chaque Comité Régional, de chaque Comité Sectoriel et de chaque cellule de base du Parti pour le champ d’action concerné, et les questions suivantes doivent être examinées : Qu'avons-nous concrètement accompli en matière de ralliement des forces au sein du mouvement ? Quelles actions avons-nous menées, quels résultats concrets pouvons-nous compter en matière de ralliement des travailleurs, de leur affranchissement de l'idéologie bourgeoise, des partis bourgeois et opportunistes ? Comment chaque travailleur qui chemine aux côtés du Parti au sein du mouvement deviendra-t-il un communiste de premier plan dans son milieu, en ouvrant pleinement le débat sur le programme du Parti ? L'objectif constant est de former un mouvement de contre-offensive et de revendication à l'échelle nationale qui, grâce à l'expérience des travailleurs et au travail des communistes, dirigera ses tirs contre le système même du patronat capitaliste.
  • Il faut intensifier les efforts visant à garantir notre réactivité et notre capacité d'intervention face à des événements majeurs, non seulement au niveau central, mais aussi au niveau de chaque Comité Sectoriel et de chaque cellule de base. Il faut améliorer la capacité de la cellule de base elle-même à intervenir sur son lieu de travail en cas d'évolutions importantes et d'événements majeurs (par exemple, guerre, catastrophes naturelles, répression, etc.). Il faut développer les réflexes de confrontation idéologique et politique et de soutien aux positions du Parti au sein de la sphère de responsabilité de chaque membre du Parti et de chaque cellule du Parti.
    Les Comités Régionaux doivent guider de manière plus complète les Comités Sectoriels dans l’effort visant à mettre à profit la lutte idéologique et politique et nos analyses, afin que chaque membre du Parti et de la KNE les fasse siennes. Nous devons orienter nos efforts dans un esprit de renforcement de la lutte idéologique et dans le but d’armer idéologiquement les cadres et les membres des cellules du Parti, en utilisant nos analyses, la bibliographie nécessaire, etc., en recherchant constamment leur propre contribution à l'analyse, afin qu'ils l'enrichissent de leur propre expérience sur la manière dont l'action se développe. À cette fin, nous devons faire appel au « Rizospastis », l'organe théorique du Parti, à la Revue communiste (KOMEP), aux publications de la maison d'édition du Parti « SynghroniEpohi », etc.
  • Il faut se pencher davantage sur la manière dont le ralliement qui s'exprime à travers les votes lors des élections ou des scrutins du mouvement, avec des milliers de syndicalistes qui se rallient à nos listes, pourra gagner en profondeur et s'exprimer dans l'action quotidienne, à la participation aux luttes, au travail d'avant-garde et spécialisé dans chaque lieu de travail ou pour chaque problème populaire. Comment élargir le débat sur la stratégie du Parti, sur son programme, sur la voie du renversement du système, sur le socialisme ? Nous devons nous demander combien de personnes seront en mesure de discuter des décisions avec les cellules de base du Parti après le Congrès. Le critère est l'ampleur du milieu avec lequel chaque cellule du Parti parviendra à discuter des décisions du Congrès dans la période qui suivra immédiatement.

Il faut systématiser l’information responsable afin que les conclusions de l’action au sein du Mouvement communiste international soient assimilées par tous les membres du Parti, les cellules de base, des membres de la KNE et de ses organisations de base, les conclusions tirées de l’action au sein du Mouvement communiste international, afin que nos forces soient sensibilisées à la dimension internationale de la lutte des classes, se forgent eux-mêmes une conception de ce qui se passe en Europe et dans le monde capitaliste, et deviennent des propagandistes vivants de notre cause au sein du mouvement communiste. Nous devons renforcer, par des mesures d’information et de discussion lors des réunions, des réunions de cadres et des concertations, toutes ces évolutions dont le Comité central et le Bureau politique discutent régulièrement.

LA PREMIÈRE PRIORITÉ DE NOTRE PARTI EST L’ALIGNEMENT DU FONCTIONNEMENT ET DE L’ACTION QUOTIDIENS DU PARTI SUR SON PROGRAMME ET SES STATUTS REVOLUTIONNAIRES

L'importance cruciale de la question que nous soulevons ne concerne pas simplement une amélioration sporadique de certains aspects du fonctionnement ou du travail de direction du Parti, qui ont une portée générale. Sur la base des avancées positives que nous constatons en tant que Parti, nous nous concentrons sur les lacunes et les faiblesses critiques, non pas de manière générale, mais autour du thème principal, à savoir l’alignement du fonctionnement et de l’action quotidiens du Parti sur son Programme et ses Statuts révolutionnaires.

Cet objectif ne se réalise pas « d'un seul coup », et certaines mesures d'amélioration ne suffisent pas. Cet alignement est lié à la validation dans la pratique du rôle du Parti en tant qu’avant-garde révolutionnaire consciente et sera jugé à long terme en fonction de la réalisation de ses objectifs, à savoir le renversement du capitalisme et la construction de la société socialiste-communiste. Il sera finalement jugé à l'épreuve des faits.

Aujourd’hui, on se penche sur cette question sous l’angle de la préparation du Parti à l’aube d’une éventuelle nouvelle crise capitaliste plus profonde et d’une généralisation de la guerre impérialiste, en raison de l’exacerbation des contradictions intra-capitalistes et intra-impérialistes. Nous examinons cette question dans une conjoncture qui alimente le mécontentement de masse et la forte agitation des forces ouvrières et populaires. Il s’agit là d’un élément crucial et nouveau, susceptible de compromettre de manière décisive la capacité de gestion de l’État capitaliste, voire de créer les conditions d’un ébranlement et d’un renversement du pouvoir capitaliste.

Des mesures s’imposent pour internaliser de manière créative notre orientation, afin que notre travail de guidage corresponde au caractère révolutionnaire acquis par le Parti, en termes de programme et de statuts, une question qui doit être constamment réaffirmée et enrichie par les développements en cours ainsi que par la généralisation de l’expérience de la lutte de classe. Les difficultés auxquelles nous devons faire face ne sont pas dues à des déviations idéologiques globales et à des désaccords avec notre Programme et notre stratégie. Elles sont dues à une série de causes, dont les principales sont des problèmes liés au travail de direction, afin que notre Programme devienne le bien commun de tous les organes du Parti et des cellules du Parti.

 

La dimension idéologique, la compréhension du Programme, mais aussi de nos analyses sur de nouvelles questions théoriques et sur l'histoire de la stratégie du Mouvement communiste international, constituent la base du développement futur de la théorie communiste révolutionnaire.

Tous les organes dirigeants, sous la responsabilité première du Comité central, de par sa composition, de par la constitution de ses sections, de par leur fonctionnement et leur agenda, doivent contribuer à ce que soit confirmé dans la pratique, à chaque étape et à chaque période, le caractère du Parti en tant qu’avant-garde idéologique, politique et organisationnelle de la classe ouvrière pour l’accomplissement de sa mission historique, la révolution socialiste pour le renversement du capitalisme et la construction du socialisme-communisme.

La conquête de la capacité de la cellule du Parti à travailler au quotidien en s'appuyant sur notre Programme, c'est-à-dire sur la base de l'objectif stratégique visant à concentrer les forces pour la conquête révolutionnaire du pouvoir, ne concerne pas exclusivement la vulgarisation et la propagande autour du Programme du Parti. Il s'agit de la nécessité de mettre en avant les éléments fondamentaux du Programme, la concentration des forces dans une direction anticapitaliste et antimonopoliste, c'est-à-dire la voie du renversement, de la révolution, du socialisme, soient davantage mis en lumière à travers l'intervention et la lutte idéologique, politique et de masse au quotidien. Cela passe par le renforcement de l’idéologie communiste, par la compréhension et l’explication, d’un point de vue de classe, des possibilités offertes par les développements actuels (par exemple les nouvelles avancées scientifiques et technologiques, mais aussi des dangers liés à leur utilisation par les capitalistes, motivés par la concurrence et le profit), la mise en évidence de toutes les conditions nécessaires pour satisfaire les besoins toujours croissants des familles ouvrières et populaires, ce qui est aujourd’hui empêché par la propriété capitaliste des moyens de production, car sous le capitalisme, toutes ces marchandises et tous ces services peuvent être produits, mais dans le but de réaliser un profit capitaliste. Ceci est lié à la mise en évidence des facteurs de classe qui façonnent un problème social sous le capitalisme, le lien avec l’existence du pouvoir capitaliste, afin de pouvoir comprendre plus largement pourquoi la seule issue possible est en substance le pouvoir socialiste et de saisir les conditions et les prémisses de sa conquête. Il faut non seulement une connaissance plus approfondie du problème social, mais aussi une formation à la lutte, afin de se préparer à la confrontation totale avec le pouvoir capitaliste, à l’insurrection et à la révolution socialiste.

Il faut avant tout être capable d'approfondir chaque aspect de notre travail, qu'il s'agisse de la ligne de ralliement, de l'alliance, de la lutte idéologique, de l'intensification des efforts pour développer les luttes, etc., avec une exigence croissante, en commençant par le Comité central lui-même et en procédant de manière similaire dans les organes suivants.

Partant de ce point de vue, nous portons notre attention sur certaines questions cruciales que nous considérons comme des conditions préalables pour que le Parti puisse aujourd’hui se préparer concrètement à l’action dans toutes les circonstances.

FAIRE DES PAS DÉCISIFS CONCERNANT L’ÉDIFICATION DU PARTI ET LE RECRUTEMENT DE NOUVEAUX MEMBRES

Le renforcement du rôle du Parti au sein du mouvement ouvrier et, plus largement, du mouvement populaire doit aller de pair avec les démarches visant à construire le Parti sur la base de critères sociaux et de classe, ainsi que des priorités que nous avons fixées en tant que Parti.

Il faut s’attaquer résolument à la dissociation des objectifs de renforcement organisationnel et de renforcement idéologique et politique. Cela doit se traduire dans la conception politique des organisations du Parti, en allant au-delà du travail formel sur le programme et les statuts du Parti, afin que les questions du programme du Parti soient placées au centre de la lutte idéologique et politique des cellules du Parti.

Les liens qui se tissent à travers les luttes ou les batailles électorales sur différents fronts syndicaux constituent une base, mais pour qu’ils puissent alimenter l’édification du Parti, ils doivent être combinés de manière constante et résolue avec le développement du niveau idéologique et politique des communistes, avec une intervention idéologique et politique plus large, de manière autonome, au sein de la classe ouvrière et au sein du mouvement, afin de promouvoir le programme du Parti. Cet effort se heurte quotidiennement à l’attaque idéologique de l’adversaire de classe et de l’opportunisme, à l’influence objective de l’idéologie bourgeoise qui domine et se reproduit sur le terrain des rapports de production capitalistes, Elle se heurte à la propagande bourgeoise et opportuniste soigneusement élaborée, à l’influence de la contre-révolution et de la conjoncture défavorable qui a des racines historiques, à la crise du Mouvement communiste international, etc.

Le travail de guidage doit prendre tout cela en compte et planifier, organiser l’effort pour y faire face.

  • Par le traitement continu du contenu, par l'association efficace du travail idéologique et éducatif avec le contenu de l'action quotidienne de toutes les organisations du Parti et de la KNE, qui a pour but et objectif constant d'élargir et de renforcer le courant révolutionnaire au sein de la classe ouvrière et de la jeunesse.
  • Par le travail quotidien de guidage des organes, des Bureaux Régionaux, des Comités Sectoriels et des bureaux des cellules du Parti, des Équipes spécialisées du Parti ainsi que des Sections du Comité central, des Comités auxiliaires des Organisations Régionales du Parti, afin de lutter contre diverses idées fausses. Ces idées fausses sont dues au besoin, par ailleurs légitime, de diffuser largement notre stratégie de sortie de la crise, de la manière la plus vulgarisée possible. Il faut toutefois veiller à ce que la vulgarisation de notre travail programmatique n'en appauvrisse pas le contenu scientifique ni n'en obscurcisse l'essence.
  • Par l'intégration de tous les aspects du travail éducatif communiste, tels que la mise en valeur et la diffusion du « Rizospastis », de l’«Odigitis », de la KOMEP, des publications du Parti, des systèmes de formation interne au Parti, etc., dans le programme unique et permanent de l'action quotidienne des organisations.

Le travail idéologique autour du Programme et des Statuts pour le recrutement de nouveaux membres au Parti n'est pas une simple formalité. Ces textes constituent la base qui répond aux questions de savoir si et comment le monde change, pourquoi la classe ouvrière est la seule force révolutionnaire, quel type de parti est le KKE, et pourquoi il a ces principes spécifiques d’organisation et de fonctionnement. De ce point de vue, la discussion de fond avec les candidats à l’adhésion au parti ne peut se limiter à une simple vérification formelle visant à savoir s’ils les ont lus et s’ils y souscrivent. L’effort de l’édification du Parti doit s’appuyer sur une discussion systématique et une compréhension approfondie du Programme et des Statuts, sur la préparation individuelle mais aussi sur la participation organisée à des activités qui renforcent les conditions d'une bonne intégration et d'une assimilation plus aisée à la vie et à l'action du Parti par les nouveaux membres.

 

Nous devons ouvrir plus résolument le débat avec notre entourage, sous la responsabilité des cellules de base du Parti, pour discuter du Programme de manière autonome, en particulier de ses éléments fondamentaux : la révolution socialiste, la mobilisation des forces en sa faveur, le socialisme et sa construction. Mettons également au centre du débat, dans notre travail quotidien, quel type de mouvement et quelle sorte d’alliance sociale à orientation anticapitaliste et antimonopoliste à l’échelle nationale sont nécessaires pour renverser l’influence de la social-démocratie et de la modernisation bourgeoise, afin que l'émancipation idéologique et politique de classe l'emporte sur les mécanismes du pouvoir capitaliste, et que l'on prenne conscience de la nécessité et des préalables de la révolution socialiste. Cela exige un effort constant et systématique, au quotidien, en partant des enjeux cruciaux de la lutte de classe et de l'expérience qui en découle.

Nous devons traiter le recrutement comme un « choix de vie » pour chaque candidat à l'adhésion au Parti. La décision d’adhérer au Parti n’est pas une décision prise sur un coup de tête. Nous devons aborder le candidat à l’adhésion en adoptant une approche composite qui approfondit sa réflexion sur toutes les questions qui le préoccupent.

Le recrutement et l’édification du Parti constituent une tâche permanente et difficile. Cela exige une persévérance sans faille, un dévouement, de la constance, beaucoup de temps, un travail sur le Programme, la mise en avant des idées et des valeurs communistes, l’exploitation de chaque occasion, afin que notre théorie parvienne aux ouvriers et aux ouvrières qui ne sont peut-être pas encore des pionniers aujourd’hui, mais qui, à l’avenir, pourraient assumer un rôle de meneurs.

La composition du Parti et la place qu’y occupe la classe ouvrière jouent un rôle décisif et catalyseur dans la résilience du Parti, dans sa détermination à maintenir le cap, ainsi que dans la capacité et la stabilité dont il peut faire preuve aux moments critiques de la lutte des classes. C’est l’organisation révolutionnaire et la connaissance de la théorie révolutionnaire qui donnent la conscience du but, le dévouement à sa réalisation, une discipline consciente, ainsi qu’une résistance sans pareille face aux difficultés. Seule la classe ouvrière peut manifester de telles vertus et caractéristiques. Ce sont des qualités éprouvées qu’elle a démontrées lors de grandes luttes de classe.

Dans des conditions non révolutionnaires, la tâche principale consiste à former une avant-garde révolutionnaire aussi forte que possible, capable d’exercer une influence et un rayonnement sur la plus grande partie possible des salariés, des travailleurs, sur chaque lieu de travail, dans chaque secteur, dans les quartiers populaires et ouvriers, ainsi que dans les campagnes où se concentre la paysannerie pauvre.

Aujourd’hui, nous devons nous confronter de manière décisive au problème suivant : le fait que nous soyons en marge d’espaces importants et cruciaux, que nos efforts quotidiens et laborieux ne se soient pas traduits par une consolidation et un renforcement plus importants sur le plan organisationnel.

Aujourd’hui, de vastes zones industrielles se développent à côté des zones existantes. De grands investissements sont réalisés ou prévus dans les transports, les ports, la logistique, l’énergie, l’industrie manufacturière, le secteur pharmaceutique, les entreprises innovantes, la construction – en particulier les grands chantiers – etc.

On recense également des entreprises employant des milliers de personnes dans le tourisme, le commerce, ainsi que dans les secteurs de la santé publique et privée.

 

Les services scientifiques et techniques affichent une tendance à la hausse, tandis que leur dynamisme traverse tous les secteurs et se répercute sur de nombreux secteurs qui enregistrent une augmentation globale de leurs effectifs. Les forces du Parti sont présentes et en augmentation dans les secteurs de la construction, des télécommunications et de l'informatique. Certaines forces du Parti sont présentes dans des entreprises des services financiers, juridiques et comptables, du conseil aux entreprises, de la recherche, etc.

Nous accordons la priorité à une série de secteurs et d’entreprises qui concentrent leurs activités et leurs investissements dans l’économie et l’industrie de la guerre, mais aussi dans les régions où nous constatons une transformation ou un renforcement de leurs caractéristiques en tant que pôles énergétiques, commerciaux et de transport.

Nous nous focalisons sur les régions qui rassembleraient 70 % des salariés du secteur privé : Attique, Thessalonique, Achaïe, Eubée, Boéotie, Larissa, Magnésie, Ioannina, Corinthe, Fthiotis, Héraklion, La Canée, Rhodes, Messénie, Kilkis, Pella, Kozani, Étolie-Acarnanie, Kavala, Imathie. Nous nous focalisons également sur les activités commerciales « d’intérêt particulier » et d’importance stratégique.

Nous accordons la priorité à toutes les grandes agglomérations urbaines ; toutes les capitales des départements du pays comptent de nombreux salariés et couches moyennes. Les centres du monde rural sont situés en Thessalie, en Stéréa, en Macédoine centrale, en Épire et en Crète (où l'élevage joue également un rôle prépondérant), ainsi que dans d'autres régions du pays comptant d'importants gros bourgs.

C'est à partir de ces priorités qu'il faut entamer l'élaboration des directives des organes de direction concernant la planification et les objectifs en matière d’édification et de recrutement. Dans la mesure où nous y parviendrons, la composition ouvrière du Parti s'améliorera encore davantage, notamment avec des membres issus principalement des secteurs industriels, tandis que, parallèlement, nous pourrons également parvenir à une augmentation du recrutement de travailleurs indépendants et d’agriculteurs. Une attention particulière et une planification minutieuse s’imposent dans des régions telles que la Stéréa et la Thessalie, pour le recrutement de femmes issues de la classe ouvrière et de la paysannerie.

Il est nécessaire de respecter la hiérarchisation des objectifs de recrutement sur une base sociale et de classe, de donner la priorité aux secteurs de pointe de l’économie capitaliste et de déployer les forces en conséquence pour une édification ciblée. Il s'agit d'une tâche à l'échelle nationale dont la conception et l'élaboration relèvent avant tout du Comité central et de ses états-majors.

La réalisation de cette tâche passe par l'étude systématique des évolutions dans chaque secteur spécifique, mais aussi par l'analyse des conflits qui, ensemble, contribuent à forger la conscience politique de classe chez les travailleurs. D'autant plus que certains monopoles clés tentent d'influencer de manière ciblée et autonome la conscience des travailleurs, tandis que d'autres facteurs agissent collectivement : le patronat de chaque secteur avec un plan élaboré, les forces politiques bourgeoises et leurs représentants au sein du mouvement ouvrier et syndical, ainsi que l'État capitaliste et ses mécanismes multiformes. L'impact négatif de cette intervention multiforme et à plusieurs niveaux dépasse la conscience des travailleurs d'un secteur donné. Un travail spécifique est également nécessaire concernant l'influence idéologique et le recrutement des immigrés.

Le Bureau politique, le Secrétariat, la Section du Comité central chargée du travail auprès des travailleurs et les Équipes centrales du Parti, en collaboration avec les Bureaux Régionaux, doivent travailler de manière systématique afin que l'élaboration de nos positions, les conclusions tirées des luttes, et notre capacité de confrontation idéologique s’inscrivent de manière organique dans l’élaboration du projet d’édification en tant que tâche unifiée, avec la spécification des mesures qui seront mises en œuvre par tous les acteurs en termes de contenu et d’action, contribuant ainsi à surmonter les rigidités, à établir de manière créative un lien substantiel entre le combat idéologique et l’action quotidienne au sein du mouvement.

Dans le même temps, il s'agit d'assurer, grâce à une répartition adéquate des forces, le soutien de la Région ou du Secteur qui a la responsabilité directe d’édification dans certains lieux de travail ou secteurs et qui, objectivement, dispose de capacités de guidage limitées pour assumer cette charge.

ENJEU FONDAMENTAL : LE TRAVAIL IDÉOLOGIQUE DOIT DEVENIR UNE PRIORITÉ

Les conditions sont désormais réunies pour franchir une étape décisive dans la planification globale et l'intégration du travail idéologique et éducatif au travail de guidage. Une étape décisive pour que le travail de guidage quotidien se concentre efficacement sur l'approfondissement des liens idéologiques et politiques avec notre entourage, en particulier avec la classe ouvrière, et de ne pas s’écarter de notre stratégie au nom des difficultés objectives existantes.

La réalisation de cet objectif suppose le renforcement de la contribution des organes de direction à l’élaboration et à la mise en œuvre d’un plan global qui intégrera, de manière combinée, dans le programme de l’action quotidienne du Parti l’ensemble des aspects du travail idéologique, c'est-à-dire la valorisation et la diffusion du « Rizospastis », de la KOMEP, des publications de « SynchrοniEpohi », le fonctionnement d'un système de formation interne auPparti, l'effort de spécialisation de la lutte. Un projet qui sera évalué de manière constante et rigoureuse grâce à l'exploitation combinée de l'ensemble des indicateurs pertinents (par exemple, les chiffres de diffusion du « Rizospastis » et de la KOMEP).

Le critère fondamental de cette évaluation doit être le degré de développement de la capacité de nos forces, de nos membres et de nos cadres à nouer et à renforcer leurs liens avec les masses de travailleurs, avec la jeunesse et les femmes, de suivre l'évolution de la situation, d'élaborer une ligne d'intervention et des axes de lutte pour promouvoir notre stratégie sur chaque lieu de travail et, plus généralement, dans chaque domaine de responsabilité. Il s'agit de la capacité de nos forces à définir une méthode, une façon de penser, une attitude et une ligne d'action qui tiennent compte des causes des problèmes aigus, des dispositions et de l'intervention de l'adversaire dans le champ de responsabilité, afin que nous puissions contenir cette dernière.

Pour garantir tout cela, il faut renforcer le débat général et spécifique sur les questions idéologiques et politiques au sein des instances, en particulier dans les Comités Sectoriels et les cellules de base. Il faut accorder la priorité à la diffusion, à la compréhension et à l'exploitation de nos analyses et de nos positions au sein des cellules de base, auprès de l'ensemble des membres du Parti.

Il est également nécessaire que les instances discutent régulièrement du degré de généralisation et de renforcement de la capacité de nos forces à mener la lutte sur les fronts fondamentaux de la lutte idéologique, tels que :

  • Les lois du capitalisme et la mise en évidence plus approfondie de l'exploitation capitaliste et de ses formes contemporaines.
  • La mise en lumière de la nature de la guerre impérialiste en tant que prolongement belliqueux de la concurrence capitaliste « pacifique ».
  • L'interprétation du cycle de la crise économique dans le capitalisme et de la gestion hostile au peuple à chaque phase, et plus généralement la mise en évidence des tendances de l'économie capitaliste.
  • La dévoilement de la nature de classe de l'État bourgeois contemporain, de la dictature du capital.
  • La mise en avant de notre conception sur la construction du socialisme au cours du XXe siècle et la mise en évidence du socialisme-communisme comme seule issue mûre et réaliste dans les conditions contemporaines du XXIe siècle.
  • La propagation efficace et la mise en exergue de la « voie du renversement », de la nécessité de la révolution socialiste et du rôle irremplaçable du PC, de l’avant-garde révolutionnaire de la classe ouvrière.
  • La confrontation avec les expressions réactionnaires contemporaines de l’idéalisme subjectif, le postmodernisme, l’autodétermination individuelle, la « revendication des droits au niveau individuel », ainsi qu’avec d’autres expressions de l’idéologie bourgeoise, telles que le revisionnisme historique, etc.
  • La lutte contre la social-démocratie contemporaine, l’opportunisme, etc.

La cohérence de cette approche, d'organisation et de contrôle de l'intervention quotidienne de nos forces, présuppose et stimule l'effort individuel et collectif des cadres en vue d'une autoformation continue, pour la maîtrise de la méthode dialectico-matérialiste pour l'analyse et le maniement des problèmes. Elle stimule l’effort pour une étude plus approfondie visant à forger une conscience marxiste, qui ne se limitera pas à absorber un ensemble d’arguments pour les besoins de la lutte actuelle.

Cette méthode de travail intégrée exige la mise en place d'une infrastructure appropriée au sein des organes, une répartition pertinente et adéquate des cadres, ainsi qu'une hiérarchisation appropriée des objectifs. Elle exige que les organes garantissent la constitution en temps utile et le fonctionnement effectif des Comités idéologiques au sein de chaque Comité régional et Sectoriel. Cela nécessite une interaction mutuelle à travers l'attribution et l'exploitation des analyses, ainsi que la préparation de débats thématiques de fond. Il exige une amélioration de la relation réciproque avec les Sections du Comité central en vue de la généralisation et de la spécialisation des analyses, sous la responsabilité du Bureau politique et du Secrétariat.

Le principe selon lequel le Comité idéologique constitue une infrastructure essentielle à la mise en œuvre de la planification globale du travail idéologique et politique des instances doit se traduire concrètement par la mise à disposition de cadres ne cumulant pas plusieurs fonctions, ou du moins dont les fonctions sont, dans une certaine mesure, complémentaires .

Une attention similaire devra être accordée à la constitution et au fonctionnement de toutes les Équipes et Comités auxiliaires (par exemple, Économie, Histoire, Environnement, Administration locale, Éducation, Culture, Égalité et Émancipation des femmes, etc.), sur la base des forces existantes.

Parallèlement, il convient de renforcer l’effort de planification à moyen terme visant à mettre en avant et à faire valoir des cadres nouveaux, en particulier dans des fonctions qui exigent un temps de maturation et une spécialisation relativement poussée. Une planification qui inclut également la création d'un vivier de nouveaux membres et cadres possédant des connaissances dans des domaines scientifiques et des thèmes spécifiques (par exemple, Santé, Justice, Énergie, Informatique, Intelligence artificielle), avec la contribution des sections concernées.

Une priorité urgente est la formulation et la mise en œuvre d’un plan unique des instances du Parti et de la KNE pour le travail idéologique, politique et éducatif, non seulement au sein de la KNE, mais aussi auprès de l’ensemble des jeunes relevant de leur domaine de responsabilité. La mise en œuvre de cette tâche est cruciale pour le succès du travail de conversion communiste mené par la KNE, qui ne se limite pas à la seule phase initiale des nouvelles adhésions, mais concerne leur évolution globale en vue de leur recrutement au sein du Parti. Parallèlement, la mise en œuvre de cette tâche est importante pour élargir nos liens avec la jeunesse, ainsi que pour la préparation idéologique et la levée de nombreux jeunes militants. C’est pourquoi il est important que tous les échelons des instances du Parti prennent pleinement conscience de leur responsabilité dans le soutien idéologique de la KNE et dans le travail idéologique auprès de la jeunesse.

Avec persévérance, nous pouvons et devons également poursuivre nos efforts pour faire avancer certaines mesures indispensables à la réussite de notre projet. Concrètement, nous pouvons et devons mesurer les progrès réalisés comme suit :

  • Le rétablissement des liens entre les membres et les cadres du KKE et le journal « Rizospastis », l'exploitation efficace de celui-ci dans l'action idéologique et politique quotidienne au sein du mouvement de masse, en surmontant le grand décalage actuel, constituera un indicateur crucial de la capacité et du degré de cohésion des organes en matière de travail de direction.
  • L'étude, l'exploitation et la diffusion des articles de la KOMEP et des publications des travaux du Parti, afin que ceux-ci accompagnent de manière constante tous les aspects de la vie du Parti (par exemple, les discussions thématiques au sein des instances et des cellules du Parti).
  • La modernisation du système de formation interne au Parti et des écoles pour les nouveaux sympathisants, ce qui implique la mise en place d’un nouveau cycle de formation aux connaissances de base pour tous les membres des cellules du Parti.
  • L'intensification de l'effort de formation par la promotion des ouvrages historiques et littéraires, ainsi que le contact avec toute forme d'œuvre culturelle progressiste.
  • Le suivi, l'enregistrement et la codification du front idéologique et politique, ainsi que la spécialisation de la lutte idéologique et politique. Une discussion régulière et approfondie au sein des instances dirigeantes pour contrôler les progrès de notre planification visant à renforcer le travail idéologique, en mettant l'accent sur le renforcement de la capacité des cellules et de tous les membres à agir et à intervenir dans la perspective du Programme de notre Parti.

L'essentiel est que la mise en œuvre de toutes les mesures susmentionnées se fasse de manière combinée et non pas de manière fragmentaire, avec une orientation constante vers la mise à niveau de l'intervention quotidienne du Parti et le développement multiforme des cadres.

Le critère de progrès réel de notre travail est de savoir dans quelle mesure nous parvenons finalement à surmonter les difficultés rencontrées par une grande partie de nos membres et de nos cadres, des Comités Sectoriels et des cellules de base, à mener un travail systématique et constant sur le fond du Programme du Parti, et dans quelle mesure le travail quotidien est organisé et supervisé sur la base de la relation dialectique entre la théorie et la pratique révolutionnaires.

LE PREMIER DEVOIR DE TOUTES LES ORGANISATIONS DU PARTI: INTERVENIR AUPRÈS DE LA JEUNESSE ET SOUTENIR LA KNE

La continuité révolutionnaire du Parti à l'avenir est directement et étroitement liée à l'existence, aujourd'hui, d'une KNE solide et nombreuse. La responsabilité de veiller à ce que les membres de la KNE et l'ensemble de son organisation acquièrent des caractéristiques révolutionnaires et se forment en tant que jeunes révolutionnaires ayant une vision d'avenir, afin d'obtenir le titre honorifique de membre du Parti, incombe d'abord et avant tout au Parti. Par conséquent, la condition sine qua non pour que la KNE puisse, dans la pratique, constituer une source vitale pour le Parti, c'est d'assumer cette responsabilité de manière concrète et de la traduire en mesures de soutien spécifiques.

Il faut soutenir plus résolument les instances dirigeantes du Parti et les cellules dans l'élaboration d'un projet dont le contenu ouvre la voie à une intervention stable et appropriée auprès de la jeunesse. C'est une question que nous avons identifiée depuis de nombreuses années, sans toutefois l'avoir résolue dans la pratique. En d’autres termes, le Parti doit assumer sa responsabilité en matière d’intervention idéologique et politique auprès de la jeunesse, ne pas la « déléguer » à la KNE, et ouvrir par son action des voies qui facilitent la constitution et le développement de la KNE. Cela signifie qu’il faut prendre pleinement conscience de l’intervention idéologique de l’adversaire, disposer des connaissances nécessaires et veiller à ce que notre propre intervention soit adaptée, accessible et percutante, en tenant compte de l’âge, de l’expérience sociale et de classe, à qui nous nous adressons : un élève, un apprenti, un étudiant, un jeune travailleur ou une jeune travailleuse.

Par exemple, il est important ici de mettre en évidence le lien organique entre capitalisme et fascisme, afin de révéler la nature du fascisme, du racisme, du nationalisme et de l'obscurantisme qui laisse le champ libre au développement de telles idées et à l'organisation des jeunes au sein de cellules fascistes.

De ce point de vue, il est particulièrement important de mener des actions idéologiques et politiques qui mettent en lumière la perspective du socialisme-communisme sur des fronts cruciaux, tels que la guerre impérialiste, l'impact social et économique de l'intelligence artificielle, la lutte contre la revendication de droits au niveau individuel, des fronts que nous avons abordés avec un retard considérable et pour lesquels nos analyses ne sont pas exploitées comme elles le devraient au sein du Parti, de la KNE et, plus largement, parmi la jeunesse. Il est également très important d’intervenir sur les questions d’histoire qui, comme l’expérience l’a montré, peuvent contribuer à rallier certains segments de la jeunesse les plus radicaux et les plus politisés.

Le Parti a la lourde responsabilité d’identifier à temps et de s’opposer aux théories et méthodes de pensée réactionnaires contemporaines qui conduisent à la fragmentation et au subjectivisme et qui sont diffusées auprès de la jeunesse par le biais du système éducatif et par d’autres moyens (par exemple les réseaux sociaux), ainsi que de signaler et de combattre les comportements sociaux et politiques correspondants présentés comme « modernes » ou « progressistes », ou « radicales », en exploitant également les nouvelles technologies qui constituent l’« alibi » du « postmodernisme » et du pseudo-progressisme. Il est nécessaire de s’approprier et d’approfondir la critique thématique en matière de philosophie, d’économie politique, des lois du capitalisme, en combinaison avec nos réflexions sur la libération et le développement continu des forces productives sous le socialisme, avec un travail spécifique de la part du Comité idéologique, de la Section de l’économie du Comité central, etc.

C'est dans cette direction qu'il faut réorienter notre travail, en premier lieu celui de nos forces partisanes au sein du corps enseignant, afin qu'elles interviennent sur le contenu des cours pour gagner de nouveaux partisans aux idées communistes. Ces forces doivent progressivement acquérir la capacité d’orienter les syndicats d’enseignants, en tirant parti de l’élargissement de notre influence syndicale, et de lancer un travail similaire - des discussions thématiques avec les associations de parents, en s’appuyant sur les parents élus membres du Parti. De plus, elles doivent exploiter de manière plus méthodique la Fédération des femmes de Grèce, le Conseil national contre les stupéfiants pour les questions de toxicomanie, le Comité grec pour la détente internationale et la paix et l’Union panhellénique des combattants de la Résistance nationale et de l’Armée démocratique de Grèce en ce qui concerne les guerres impérialistes en cours.

L'élaboration d'une telle intervention doit être lancée par le nouveau Comité central, avec la dotation en personnel appropriée de ses Sections. Le travail de ces Sections devra s'orienter vers les thèmes correspondants, vers la lutte idéologique fondée sur ceux-ci, vers la coopération entre eux, ainsi que vers la coopération avec les Équipes centrales correspondantes du Parti, avec les instances des secteurs de l'Éducation Nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et des Artistes.

Parmi les premières questions à débattre au sein du Parti, mais aussi à tous les niveaux de la KNE, figurent : Le potentiel et les pièges liés à l’utilisation d’Internet, en particulier à l’utilisation individuelle des réseaux sociaux, des médias qui favorisent l’aliénation, le narcissisme, la fragmentation de la pensée, les stéréotypes, l’individualisme, en commercialisant même le corps humain lui-même.

Le Parti doit approfondir les questions relatives à l'éthique communiste, aux relations entre les sexes, entre parents et enfants, ainsi qu'à l'éducation communiste, et les transmettre à la KNE.

Des initiatives d’action sont nécessaires pour cultiver la combativité et l’esprit collectif, le don de soi, l’altruisme, la solidarité, l’approche de classe, mais aussi la création, tous ces éléments qui tissent des liens militants autour d’actions communes, et qui sont liés à la sensibilisation esthétique, à la création artistique, à l’éducation physique. Nous avons accompli beaucoup de choses importantes grâce au travail réalisé pour le festival de la KNE – « Odigitis », principalement au niveau central, mais aussi dans certains centres culturels. Mais ils n’ont pas encore embrassé l’Organisation de base de la KNE, son action, ils n’ont pas encore imprégné les instances du Parti – KNE, afin que l’identité communiste s’affirme comme une avant-garde dans tous les aspects de la vie sociale et de l’action, dans la personnalité du communiste, de la communiste, dans la manière dont il ou elle juge, apprend, voit, entend, crée, revendique, vit ; il ou elle est véritablement un pionnier partout, un exemple et un modèle, un leader populaire.

L'histoire, la langue et l'art peuvent constituer des outils pour former des communistes capables d'analyser la réalité, d'identifier la voie permettant de la transformer en vue d'une véritable civilisation, d'une prospérité sociale, et du socialisme-communisme.

Nous accordons la priorité et nous poursuivons avec plus de détermination l’effort d’éducation des plus jeunes, qui est indissociable de l’action collective et s’oppose aux modèles dominants, en cultivant les valeurs de la classe ouvrière, la pensée, le mode de vie et l’action communistes.

Le cœur de notre intervention auprès des plus jeunes réside dans la constitution et le fonctionnement de groupes – les amis du « Ballon rouge » – dans le quartier (par commune ou ville), le soutien et l’encadrement de rencontres régulières et systématiques entre enfants du même âge et un animateur adulte, dont le contenu principal est constitué des thèmes et des activités proposés dans les pages du magazine.

Nous tirons parti du fait qu'un cercle de familles avec de jeunes enfants reconnaît la supériorité de nos positions sur l'enfant, nous approche et nous suit à partir de ce point de départ.

Pour que ce travail prenne de l'ampleur, il faut que les groupes du Parti travaillant dans le secteur de l'éducation s'impliquent plus activement, que davantage de camarades et de sympathisants y participent, et que nous renforcions les capacités de tous ceux qui y sont impliqués. Nous devons inspirer et cultiver un état d’esprit similaire chez les personnes qui s’occupent d’enfants (à titre professionnel ou par passion), et nous devons également rencontrer et collaborer dans cette entreprise avec d’autres acteurs (enseignants, artistes, gymnastes, étudiants des filières concernées). Soutenir et multiplier les initiatives similaires au niveau du mouvement (par les syndicats, les associations de femmes, les comités pour la paix, etc.).

L'ensemble de cet effort peut contribuer davantage à l'amélioration qualitative du fonctionnement et du contenu de la vie et de l'action des organisations de lycéens de la KNE, en particulier dans les collèges, et laisser une empreinte décisive sur le développement organisationnel de la KNE.

Malgré les progrès réalisés, il ne faut pas sous-estimer l’apparition de problèmes au sein de la direction de la KNE, tels que le rapport entre les recrutements et les exclusions, la faiblesse face aux problèmes de dépendance, qui pouvaient préexister à leur intégration dans l’organisation, la « déception due au rapport de forces défavorable » qui prédomine ou l'intervention des membres de la KNE, principalement limitée à des questions syndicales et immédiates, dans le cadre de leurs associations, surtout dans les universités.

Il faut donc que le soutien à la guidance de la KNE marque un tournant et se traduise concrètement en termes de responsabilité au sein du Parti. La question principale sur laquelle nous devons concentrer notre attention est le soutien idéologique et politique apporté par le Parti aux forces de la KNE, en tenant compte de la grande distance qui sépare les nouvelles forces de la KNE des travaux du Parti, de leur expérience politique et de classe limitée, ainsi que de la forte influence de la contre-révolution et de l’idéologie bourgeoise sur les jeunes générations qui n’ont pas les mêmes repères que les précédentes. En d’autres termes, le Parti doit sans hésitation mettre l’accent sur le développement d’un vaste courant idéologique et politique organisé dans les rangs de la KNE, en tenant compte des besoins actuels de la lutte idéologique et politique.

Voici certaines questions cruciales :

  • Il faut systématiser davantage le soutien et la guidance substantielle de la part du Parti à l'égard des cadres du Parti qui sont chargés de travailler comme cadres au sein de la KNE. Le statut de « cadre du Parti affecté à la KNE » doit s'accompagner d’un soutien adéquat de la part du Parti, car dans de nombreux cas, il s'agit simplement de cadres de la KNE recrutés au sein du Parti, ce qui ne signifie pas nécessairement qu'ils ont acquis le niveau de maturité idéologique et politique requis pour diriger les Organisations et les Instances de la KNE. Des formes et des méthodes de travail spécifiques sont également nécessaires de la part de la direction du Parti. En particulier, les membres du Parti élus au Comité central de la KNE, sous la responsabilité du Comité central du Parti, doivent prendre conscience de la responsabilité du Parti et contribuer à son accomplissement effectif, par une coopération appropriée entre les forces du Parti et celles de la KNE.
  • Il faut assurer le suivi régulier par les organes du Parti des processus internes de la KNE et de l'aide qui doit être apportée, d'abord quant au contenu idéologico-politique du débat, mais aussi dans la tentative de résoudre les problèmes pratiques de soutien au travail de la KNE. La première chose à résoudre est la correspondance entre les cellules de base du Parti et les organisations de base de la KNE, ainsi que le suivi des organisations de base de la KNE par le Parti. Cela, à lui seul, ne suffit pas. Il faut cependant comprendre que la responsabilité du soutien à l’organisation de base de la KNE « pèse » sur la cellule de base du Parti elle-même et sur l'organisation sectorielle, et non pas seulement sur celui qui a été désigné pour la suivre. L'espace de responsabilité de l'organisation de la KNE est un espace de responsabilité de la cellule de base du Parti qui la guide, et c'est ainsi qu'il doit être perçu. Dans la mesure où ce problème est résolu, des progrès pourront être mesurés dans l'élaboration d'une planification unifiée. Les organes sectoriels jouent bien entendu un rôle particulier dans l'élaboration de cette planification ainsi que dans la responsabilité globale, principalement à ce stade.
  • Lors de chaque « renouvellement » des effectifs d'encadrement, il faut veiller à ne pas affaiblir les conditions de constitution et de fonctionnement des organisations de base de la KNE, et surtout leur soutien idéologico-politique en raison de l'inexpérience. Le soutien du Parti pour assurer la continuité de l'encadrement, transmettre l'expérience et s'efforcer de faire acquérir en permanence les caractéristiques révolutionnaires aux nouveaux et nouvelles camarades, en particulier dans de telles périodes, est très crucial.

Bien sûr, il existe encore beaucoup d'autres questions que nous devons examiner plus en détail, principalement après le Congrès, dans la perspective du 14e Congrès de la KNE qui aura lieu fin 2027, ainsi que lors de la préparation de la Conférence panhellénique sur la Jeunesse ou de la Large plénière du Comité central, selon ce que décidera le nouveau Comité central.

À PROPOS DU FONCTIONNEMENT INTERNE AU PARTI ET DU GUIDAGE, EN SE CONCENTRANT SUR LES CELLULES

L’alignement du fonctionnement interne et du guidage sur le caractère révolutionnaire du Parti, sur son Programme et ses Statuts signifie que le but du fonctionnement et du guidage est d'organiser le travail des révolutionnaires conscients, membres du KKE, dans le cadre de leur action pour le renversement du pouvoir capitaliste et pour le socialisme-communisme. C'est sur la base de ce critère que toute la vie et l'action du Parti doivent être évaluées. Cela signifie que le membre du KKE est appelé à agir de manière organisée et révolutionnaire dans des conditions non révolutionnaires, et à servir les objectifs fixés par le Parti pour sa préparation globale aux conditions d'une poussée révolutionnaire. Pour que ce contenu ne se limite pas à un simple slogan, qu'il ne se disperse pas ou ne se perde pas dans le quotidien, il est indispensable que l'ensemble du guidage accorde de l'importance et concentre son attention à ce que l'action et le fonctionnement du parti mettent en lumière ses objectifs programmatiques. Il faut que l'idée que tout ce que nous faisons aujourd'hui, même le plus infime, constitue un apport à l'effort global pour renverser la barbarie capitaliste imprègne le travail quotidien. Cela doit se traduire par une manière spécifique de penser, de percevoir, d'agir et de fonctionner au sein des organisations du Parti, et constituer un objet et un contenu permanents des organes et des cellules de base.

Pour que cet esprit imprègne le fonctionnement du Parti, il faut faire front commun contre des phénomènes inacceptables de laxisme et de libéralisme qui ne cadrent pas avec la constitution et l'action d'un parti révolutionnaire.

Il faut lutter contre le compromis avec des modes de fonctionnement et des habitudes qui sous-estiment ou réduisent le rôle des membres du Parti à celui de simples auditeurs de discours ou de bons partisans.

Nous devons surmonter notre tendance à nous retirer face aux difficultés importantes et complexes auxquelles les membres du Parti sont confrontés, en particulier ceux en âge actif, au lieu de leur apporter un soutien collectif fondé sur le choix communiste de vie et d'action, ainsi que sur la conscience des difficultés et des exigences de la lutte des classes. Cela implique également de préparer les jeunes forces du Parti, d'accompagner concrètement les jeunes parents communistes et de prendre des mesures organisationnelles, idéologiques et politiques, fondées sur notre conception de la famille, de son évolution et de ses fonctions dans les conditions sociales et historiques données, ainsi que sur le contenu de la responsabilité parentale.

Il faut lutter contre les phénomènes d'administrativisme et d'exigences stériles, qui n'ont pas leur place dans une organisation de révolutionnaires conscients.

Des critères essentiels pour promouvoir le travail de guidage politique et le fonctionnement du Parti sont les suivants :

  • L'amélioration de la capacité de tous les membres du Parti à discuter avec des forces ouvrières et populaires plus larges, définies par leur appartenance sociale et de classe, sur la stratégie du KKE, sur l'objectif du socialisme-communisme et sur la voie du renversement révolutionnaire, tant à travers leur action au sein du mouvement ouvrier et populaire que de manière autonome.
  • Chaque membre du Parti doit être mis en avant en tant que militant de la première ligne de la lutte dans son domaine de responsabilité, afin qu'il puisse communiquer avec l'ensemble des masses ouvrières et populaires et nouer ainsi des liens politiques plus profonds avec elles.
  • Une discussion et une préparation approfondies concernant la participation et l’intervention de nos camarades dans une lutte: nous ne les traitons pas comme nous le ferions avec les membres d’un syndicat, d’une association agricole ou d’une association étudiante; Autrement dit, il faut définir collectivement des critères, des objectifs et des actions permettant de faire comprendre, en premier lieu aux membres du Parti et de la KNE, que l’action d’avant-garde des communistes sur tel ou tel front doit servir les objectifs du Parti.
  • La discussion approfondie des conclusions tirées de ces luttes, dans lesquelles nous jouons un rôle de premier plan au sein du mouvement ouvrier et populaire, afin de comprendre le rôle des communistes dans ces luttes; Comment les luttes quotidiennes pour obtenir des conquêtes pour la classe ouvrière et les forces populaires s'inscrivent-elles dans la confrontation de classe, la rupture et le renversement du système? Comment cela s'inscrit-il dans la ligne que nous définissons au sein du mouvement ouvrier ? Quel est le rôle des communistes pour ouvrir un débat plus large au sein de la classe ouvrière ? En d’autres termes, comment l’expérience acquise par la participation aux luttes peut-elle être mise à profit pour ouvrir le débat sur le type de mouvement nécessaire aujourd’hui, sur l’orientation de la lutte et sur les conditions pour obtenir une victoire substantielle et réelle pour les travailleurs, afin de répondre aux besoins actuels de la classe ouvrière et du peuple?
  • Une question fondamentale est l'orientation des organes de direction afin que le contenu du travail spécifique mené auprès des femmes se reflète dans le plan d'action pour le recrutement et l’édification du Parti, l'intervention idéologique et politique de masse du Parti, le guidage des forces du Parti au sein du mouvement ouvrier, des travailleurs indépendants, des agriculteurs pauvres, du mouvement des élèves et des étudiants, ainsi que du mouvement radical des femmes.
  • Comment les tâches de la lutte idéologique et politique, de la vigilance et de la préparation à l’action en toutes circonstances sont-elles perçues au niveau des cellules de base? Les cellules et chacun de leurs membres doivent avoir clairement à l'esprit qu'ils sont directement responsables de la lutte idéologique et politique visant à détacher les consciences ouvrières et populaires de l'adversaire et à repousser ses attaques. Cette tâche n'est confiée à personne d'autre et ne pourra pas être«résolue» au niveau central. Chaque cellule doit donc être capable de connaître son champ d'action et de prendre l'initiative de mener la lutte idéologique et politique avec les forces concrètes qui y agissent, non pas selon des critères strictement électoralistes ou selon les critères d'un rapport de forces syndical, mais selon des critères sociaux et de classe. Chaque cellule doit reconnaître que, dans sasphère de responsabilité, des opinions et des positions peuvent circuler sans se concrétiser en une présence correspondante de forces politiques organisées. Par exemple, dans les zones rurales, des opinions nationalistes peuvent exercer une influence, indépendamment de l’existence d’une action organisée de la part de telles forces, ou dans les milieux éducatifs, des opinions en faveur de la revendication de droits au niveau individuel peuvent exercer une influence, etc.

Cette question est cruciale pour une autre raison importante. Pour mieux comprendre la vigilance idéologique et politique comme fondement du respect strict des principes statutaires, c'est-à-dire pour faire face à la tentative de l'adversaire de s'infiltrer et de s'immiscer dans nos forces, d’attaquer le Parti «de l'intérieur». Renforcer les éléments de l'éducation révolutionnaire, qui allie connaissance historique et idéologique, action et attitude face à la vie, constitue un enjeu majeur pour le guidage politique. Ce travail de guidage permet aujourd'hui de former des personnalités dotées de traits révolutionnaires, d'un mode de vie militant, de valeurs, de vertus et d'idéaux qui peuvent être acquis grâce à l'éducation communiste, en opposition au mode de vie inculqué par le système capitaliste.

Nous devons contribuer à ce que les communistes s’épanouissent en tant que personnalités inébranlables, en tant que révolutionnaires luttant et agissant ouvertement et courageusement au sein des masses ouvrières et populaires, tout en sachant qu'ils sont dans le collimateur de l'adversaire, qui tentera de les saper, de les attaquer et de les détourner de leurs objectifs révolutionnaires.

À PROPOS DE L'EFFORT CONTINU D’AMÉLIORATION DE LA PROPAGANDE DU PARTI

Parallèlement aux mesures visant à accroître la diffusion, l'étude et l'exploitation du«Rizospastis», il faut poursuivre et intensifier les efforts positifs visant à améliorer le contenu du journal, afin qu’il remplisse mieux son rôle de guide dans les tâches complexes de la lutte idéologique et politique, et dans l'objectif du renforcement idéologique, politique et organisationnel du Parti. Le «Rizospastis» doit jouer un rôle plus important dans la diffusion de l’expérience tirée de l’action des organisations, et améliorer sa capacité à présenter de manière vulgarisée et vivante, en lien avec les développements et l’expérience des luttes, la proposition de sortie de crise et les conditions nécessaires à celle-ci, dans l’action de masse et politique du Parti.

Nous devons prendre des mesures plus énergiques pour améliorer le fonctionnement du portail d'information du Parti, «902.gr». Ce portail contribue de manière significative et positive à la diffusion en temps réel des positions, des analyses et des interventions du KKE face aux développements rapides de ces dernières années. L’augmentation de sa fréquentation, l’exploitation de formes d’information de plus en plus variées, la confrontation pertinente, immédiate et multiforme avec l’adversaire, la mise en avant de l’action du KKE, de la KNE, du mouvement ouvrier et populaire, constituent la base d’une amélioration continue du travail de «902.gr» et de son équipe rédactionnelle, afin qu’il puisse répondre à ses nouvelles missions en tant que média du KKE. Parallèlement, le renforcement de ses effectifs reste une question cruciale.

L'expérience confirme que seule une utilisation et une intervention collectives et organisées du KKE et de la KNE sur les réseaux sociaux permettent d'intégrer ces médias au travail de propagande général, de mettre en avant l'action du Parti, de contrer les provocations et les mensonges à son encontre et à l'encontre de ses positions. Notre position en faveur d'une utilisation collective plutôt qu'individuelle des réseaux sociaux se confirme, même si elle va à l'encontre des estimations des bourgeois et des opportunistes qui les considèrent comme des «outils neutres», ignorant la réalité objective selon laquelle ils sont entre les mains de groupes monopolistes, d'alliances impérialistes et d'États capitalistes. Cette position a contribué à améliorer notre intervention organisée sur les réseaux sociaux, sans l'entraver, et doit se poursuivre dans la période à venir. L'utilisation individuelle et sans raison de comptes sur les réseaux sociaux constitue une manifestation de libéralisme organisationnel.

Des problèmes d'utilisation individuelle doivent être traités sur la base des décisions pertinentes du Comité central, à savoir qu'un membre du Parti et de la KNE ne peut pas être exposé individuellement sur les réseaux sociaux, que les comptes officiels du Parti et de la KNE sont les porte-parole officiels et que nous soutenons l'utilisation collective et organisée des comptes sur les réseaux sociaux par les syndicats et autres organisations de masse pour qu'ils informent sur leurs initiatives et positions, soutenant ainsi l'organisation et l'action collectives irremplaçables là où les travailleurs vivent et travaillent.

À PROPOS DE LA MISE EN AVANT ET DE LA DISPOSITION DES CADRES SOUS LA RESPONSABILITÉ DU CC

La mise en œuvre des décisions du Congrès dépendra largement de la compétence, de la capacité et de la stabilité de tous les cadres, en particulier des membres du Comité Central et des Comités Régionaux, face à des conditions complexes. Il faudra toutefois déployer de grands efforts pour parvenir à une vision commune, à une détermination et à une bonne organisation du suivi et de la planification des actions visant à promouvoir la question centrale décidée par le Congrès. Le Comité Central devra rester vigilant et examiner l'aide qu'il devra apporter concrètement.

La préparation et la mise en valeur d'un grand nombre de cadres ouvriers dévoués constituent une question cruciale et d'importance stratégique pour le Parti et sa perspective. Dans la lutte des classes, une nouvelle génération de cadres ouvriers mûrit et évolue; avec une aide et un soutien appropriés, ils peuvent devenir des cadres compétents capables de prendre des responsabilités dans de nombreux domaines du Parti. Leur mise en valeur dépendra principalement de la participation plus directe et active des cadres syndicaux à l'édification du Parti, à l'organisation et à la formation de nouveaux communistes, ainsi qu'à l'édification des organisations du Parti et de la KNE. C'est là la préparation la plus essentielle pour qu'ils deviennent des cadres dirigeants jouissant d'une grande estime. Un autre élément important de leur préparation consiste à étudier et à intégrer avec attention l'expérience riche et complexe du Parti et du mouvement révolutionnaire, avec tous ses aspects positifs et négatifs.

Pour que l'ensemble de nos efforts de direction s'appuient sur des bases solides, il est nécessaire de mettre en place, en parallèle, une disposition plus efficace et créative des cadres au sein des organes de direction, en particulier au sein des Comités Régionaux et Sectoriels. La question urgente du soutien à la répartition des domaines de travail est souvent reléguée au second plan face aux besoins du travail organisationnel courant. La constitution de Comités Auxiliaires n'est pas un luxe, mais une nécessité absolue, et leur fonctionnement et leur encadrement doivent être garantis de manière stable et effective, sous la responsabilité des Bureaux Régionaux, des Bureaux Sectoriels et des responsables. Leur orientation et leur mission doivent s'inscrire dans le cadre des priorités globales du Parti, des besoins du Comité Régional et de l'Organisation Sectorielle, afin qu'ils puissent renforcer leur rôle d'état-major auxiliaire pour soutenir le travail des organes de direction. Il convient de résoudre les questions relatives à leur dotation en effectifs en tirant parti des cadres possédant des compétences spécialisées, tout en veillant à ce que les responsables de ces Comités Auxiliaires ne cumulent pas plusieurs fonctions et qu'il s'agisse de cadres répondant aux exigences minimales.

Sous la direction du Bureau Politique, le nouveau Comité Central a la responsabilité de développer une conception de direction unifiée parmi ses membres, répartis entre différentes fonctions: la direction des organes, la direction des Équipes du Parti au sein des organisations de masse et des mouvements, le travail de recherche et d’étude des Sections. Il doit surtout dépasser toute conception qui considère le travail organisationnel (dirigeant, secrétaire) comme le travail de cadre par excellence, ce qui a pour conséquence d’en faire le seul critère pour mettre en avant et disposer des cadres.

La responsabilité individuelle et collective de chaque membre du Comité Central doit être renforcée afin d'assurer une coopération stable et efficace entre ses membres, ainsi qu'entre les membres du Bureau Politique ayant des fonctions différentes, entre les responsables de Sections et les Secrétaires Régionaux, et entre les dirigeants des différents domaines d'activité des Bureaux Régionaux.

Nous devons dépasser une recherche de responsabilité strictement formelle pour nous appuyer sur une coopération effective, une coresponsabilité de tous les maillons, du haut vers le bas, qui implique une étroite collaboration entre les organes de direction et les Sections du Comité Central, ou entre les Sections et les Comités Auxiliaires au niveau des Comités Régionaux ou des Organisations Sectorielles.

La distinction entre les cadres qui s'occupent de l'organisation du travail et ceux qui «étudient», interprètent et élaborent des positions, ainsi que ceux qui organisent le travail idéologique, doit être atténuée.

Les moyens permettant de mettre en œuvre cette orientation ont été identifiés et décidés ; il faut désormais faire preuve de persévérance dans leur application et leur contrôle. Ces moyens sont les suivants:

  • Des fonctions alternées.
  • Assurer une participation régulière des cadres du Parti aux écoles du Parti, à des groupes de recherche et d'étude ou à l'organisation de conférences sur des thèmes spécialisés, etc.
  • Des délégations plus importantes assisteront aux réunions des Comités Régionaux, des Comités Sectoriels ainsi que des cellules du Parti, respectivement de la KNE.
  • Des collaborations intersectorielles, avec des réunions auxquelles participent des cadres organisationnels, et une préparation adéquate de tous;
  • Élargissement des discussions organisées au sein des organes, des sections et des cellules de base du Parti et de la KNE sur des thèmes théoriques et idéologiques à partir d'articles et de la bibliographie.
  • Discussion des conclusions idéologiques et politiques issues de chaque cycle de luttes ouvrières et populaires, des élections, du contenu du travail spécifique auprès des femmes, etc.

Nous devons poursuivre avec plus de détermination l'examen de la répartition des forces du Parti, dans le but de faciliter la constitution de noyaux du Parti sur les lieux de travail, ainsi que l'élaboration d'une politique et d'un guidage du mouvement par secteur. Cela concerne également le travail auprès des travailleurs indépendants. Il convient également de discuter plus largement de l’expérience de l’édification du Parti à Évia, à Oinofyta, au Pirée, ainsi que dans certains lieux de l’Attique et de Thessalonique.

LE REGROUPEMENT DU MOUVEMENT SYNDICAL ET LA PROMOTION DE L'ALLIANCE SOCIALE DOIVENT SE RENFORCER

Dans le contexte actuel, marqué par un mécontentement populaire croissant et des possibilités de renforcer la massification et l’orientation d’un courant de contestation dont le noyau est constitué par l’influence du Parti sur la classe ouvrière, nous devons intensifier la lutte afin que ce noyau acquière une résistance et une combativité idéologico-politiques et de classe face aux interventions multiformes du capital, aux forces politiques bourgeoises et à l’opportunisme, ainsi qu'à la ligne des intérêts nationaux communs en temps de guerre.

Ce mécontentement s’est développé et se développe sur le terrain des fractures créées par la pandémie et sa gestion, les catastrophes naturelles et le rôle de l’État bourgeois dans celles-ci, la politique criminelle ayant conduit au crime de Tempi et à la dissimulation de ses responsables, ainsi que sur le terrain de l’exacerbation des rivalités impérialistes et des conséquences de la lutte pour la suprématie au sein du système impérialiste, avec l’implication de la Grèce. Il s'est développé dans un contexte d'intensification de l'exploitation, d'aggravation de tous les problèmes et des crimes patronaux, de pressions inflationnistes et de cherté de la vie, ainsi que de conséquences négatives désormais plus manifestes pour la vie des travailleurs, résultant de la «maturation» des choix stratégiques du capital, de l'Union européenne et de la politique agricole commune (PAC) à l'égard des agriculteurs, choix mis en œuvre par des gouvernements bourgeois successifs. Il a été alimenté par des expériences négatives pour le peuple, en particulier au cours de la décennie précédente, ainsi que par des attentes déçues.

Cependant, le mécontentement des travailleurs et du peuple reste superficiel et limité coté politique. En conséquence, le système politique bourgeois, grâce aux moyens dont il dispose pour piéger et manipuler le mécontentement populaire, tente d’intensifier les pressions en faveur d’une adaptation au rapport de forces défavorable.

Dans ces conditions d'intensification de la lutte idéologique et politique au sein de la classe ouvrière et des couches populaires alliées, la capacité de tous les membres et cadres du Parti se mesure à leur aptitude à intensifier leur intervention idéologique et politique en mettant en avant nos élaborations programmatiques, des slogans adaptés et des actions correspondantes, ainsi qu'en tirant des leçons de l'expérience des luttes de classe. C'est ainsi seulement qu'ils pourront libérer les forces ouvrières et populaires de l'emprise de l'idéologie bourgeoise dominante et de ses vecteurs, et créer les conditions d'un ralliement de ces forces autour du programme du KKE et de leur lutte dans une direction antimonopoliste et anticapitaliste. De même, chaque organisation du Parti doit se transformer en un acteur de mise en œuvre de ces tâches.

À cet égard, nous mettons l'accent sur les tâches d'intervention du Parti dans le mouvement ouvrier et dans les mouvements des forces sociales alliées à la classe ouvrière. Malgré les progrès réalisés depuis le 21e congrès, la situation est comparable à des «sables mouvants». Notre intervention doit acquérir la profondeur idéologique et politique nécessaire pour consolider les avancées positives que nous avons conquises et faire face au risque de recul face à l'énorme pression qui s'exercera objectivement dans les années à venir dans le cadre de l'économie et des préparatifs de guerre, ainsi que compte tenu du regroupement des forces politiques bourgeoises, en particulier de la social-démocratie.

Pour réaliser ce saut nécessaire et impératif dans notre intervention au sein du mouvement syndical ouvrier, certaines conditions préalables sont requises. Plus précisément, il faut:

  • Une conception unifiée selon laquelle, dans le processus de regroupement du mouvement syndical ouvrier, le travail avec le programme du Parti au sein du mouvement interagit avec l’effort systématique visant à améliorer le niveau d’organisation dans les syndicats, à modifier le rapport de forces en leur sein et à accroître la participation de leurs membres aux luttes, en renforçant l'orientation anticapitaliste de la lutte. Il est indispensable de promouvoir de manière combinée tous ces objectifs, qui constituent également des conditions préalables au regroupement.
  • Un travail idéologique, politique et organisationnel autonome de tous les communistes au sein de la classe ouvrière et de son mouvement syndical, sur la base du Programme et de nos autres élaborations.
  • Un travail organisé et planifié, avec la disposition de forces correspondante, pour améliorer l’édification du Parti, en premier lieu sur les lieux de travail et auprès des catégories spécifiques de jeunes travailleurs et de femmes.
  • L'élaboration et la spécialisation des cadres de lutte, ainsi qu'une action militante de premier plan pour les problèmes des travailleurs.
  • L'effort simultané et continu de rassemblement de larges couches de travailleurs aux côtés du Parti et de la KNE, afin d’élargir ce secteur qui joue un rôle de pionnier dans la lutte idéologique, politique et de masse, et qui se prépare à jouer un rôle de premier plan dans les luttes de la classe ouvrière et du mouvement syndical.

Pour que le communiste-syndicaliste devienne un leader et un organisateur de masse de premier plan, il est indispensable qu’il joue un rôle de pionnier en diffusant nos idées au sein du mouvement syndical, qu’il éduque des forces toujours plus larges sur la nécessité et le caractère réalisable du renversement du système d’injustice et d’exploitation de classe, le capitalisme, ainsi que sur la supériorité et l’actualité du socialisme.

Le programme du Parti précise que le ralliement de la majorité de la classe ouvrière au KKE et l’attraction des couches populaires les plus pionnières passeront par différentes phases. Le mouvement ouvrier, les mouvements des travailleurs indépendants urbains et des agriculteurs pauvres, ainsi que la forme d'expression de leur alliance aux objectifs antimonopolistes avec l'action pionnière des forces du KKE dans des conditions non-révolutionnaires, constituent le terreau de la formation du front révolutionnaire ouvrier-populaire dans des conditions révolutionnaires. À travers l’expérience de leur participation à l’organisation de la lutte en vue d’un affrontement avec la stratégie du capital, les masses ouvrières et populaires seront convaincues de la nécessité que leur organisation et leur opposition prennent un caractère global et revêtent toutes les formes de confrontation avec la domination économique et politique du capital.

Une compréhension plus profonde et dialectique de tous les facteurs qui, combinés, doivent permettre d'élever la conscience et l'organisation de la classe ouvrière et des forces populaires (l'expérience collective du mouvement ouvrier et syndical, le lien indissoluble entre l'action politique, idéologique et le développement des mobilisations militantes pour les droits et les intérêts des travailleurs) constitue un critère fondamental d'examen et d'évaluation de notre intervention, mais aussi un critère de maturité et de résistance face aux revirements de la lutte des classes.

Nous devons comprendre de manière plus globale le rôle spécifique et irremplaçable du Parti en tant que fer de lance de la classe ouvrière. Nous devons également comprendre et prendre en compte le fait que le mouvement syndical constitue un échelon inférieur d’organisation de la classe ouvrière. Nous devons également prendre en compte le fait que toutes les autres forces politiques, l’État et le patronat agissent et interviennent dans ses rangs. Par conséquent, le processus de radicalisation et d’émancipation de la classe ouvrière est un processus plus exigeant, qui dépend de nombreux facteurs rehaussant les exigences de l’intervention du Parti.

En travaillant largement au sein des masses populaires ouvrières qui se lancent dans la lutte pour leurs droits et en prenant la tête de chaque problème populaire, les communistes doivent contribuer consciemment à relier la lutte économique à la lutte politique. Il faut comprendre que ce processus ne se fait ni «d’un seul coup», ni par des slogans. Il s'agit d'une combinaison d'intervention idéologique, politique, de masse et organisationnelle avant, pendant et après le développement d'une lutte.

Ce processus exige une élaboration et une spécialisation des revendications et des demandes dans chaque lieu de travail et dans chaque secteur, qui peuvent devenir des maillons pour le développement de la lutte collective. Cela doit être combiné à un effort systématique de formation de cadres de lutte intégrés et à la mise en avant de fronts de lutte unifiant des pans plus larges de travailleurs dans une direction anticapitaliste et antimonopoliste. Cela exige également d'intensifier les revendications, de les enrichir de contenu, dans le cadre d'une confrontation politique avec les gouvernements, le patronat et les véritables responsables, afin d'éclairer la voie de la lutte pour la résolution des problèmes et la satisfaction des droits, qui est indissociable de la voie du renversement du système.

C'est sur cette voie que les travailleurs peuvent s'approprier ces revendications, entraver la marche de la bourgeoisie, remporter des victoires partielles et prendre conscience de la nécessité de la lutte pour le pouvoir ouvrier. Cette lutte doit se développer et prendre des caractéristiques de plus en plus massives, dans des conditions de confrontation très aiguë au sein même du mouvement syndical. Pour ce faire, nous devons développer notre propre stratégie de confrontation et de lutte continues avec les autres forces politiques et syndicales qui tenteront de limiter la lutte à une orientation réformiste et au corporatisme.

Le fait que l'estime et la confiance envers le Parti se soient renforcées au sein d'une partie plus large des travailleurs et au sein même du mouvement syndical constitue la base de tous ces efforts.

La montée en puissance du Parti et les résultats de notre action au sein du mouvement ouvrier et syndical se sont également traduits lors des élections des grands syndicats, des centres syndicaux régionaux et des fédérations dans les secteurs privé et public (14 fédérations, 22 centres syndicaux, Confédération des fonctionnaires grecs «ADEDY» Fédération des enseignants de Grèce «DOE», etc.), ainsi que par l'élargissement du nombre de syndicats qui se rallient au PAME et participent activement aux mobilisations des organisations de travailleurs qui y adhèrent.

Dans notre action au sein du mouvement, nous devons lutter pour que la contribution importante du KKE à la formation d'un courant de remise en cause de la politique dominante, à travers sa position sur tous les grands fronts de lutte, acquière des caractéristiques plus profondes et plus stables.

La lutte contre le plan bourgeois en cours, ayant le mécanisme du PASOK à l’avant-garde, est une question centrale pour la période à venir. L'objectif est que les forces du PASOK s'opposent plus résolument à celles du KKE en Attique, une région qui revêt une importance particulière à l'échelle nationale. Ce plan concerne également d'autres régions où l'on a constaté une montée en puissance du Parti. En le mettant en œuvre, ils tentent de renverser la situation et de freiner la tendance à l'élargissement et à l'approfondissement du courant de travailleurs qui se rangent aux côtés du Parti, comme en témoignent le fait que des représentants syndicaux d'autres listes se sont joints aux nôtres, leur marche commune avec nos forces au sein des conseils d'administration, ainsi que la marche commune des syndicats avec le PAME.

Les interventions de l’État, du capital et de ses partis dans ce sens vont s’intensifier dans les mois à venir, sur une série d'axes pour lesquels il faut apporter un soutien idéologique et politique à nos forces et à leur action de masse. L'adversaire tentera de présenter le mouvement ouvrier et syndical comme un «partenaire social», un «interlocuteur» dans la logique du «réconciliation des intérêts». C'est dans cette optique que s'inscrit le «pacte social» entre le gouvernement, les organisations patronales et la Confédération Générale des Travailleurs Grecs «GSEE», ainsi que la promotion de la ligne de l'«intérêt national», de la «paix sociale» et de la «coopération de classe», qui s'expriment par des slogans tels que «nous sommes tous dans le même bateau», notamment dans un contexte de préparation à la guerre et de crise économique potentielle.

Les processus en cours dans le contexte des développements plus généraux déclenchés par la position de la GSEE sur la «loiKerameos», les répercussions du «pacte social» sur les conventions collectives, ainsi que l'impact de notre propre intervention, offrent la possibilité de libérer des forces de l'emprise du syndicalisme patronal et gouvernemental, grâce à une confrontation constante avec leurs directions.

Dans ce contexte, nous devons mettre en avant le travail avec le cadre de revendications élaboré par le PAME, et plus particulièrement son adaptation à chaque lieu de travail et à chaque secteur, afin de renforcer le pôle de classe au sein du mouvement ouvrier et syndical. C'est seulement ainsi que l'on pourra ouvrir la voie à la formation d'un mouvement unifié et coordonné à l'échelle nationale, qui s'exprimera à travers des positions et des revendications communes visant à répondre aux besoins actuels des travailleurs, et qui s'opposera à la ligne du compromis et de la soumission du mouvement.

Ce travail contribue à renforcer et à élargir les liens du Parti avec la classe ouvrière, qui seront mis à l'épreuve de manière encore plus dure dans un contexte où l'économie de guerre et la nouvelle crise capitaliste s'accompagneront d'autoritarisme, de répression et d'intimidation sur les lieux de travail, de persécutions contre les travailleurs militants et d'une tentative d'interdiction de l'action politique et syndicale.

Nous retenons les éléments suivants sur la base de nos conclusions :

Premièrement, l’importance de disposer de forces organisées sur les lieux de travail, condition fondamentale de notre intervention, du développement des luttes et de notre influence sur les travailleurs, sur la base de notre politique.

Deuxièmement, l'effort de guidage visant à rendre la lutte idéologique spécifique en s'appuyant sur l'étude d'un lieu de travail.

Troisièmement, la nécessité que cette lutte idéologique imprègne la formation des cadres de lutte, comme condition préalable au regroupement du mouvement ouvrier.

La lutte pour le regroupement se mènera dans les grandes usines, les zones industrielles, les secteurs que nous priorisons, mais aussi dans des secteurs critiques où notre présence politique et syndicale est faible: l'énergie, l'informatique, les transports, les usines agroalimentaires, pharmaceutiques, chimiques, les usines de plats préparés, les grandes entreprises de traiteur, les supermarchés et les grandes chaînes de magasins, les dépôts et la logistique, ainsi que le secteur privé de la santé.

Notre orientation fondamentale doit être de promouvoir l'organisation des travailleurs en fonction de leur lieu de travail, condition essentielle au renforcement de l'organisation par secteur, l'unité et l'action commune des travailleurs tant au niveau de la région où ils résident qu'au niveau sectoriel. L'expérience confirme que la participation des travailleurs, la pratique d'une action collective, d'un débat et d'une prise de décision au sein des lieux de travail, associées à un cadre de lutte bien élaboré, ont permis d'accroître les adhésions et la participation des travailleurs aux syndicats d'entreprise et sectoriels, de poursuivre la lutte et de former des foyers de résistance.

 

À propos de notre travail auprès des migrants

Le Parti a une grande responsabilité politique pour approfondir le travail idéologique visant à comprendre le phénomène migratoire, à contrer les idéologies bourgeoises, le poison raciste et xénophobe, à lutter contre la barbarie qui s'abat sur les victimes de la guerre et de la misère, et à renforcer les luttes communes des travailleurs grecs, immigrés et réfugiés.

Il faut constituer un front solide contre le nouveau Pacte sur l’immigration et l’asile de l’UE, contre l’intensification de la répression et de l’autoritarisme à leur encontre, comme avec la loi raciste et inhumaine du gouvernement de la Nouvelle Démocratie sur l’incarcération des migrants ou les projets barbares de création de «centres de retour»  dans des pays d’Afrique.

Parallèlement, la tentative de conclure des accords transnationaux de traite d'esclaves pour garantir une main-d'œuvre bon marché dans de nombreux secteurs nous confronte à de nouvelles tâches dès l'entrée de ces personnes sur le marché du travail, en opposition aux projets du capital visant à réduire encore davantage le coût global de la main-d'œuvre. Il est nécessaire de fournir une orientation claire au sein du mouvement syndical, en précisant le cadre de lutte (par exemple, en ce qui concerne les papiers, les droits du travail et de la sécurité sociale, des conditions de vie décentes, l'apprentissage de la langue grecque, etc.), et de nous employer plus systématiquement à accroître la participation des immigrés aux syndicats et aux organisations du mouvement populaire, à les promouvoir en tant que cadres syndicaux, ainsi qu'à promouvoir de nouvelles formes d'organisation au sein du mouvement ouvrier et populaire pour les immigrés et les réfugiés, notamment en étendant le fonctionnement des lieux de rencontre pour les travailleurs grecs et immigrés. Nous devons renforcer le travail autonome avec le Programme du Parti.

Nous devons élaborer un plan d'intervention plus concret et plus complet auprès de la jeunesse, avec l'action de la KNE dans les lieux où se réunissent de jeunes immigrés, ainsi qu'auprès des jeunes immigrés de deuxième génération. Ce plan devra notamment cibler certaines zones, comme les écoles où les élèves immigrés sont majoritaires.

 

À propos de la promotion de l'alliance sociale dans une direction anticapitaliste et antimonopoliste

Des progrès ont été réalisés pour faire prendre conscience que l'alliance sociale ne se limite pas à la coordination de diverses structures créées pour faciliter l'essor du mouvement, mais qu'il s'agit d'une alliance de forces sociales visant à renverser le capitalisme et à construire le socialisme-communisme.

La cause de l'alliance sociale s'inscrit dans la lutte contre les grands problèmes sociaux afin de revendiquer l'ensemble des besoins contemporains qui peuvent constituer le terrain d'action commun des forces sociales potentiellement alliées. Cette réalité a été confirmée par de grands fronts de lutte ayant pris une dimension nationale, comme celui contre le crime de Tempi, contre la guerre impérialiste, pour la protection de la santé du peuple, face aux conséquences des catastrophes naturelles d'une ampleur inédite, ou encore contre les mises aux enchères par les banques des propriétés des ménages, les expulsions, etc.

Il est donc très important d'élever le niveau d'analyse et de promotion de la lutte anticapitaliste et antimonopoliste au sein du mouvement, pendant la préparation, au cours et à la fin d'un cycle de luttes, en examinant la suite, qui reposera sur le fonctionnement collectif des organes du mouvement, des conseils d’administration et des assemblées générales, sous la responsabilité des organes de direction et des Équipes du Parti.

Les communistes travaillent dans cette direction à travers l'action de chaque organisation, avec le mouvement ouvrier et syndical en tête, pour développer un mouvement unifié et coordonné à l'échelle nationale, dans lequel l'action commune s'exprimera principalement à travers des objectifs, des revendications et de la solidarité.

Nous tirons une nouvelle expérience importante de la lutte agricole, caractérisée par une participation extrêmement massive des agriculteurs aux barrages routiers et aux actions décidées par le Comité national des barrages routiers, mais aussi par l'intervention du mouvement ouvrier et syndical en faveur de l'adoption et du soutien des revendications des agriculteurs. Le slogan phare était : «Bon marché au champ, cher en rayon, pour les profits des capitalistes». Le mouvement a également élaboré des cadres de lutte pour l'organisation de grèves et de rassemblements, en tirant parti du contenu de la confrontation avec le «budget de la guerre et de la pauvreté». Il s'agit là d'un héritage important dans l'effort visant à réorienter la lutte du mouvement ouvrier et syndical contre l'ensemble de la politique antipopulaire.

Une fois de plus, il a été confirmé que les centres syndicaux régionaux et les grands syndicats des secteurs public et privé, présents dans les départements, constituent le maillon essentiel pour unir ce combat. L'expérience acquise lors des mobilisations agricoles le confirme: le changement des rapports de forces au sein des centres syndicaux régionaux et des fédérations, ainsi que dans le secteur public, a contribué à ce qu'une grève soit déclarée contre le budget de l'État et pour le soutien aux barrages agricoles, sur décision du Congrès de l'ADEDY. Tout cela a de manière décisive contribué à la mise en place d'une action commune de la classe ouvrière avec les couches alliées. Des étapes plus efficaces ont été franchies en Thessalie, où une lutte de grève à l'échelle de toute la région s'est intensifiée, visant principalement le budget du gouvernement, l'UE et, plus généralement, la stratégie du capital. Outre les barrages routiers des agriculteurs, d'autres organisations de masse, comme celles des travailleurs indépendants, des étudiants, des élèves et des femmes, se sont jointes à cette lutte.

Une telle orientation doit s'imposer de manière permanente dans notre travail, en particulier dans les centres syndicaux régionaux où nous sommes majoritaires, dans les fédérations ayant le plus d'influence (par exemple, celles des travailleurs de la construction, de l'alimentation et des boissons, du commerce), dans les couches populaires correspondantes et dans les syndicats ralliés au PAME. Cela permettra de renforcer les liens avec les organisations du mouvement populaire (agriculteurs, travailleurs indépendants, étudiants et élèves), en définissant clairement le contenu, les formes et les cadres de lutte, afin de mettre en lumière les causes des problèmes et la perspective pour y remédier. Les actions communes, même plus limitées, menées au niveau de la ville ou du département pour résoudre les problèmes aigus qui tourmentent notre peuple, contribuent à cet objectif.

Les principaux fronts de lutte que nous avons ouverts ces derniers temps et qui continuent de constituer un maillon pour la coordination et la mobilisation des organisations de masse et des forces populaires au sens large sont les suivants:

  • La défense des revenus des travailleurs et du peuple, des mesures de santé et de sécurité sur les lieux de travail, contre la cherté de la vie, contre la lourde taxation et les taxes abusives, contre les orientations de l’UE, des gouvernements et du capital visant à réduire les dépenses sociales face au virage vers l’économie de guerre.
  • La lutte contre l’implication de notre pays dans les guerres impérialistes et contre les conséquences de sa participation aux projets de l’UE et de l’OTAN.
  • La lutte pour des services de santé et de soins primaires et secondaires, exclusivement publics et gratuits, pour une protection globale des enfants, pour un soutien à une vie digne pour les personnes âgées et les personnes en situation de handicap, ainsi que pour les malades chroniques.
  • La lutte pour une école et une université exclusivement publiques et gratuites, en mettant l'accent sur le contenu des programmes d’études, les questions d'infrastructure et la lutte contre les barrières de classe.
  • La défense du droit au logement, pour des logements abordables et de qualité, sous la responsabilité de l’État, contre les mises aux enchères et les saisies de propriétés des ménages par les banques, ainsi que contre les loyers exorbitants.
  • Les mesures de protection contre les inondations, les incendies et les tremblements de terre, pour la protection de la vie humaine.
  • La lutte pour la valorisation du temps libre des travailleurs, à travers la culture, le sport, les divertissements, les vacances, etc.

 

À propos de l'intervention du Parti auprès des agriculteurs pauvres

L'expérience des récentes mobilisations agricoles confirme certaines conclusions cruciales concernant l'intervention du Parti.

  1. - L'importance d'une évaluation en temps opportun de l’état d’esprit des agriculteurs face à des problèmes accumulés et exacerbés est cruciale. Cette évaluation est menée par les forces du Parti, ses membres et ses sympathisants qui travaillent avec le Parti, en particulier les syndicalistes agricoles, et s'appuie sur leurs relations avec les forces agricoles au sens large, principalement à travers les processus du mouvement organisé, comme les assemblées et les réunions des associations et fédérations agricoles, ainsi que leur regroupement à l'échelle nationale autour du Comité panhellénique des barrages routiers.
  2. La prise d'initiatives bien préparées pour exprimer un esprit militant, l'acceptation de ces initiatives et l'organisation de mobilisations, en tant que planification du mouvement agricole organisé, sont importantes.
  3. Il est également important d'élaborer un cadre de lutte qui, d'une part, met en évidence les problèmes et les revendications communs à différents segments d'agriculteurs (agriculteurs, éleveurs, apiculteurs, pêcheurs, ou encore de différents segments d’agriculteurs en fonction de la culture ou de la région) et, d'autre part, relie les problèmes particuliers aux problèmes généraux.

Ce processus nécessite le soutien scientifique de l'état-major du Parti, la formation des syndicalistes agricoles communistes, ainsi qu'une interaction constante entre la pensée et l'analyse communistes d'une part, et l'expérience des forces agricoles mécontentes et potentiellement en lutte d'autre part.

Un cadre de lutte bien élaboré est une condition préalable à l'unification du mouvement. Son fer de lance antimonopoliste s'oppose à la tentative de limiter la lutte à une «orientation antigouvernementale» étroite, mais aussi à l'intervention des forces de la production agricole organisée de manière capitaliste, qui peuvent, selon les circonstances, s'opposer au gouvernement.

La définition, le soutien et la promotion par des initiatives militantes du cadre de lutte exigent une lutte idéologique et politique constamment affinée au sein du mouvement, car les masses paysannes mécontentes, tout comme les masses ouvrières d'ailleurs, luttent sans saisir les causes sociales, économiques et politiques plus profondes de leurs problèmes. Plus le mécontentement populaire rural est important, plus la diffusion de revendications liées à des revendications politiques trompeuses est intense: recherche d'un soutien politique à la production agricole nationale au sein de l'UE, révision de la PAC, «négociation nationale» au sein des alliances impérialistes de l'OTAN et de l'UE, au profit de la production industrielle et agricole nationale, sous prétexte de «sauver les travailleurs indépendants», etc.

Pour mener une lutte idéologique et politique à travers les structures et les processus du mouvement de manière efficace et percutante, une intervention autonome, riche, argumentée et approfondie du Parti est nécessaire. Pour ce faire, il faut que cette intervention soit menée par davantage de membres du Parti et de la KNE, et pas seulement par les agriculteurs communistes où nos forces sont limités.

Pour les agriculteurs, ce qui compte, c’est l’expression d’une solidarité concrète de la part du Parti et de la KNE, par tous les moyens dont ils disposent, mais aussi de la part du mouvement ouvrier et syndicaliste de classe. Cette expérience positive peut et doit s’étendre à l’échelle nationale dans chaque région rurale, s’ancrer et se transformer en germe d’une véritable alliance sociale entre la classe ouvrière, les forces populaires rurales et les couches populaires de travailleurs indépendants des villes.

Un élément d'intensification des luttes consiste également à faire progresser la prise de conscience des impasses du capitalisme ainsi que la prise de conscience de la nécessité et des conditions d'un conflit de classe et populaire pour renverser la propriété et le pouvoir capitalistes et instaurer le pouvoir ouvrier, avec le soutien des agriculteurs pauvres. Il faut également faire prendre conscience que le soutien de l’État aux producteurs agricoles suppose une planification scientifique des moyens de production socialisés, et que la libération des producteurs de l’emprise des industriels, des commerçants et des banques passe par l'abolition de la vente et de l'achat de la terre. Il faut également faire prendre conscience que pour éviter que les paysans ne quittent «leur» terre, qu'ils utilisent comme moyen de production, il est indispensable qu'il y ait un État socialiste qui assure des infrastructures de protection contre les catastrophes naturelles, introduise de nouvelles technologies (machines) et protège les producteurs et la production. Cet État socialiste élèvera le niveau de vie, augmentera le temps libre des producteurs, enrichira leurs centres d'intérêt et leur offrira un moyen d'exprimer leurs aspirations à une vie variée. Cela nécessite également un autre type d'organisation coopérative, complémentaire aux grandes unités agricoles et d'élevage organisées selon les principes socialistes, et directement liées à l'industrie socialiste ainsi qu'au commerce de l'État.

Notre travail pédagogique auprès des agriculteurs doit les amener à ne plus craindre l'abolition de la propriété capitaliste, mais à prendre conscience des avantages de la propriété socialiste, y compris en ce qui concerne la terre. Ce n'est qu'à cette condition qu'il est possible d'instaurer une relation militante avec les forces paysannes, en rompant avec l'illusion d'un changement de politique gouvernementale grâce au soutien d'autres partis bourgeois, ou avec la recherche d'une « meilleure » PAC, prétendument dans l'intérêt des agriculteurs, des éleveurs, des apiculteurs ou des pêcheurs.

 

À propos de l’intervention du Parti dans le mouvement des travailleurs indépendants urbains

Le travail du Parti auprès des professionnels indépendants urbains doit faire face à d’importantes faiblesses subjectives concernant:

  • L'absence d'organisation syndicale des forces qui se rallient politiquement au Parti, mais pour lesquelles les cellules de base ne mènent pas de travail concret visant à les intégrer au mouvement syndical.
  • Le fait que les membres du Parti qui sont travailleurs indépendants ne soient pas affectés au travail syndical spécifique auprès des travailleurs indépendants, ni au travail idéologique et politique spécialisé, alors qu’ils sont souvent affectés à d’autres tâches relevant du travail général.
  • L'absence de guidage pour la formation et la spécialisation des cadres dirigeants pour le travail auprès des travailleurs indépendants et, par extension, le manque de Comités Auxiliaires au sein des organes et l'incapacitéà organiser correctement des Équipes du Parti pour les organisations des travailleurs indépendants.

Il faut remédier à notre faiblesse, dans tous les secteurs des travailleurs indépendants, d’élaborer les conséquences de la stratégie capitaliste, que tous les partis bourgeois ont servie, en s’adaptant à des conditions critiques, par exemple pendant la pandémie. Principalement, l'adaptation spécifique de l'intervention du Parti jusqu'aux cellules est nécessaire.

La reprise, même conjoncturelle, suscite des attentes et détourne de la nécessité d’une participation active dans l’action syndicale. Dans le même temps, cependant, elle ne conduit pas à une qualité de vie avec du temps libre, propice à une action sociale plus générale.

Il en ressort que le lien entre le travail idéologique et politique chez les travailleurs indépendants doit s’établir sur la base de leurs caractéristiques contradictoires permanentes, telles que le manque de temps libre, l’incertitude constante, la dépendance vis-à-vis des monopoles (via des crédits, etc.), les dettes envers le fisc et le régime de sécurité sociale, ou encore l’incapacité à s’adapter aux exigences technologiques du mécanisme fiscal modernisé.

Le travail idéologique et politique ne peut pas être général. Il doit tenir compte des conditions spécifiques à chaque secteur, où les professionnels et les scientifiques indépendants subissent la pression des monopoles et des grandes entreprises capitalistes de manière différente, et perçoivent nos propres positions différemment. Pour pouvoir intervenir sur la base de notre Programme, il est nécessaire d'établir un lien solide entre les problèmes des travailleurs indépendants et les lois de l'économie socialiste, en tant qu'unique alternative à l'économie capitaliste.

 

À propos de l’action des femmes communistes au sein du mouvement radical des femmes (OGE)

Depuis le 21e congrès, des progrès ont été réalisés dans l’action des femmes communistes au sein de ce mouvement. Les organes de direction se sont orientés vers le renforcement de la participation des femmes membres du Parti à ce mouvement, principalement en raison d'une meilleure compréhension, de la part des femmes communistes, de la nature de la Fédération des Femmes de Grèce (OGE).

Des mesures ont été prises pour renforcer la mobilisation des femmes issues du milieu ouvrier et populaire au sein des associations et des groupes de l'OGE, mais aussi pour créer de nouveaux groupes. Cependant, les exigences s'accroissent pour améliorer la capacité des femmes membres du Parti à travailler avec un plus grand nombre de femmes issues des forces ouvrières et populaires qui ne participent pas à leurs syndicats et associations. Pour attirer de nouvelles forces féminines vers le mouvement, une participation effective des femmes communistes à l’ensemble des activités des associations et des groupes de femmes de l’OGE (et non une participation limitée aux élections du conseil d’administration) est une condition préalable.

Il est confirmé que tout cela est lié au soutien des organes de direction aux Équipes du Parti des associations de femmes de l’OGE, afin de répondre aux conditions d’évolution contradictoire de la participation des femmes au travail social, de la suppression de certaines inégalités et, parallèlement, de l'apparition de nouvelles inégalités ou de besoins spécifiques. Parallèlement, il est nécessaire d’orienter le débat vers une discussion de fond sur les positions relatives à l’égalité des femmes, afin qu’elles deviennent une force d’action revendicative pour les problèmes des femmes, capable de mobiliser et de rallier de nouvelles forces, et de les rendre combatives.

L'attitude des femmes communistes doit garantir un fonctionnement régulier et efficace des conseils d’administration des associations et des groupes de l'OGE, ainsi que des assemblées générales «vivantes». Les communistes doivent faire preuve de créativité pour surmonter les difficultés rencontrées lors des réunions des conseils d’administration, qui découlent des conditions de travail et de vie actuelles des femmes, avec des horaires flexibles et chaotiques et la responsabilité des enfants qui pèse sur les épaules des jeunes mères. Il faut faire preuve de confiance envers les propositions et les initiatives, et confier des responsabilités à tous les membres des conseils d’administration des associations et des groupes.

L'expérience montre qu'il faut encourager les femmes qui se mobilisent à exprimer leurs interrogations, leurs réflexions, leurs préoccupations et leurs propositions, afin de mener la lutte idéologique contre les conceptions bourgeoises et petites-bourgeoises contemporaines sur la question des femmes et le mouvement féministe, de prendre conscience des revendications et des demandes radicales, et de décider des initiatives de lutte et des interventions multiformes qui permettront d'élargir les liens avec les femmes issues des forces populaires.

Nous estimons que l’action commune de l’OGE avec les organisations de l’Alliance sociale du mouvement ouvrier et syndical, des agriculteurs, des travailleurs indépendants, des étudiants et d’autres mouvements spécifiques doit devenir plus concrète, afin de contribuer à l’élargissement de la participation aux manifestations et aux formes de lutte, ainsi qu’à une meilleure connaissance des problèmes communs et de leurs causes.

À PROPOS DE L'INTERVENTION DU PARTI SUR DES FRONTS CRITIQUES

Sur l'éducation

Les forces du Parti et de la KNE mènent une action complexe et d’avant-garde dans le domaine de l'éducation. À l'aide d'arguments, elles mettent en évidence les causes de classe des problèmes, ainsi que les besoins et les possibilités contemporains découlant du développement de la science. Elles mènent également une lutte contre les courants philosophiques et idéologiques bourgeois, anciens et contemporains. Elles organisent et rallient les forces populaires et de jeunesse plus larges afin de s'opposer aux choix gouvernementaux actuels et d'obtenir des avancées susceptibles de redonner confiance en la force de la lutte populaire et de jeunesse.

Dans la période à venir, la tâche principale du Parti et de la KNE dans le domaine de l’éducation sera d'ouvrir, à tous les niveaux, un débat et une action fondés sur l’unité entre éducation, économie, société et idéologie, c’est-à-dire un débat basé sur sa stratégie.

Nous poursuivrons, organiserons et consoliderons notre intervention riche, multithématique et multiforme, centrée sur l’école, les cours et les autres activités qui s’y déroulent. Nous renforçons le soutien et le guidage global, ainsi que la coopération intersectorielle, en nous concentrant sur les enseignants et les forces de la KNE parmi les élèves.

Nous contribuons de manière plus déterminée à ce qu'une supériorité fondée sur la formation marxiste, la capacité à suivre le programme d'études et le développement de la pensée critique se construise dans l'ensemble des cellules de base du Parti et de la KNE dans les universités. Notre projet global doit inclure le programme d'études, l'intervention sur la discipline, la constitution d'un socle de connaissances de base pour développer l'esprit critique, le lien avec l'action en faveur des droits du travail et des droits professionnels, ainsi que la définition de critères relatifs au rôle des scientifiques.

 

Sur la santé

Le KKE place les questions de santé du peuple au centre de son action, en tant que front de lutte qui renforce l'Alliance Sociale entre les professionnels de santé, les travailleurs des secteurs clés du secteur public et du secteur privé, les travailleurs indépendants, la jeunesse et les femmes issues des milieux ouvriers ou populaires.

L'intervention du Parti concernant les questions du handicap et des maladies chroniques, ainsi que de l'éducation spécialisée, qui touchent plus largement aux besoins des familles ouvrières et populaires, constitue un front de lutte constant.

Pour profiter des possibilités offertes par la science moderne et permettre au peuple de vivre plus longtemps et en meilleure santé, il est nécessaire de renverser le capitalisme, de lutter pour une nouvelle organisation socialiste de la société et de l'économie, dans laquelle les producteurs directs de la richesse sociale bénéficieront des avancées de la science et de la recherche médicales.

La science et la technologie peuvent aujourd’hui offrir beaucoup à l’humanité: prévention des maladies, longévité, meilleure qualité de vie. Cependant, les avancées scientifiques ne sont pas mises à profit pour la prévention, les soins gratuits et la réadaptation, mais pour accroître la rentabilité d'une minorité et pour intensifier l'exploitation de la main-d'œuvre en cherchant à dépasser les limites biologiques de l'organisme humain. Le KKE lutte pour une organisation socialiste du système de santé où:

  • La santé est un droit social et non une marchandise.
  • Les connaissances scientifiques sont mises à profit de manière centralisée, dans le cadre d'une planification, pour répondre aux besoins du peuple.
  • Les médicaments, la recherche, les structures de soins primaires, secondaires et tertiaires, ainsi que la prévention, s’inscrivent dans un système de santé unique, exclusivement public - de propriété sociale des moyens de production – c'est-à-dire dans le cadre du pouvoir ouvrier.
  • Les travailleurs ne sont pas envisagés comme un coût, mais comme des créateurs de richesse; ils ont droit à la vie et à la santé, pour eux-mêmes et pour leur famille, et ils en jouissent pleinement.

 

Sur l'environnement et la protection civile

La politique environnementale bourgeoise s'inscrit dans la mise en œuvre des orientations de l'UE pour la «transition verte», dont les axes centraux sont la garantie de la rentabilité des nouveaux «investissements verts», la marchandisation accrue (de l'eau, des déchets, des forêts, par exemple), l'évaluation et la gestion des risques selon le principe de l'analyse coût-bénéfice pour le capital et l'État, ainsi que la promotion à grande échelle des réaménagements urbains pour les besoins du capital. L'intégration de la protection civile dans le cadre de l'économie de guerre est également caractéristique (elle est axée sur la résilience de l'OTAN). La politique de l’État se concentre également sur l’exploitation de la soi-disant crise climatique et de la pénurie d’eau pour faire avancer ses projets et utilise particulièrement la «responsabilité individuelle» comme outil de marchandisation et de privatisation indirectes, mais aussi comme outil idéologique.

À la différence d'autres forces qui abordent les questions environnementales de manière partielle et fragmentaire, notre intervention met l'accent sur les causes réelles de la création et de l'aggravation des problèmes environnementaux, sur le profit capitaliste et le pouvoir du capital, ainsi que sur le caractère hostile au peuple de l'État bourgeois. Nous exposons également le contexte historique de la subordination de l'environnement à la rentabilité du capital et à la politique de l'UE à cet égard, et nous soulignons les conséquences négatives pour le peuple des projets bourgeois concernant l'environnement. Nous mettons également en évidence la nature réelle du mécanisme de la politique de protection civile, qui est un élément de la stratégie de la prétendue « sécurité intérieure et extérieure de l'Union européenne » et de l'OTAN. Nous montrons également que le mécanisme RESC-EU de l'UE, en réalité, consolide et perpétue les lacunes en matière d'infrastructures de lutte contre les incendies en recyclant, à coups de demi-mesures, ces lacunes.

 L'axe central de notre intervention est de mettre en avant la supériorité du socialisme pour garantir un rapport équilibré entre la production, la vie sociale et l'environnement, à l'opposé du système capitaliste et de la stratégie du capital et de l'UE.

Parallèlement, nous utilisons notre action organisée pour protéger la vie et les biens populaires contre les catastrophes dans les zones résidentielles, en nous appuyant sur l'expérience des années précédentes pour promouvoir notre politique, le Programme du KKE. L'expérience montre que lorsque nous nous plaçons en première ligne de la lutte, nous pouvons à la fois orienter le mouvement vers la revendication collective et la mobilisation, cultiver la solidarité populaire et promouvoir efficacement nos positions.

 

Sur la culture

C'est également à travers la culture que se confirme le caractère subversif et radicalement différent de notre Parti par rapport à celui des partis bourgeois, qui n'exercent aucune activité culturelle, même élémentaire, car ils sont imprégnés de l'idéologie et de l'esthétique bourgeoises dominantes. La création culturelle progressiste et pionnière permet de forger un critère social et de classe révolutionnaire, de cultiver l’esthétique et d'enrichir qualitativement la vie humaine.

L'utilisation de la culture dans l'action des organisations du Parti implique avant tout la constitution de Comités de Culture permanents au sein de chaque organisation régionale.

Un élément important pour consolider et développer l'intervention du Parti dans la culture est de mettre en avant une nouvelle génération d'artistes, de créateurs et de scientifiques dans le domaine des arts et de la littérature, qui posséderont une haute spécialisation et une formation marxiste.

Dans la période à venir, nous devrons veiller à ce que nos positions et nos réflexions sur l'art et la culture soient assimilées par les forces du Parti et imprègnent l'ensemble de notre travail de masse. Notre conception selon laquelle la culture ne doit pas être une marchandise doit s'imposer comme une ligne de ralliement au sein du mouvement, et la question «comment, quoi, pour qui et dans quel but l'artiste crée-t-il?» doit être mise à l'ordre du jour. La connaissance théorique de tel ou tel domaine de l’art, combinée à un œuvre artistique innovant et à une attitude pionnière au sein du mouvement, sont les conditions nécessaires pour renforcer le prestige et la capacité de nos forces à rallier des artistes et des syndicats à la lutte contre la barbarie et l’inhumanité engendrées par le capitalisme.

Ces conditions revêtent aujourd'hui une importance encore plus grande, compte tenu de l'influence que l'art et les artistes peuvent exercer sur la classe ouvrière et les couches populaires au sens large.

 

Sur l'éducation physique et les sports

Nous cherchons à ce que toute notre activité s'oppose à la marchandisation du sport et à son utilisation pour promouvoir les valeurs et les modèles du capitalisme, la concurrence et l'idéologie bourgeoise.

Notre démarche est d'autant plus urgente aujourd'hui que nous nous référons à un espace structuré qui concerne environ 500.000 personnes, athlètes, entraîneurs, membres des conseils d'administration ou parents, qui, de manière systématique, voire quotidienne, s'occupent du sport. Il s'agit de tranches d'âge productives qui nous intéressent d'un point de vue social et de classe. Des jeunes couples et des jeunes pour qui l'engagement sportif commence dès un jeune âge. Tous ces éléments montrent que les familles populaires se battent pour que leurs enfants puissent pratiquer un sport, malgré les réductions budgétaires des aides publiques et la dégradation de l'éducation physique et de l'activité physique à l'école.

Notre objectif est de créer les conditions d'un large ralliement dans le domaine du sport associatif, qui fédère des personnes au sein des fédérations, des associations et des clubs de toutes les disciplines sportives, tout en cherchant à renforcer la lutte contre la marchandisation du sport.

Il faut intégrer le sport en tant que droit et revendication au sein du mouvement populaire organisé, notamment au sein des organisations de jeunesse de masse. L'éducation physique pour l'ensemble de la population, quel que soit l'âge, contribue à la santé physique et mentale.

 

Lutte contre tous les stupéfiants et les autres dépendances

Nous nous opposons à la politique de la classe bourgeoise et de l’UE, que tous les gouvernements de notre pays ont fidèlement servie jusqu’à aujourd’hui. Cette politique a conduit à la fermeture de tous les programmes de désintoxication, à l’altération et à la dégradation constante d’un traitement complet, ainsi qu'au renforcement de la politique de «réduction des risques» (substituts, espaces de consommation supervisée).

Nous intensifions la lutte contre les stupéfiants et autres dépendances, telles que l'alcool, les jeux de hasard, la dépendance à Internet, etc.

Nous luttons également contre la dégradation de la prévention des dépendances, dont le contenu est dénaturé par la bourgeoisie qui prône une «consommation raisonnable» et des «consommateurs fonctionnels», tout en conduisant à la fermeture des 75 centres de prévention de notre pays.

Aujourd'hui, il faut un mouvement élargi, avec des revendications qui s'attaqueront aux causes du phénomène social des dépendances. Les membres du KKE et de la KNE doivent être à l’avant-garde de ce mouvement et élargir l’action du Conseil national contre les stupéfiants (ESYN). Nous devons intensifier notre action au sein des associations de parents, des associations d'enseignants, des syndicats, ainsi que des associations sportives et culturelles, sur le front contre la toxicomanie.

En tant que Parti, nous devons approfondir notre réflexion et définir un cadre de lutte et de revendications concernant les conséquences des dépendances comportementales (Internet, réseaux sociaux, jeux de hasard) sur la formation de la conscience et de l'action chez les jeunes, ainsi que sur la manière dont se développe une perception de tolérance chez les personnes qui en font un usage occasionnel, voire pas du tout, ce qui a un effet multiplicateur et pèse négativement sur la familiarisation avec ces pratiques. Nous devons lutter contre la théorie dangereuse et désorientante du droit au libre choix des dépendances en tant qu’« autodétermination corporelle».

LES ΤÂCHES JUSQU’AU 23e CONGRÈS

  1. Accélérer l'étude et la rédaction de l'Essai d'histoire du KKE pour la période 1974-1991.
  2. Une conférence nationale ou une session élargie du Comité central doit être convoquée pour aborder le travail du Parti auprès de la jeunesse, son mouvement et le soutien global apporté à la KNE.
  3. En s'appuyant sur les nombreux documents théoriques, historiques et didactiques élaborés au cours des années précédentes, il convient d'actualiser le plan visant à assimiler et à promouvoir de manière autonome les positions fondamentales du Programme, telles que la nécessité de la révolution socialiste, l'importance de concentrer les forces pour sa réalisation et les lois de la construction socialiste, afin d'orienter le travail idéologique au sein des organes du Parti et des cellules. L'accent devrait être mis sur le renforcement de la capacité à affronter de manière critique l'idée de l'«humanisation du système», à savoir l'idée que le capitalisme peut être géré de manière favorable au peuple. Il convient également de prêter attention au type de mouvement nécessaire pour que la classe ouvrière prévalent véritablement, ainsi qu'aux conditions requises pour résister au rapport négatif actuel de forces lorsque des résultats positifs immédiats ne sont pas évidents.
  4. L’achèvement de la dernière partie de l'étude sur la stratification des classes, comprenant une analyse détaillée par région, les questions urgentes de la lutte en cours et des conclusions approfondies pour la planification de la lutte des classes.
  5. Une tâche de recherche distincte, réalisée avec la contribution des sections et organisations concernées, consiste à assurer le suivi, l'analyse, la généralisation et la prévision continus de tous les aspects liés au développement de la guerre impérialiste et au virage vers une économie de guerre. Il s'agit là d'une priorité absolue pour soutenir la préparation adéquate du Parti, pour intervenir et pour contribuer à l'effort de regroupement du Mouvement Communiste International.
  6. Les Conférences Scientifiques sur la littérature organisées par le Comité Central doivent se poursuivre.
  7. Dans le cadre de l'effort de recherche pour l'étude de la construction socialiste au cours du 20e siècle, sur la base des travaux antérieurs (publications, colloque du Comité central, etc.), en particulier en ce qui concerne la superstructure et l'État socialiste:
  • La deuxième partie de l'étude sur les changements apportés à la Constitution soviétique, y compris ses conclusions, doit être achevée et publiée. La recherche devrait également être élargie afin d'intégrer l'expérience correspondante de la République démocratique allemande.
  • La traduction et la publication d'ouvrages clés, ainsi que les efforts visant à présenter de manière critique le débat sur le Droit et, plus largement, sur la construction socialiste en Union soviétique, devraient être poursuivis.
  • L'étude des démocraties populaires établies après la Seconde Guerre mondiale, ainsi que du parcours de l'Internationale communiste, devrait se poursuivre.
  • Une étude devrait être conçue sur la révolution, la construction socialiste et le parcours de la restauration capitaliste en Chine. Les développements à Cuba doivent également être étudiés.
  1. En s'appuyant sur les études spécifiques menées ces dernières années sur les aspects clés du système impérialiste international contemporain (développement des forces productives – intelligence artificielle, économie de guerre et crise capitaliste, contradictions intra-impérialistes et expansion de la guerre impérialiste, État bourgeois contemporain, etc.), une étude approfondie sur l'impérialisme au 21e siècle devrait être réalisée. Cette étude adoptera une approche holistique pour examiner les changements contemporains dans les conditions matérielles et les conditions de vie et de travail de la classe ouvrière, ainsi que leur impact sur la formation de la conscience de classe. Le suivi de la préoccupation de la bourgeoisie aux États-Unis et dans les États membres de l’UE concernant la diminution de la population active et les répercussions des évolutions démographiques sur la compétitivité sur le marché capitaliste mondial y est étroitement lié.
  2. En tirant parti de l'expérience antérieure, fragmentaire mais positive, il convient de renforcer et de stabiliser la coopération intersectorielle sur des questions fondamentales telles que:
  • La prévision et l'étude des nouveaux problèmes et conséquences de l'intégration de l'intelligence artificielle dans la vie économique et sociale. L'effort de généralisation philosophique des réalisations scientifiques, d'élaboration de notre ligne, ainsi que d'adaptation nécessaire pour la lutte dans les universités et les centres de recherche, mais aussi dans le mouvement. Immédiatement après le 22e Congrès, une session du Comité central sur les questions liées à l'intelligence artificielle doit être programmée.
  • Le soutien à la KNE mais aussi à l’ensemble du Parti dans la lutte contre l’idéalisme subjectif sous toutes ses formes, c’est-à-dire contre le révisionnisme historique, la revendication de droits au niveau individuel et l'auto-détermination du genre et de l'identité, conformément à l'agenda euro-atlantique sur l'inclusion et les identités multiples. De même, le soutien à la KNE dans l'étude du mode de vie de la jeunesse actuelle, notamment l'utilisation excessive d'Internet et des réseaux sociaux, ainsi que des positions réactionnaires ou prétendument contre le pouvoir véhiculées par les arts. La mise en avant des principes et des valeurs communistes et de l'importance de l'éducation communiste en opposition aux modèles bourgeois de vie des jeunes.
  • L'étude du Parti communiste dans les conditions contemporaines, combinée à un examen plus approfondi des causes du recul à long terme du mouvement ouvrier révolutionnaire par rapport aux possibilités accrues du système bourgeois de coopter la classe ouvrière. Un effort global pour renforcer la lutte idéologique et politique sur les questions concernant la superstructure bourgeoise dans les conditions actuelles.
  • La critique de la politique bourgeoise à l’égard de la violence et de la délinquance juvénile.
  • L'amélioration du travail intersectoriel pour notre intervention dans les régions et les municipalités.
  • Notre intervention sur la question démographique et la confrontation avec la politique bourgeoise.
  • Les méthodes d'enseignement dans l'enseignement primaire et secondaire tant au niveau général que par discipline spécifique.
  • l'aide globale à la KNE pour renforcer le débat, de manière régulière, dans les universités, autour du thème«contenu des études – idéologie –économie – travail».
  • La confrontation avec les nouvelles mesures gouvernementales concernant l’école et le«diplôme de fin d’études national», en mettant en avant la proposition du Parti pour une école adaptée aux besoins et aux possibilités contemporaines.
  • La lutte contre les expressions contemporaines de la théorie selon laquelle«le patriarcat est une source de violence contre les femmes et un frein à leur participation à de nouveaux domaines professionnels, aux organes de direction, etc.»  Le front idéologique sur l'inégalité des femmes, son caractère de classe et les nouveaux besoins contemporains des femmes d'un point de vue de classe ne doit pas seulement concerner le mouvement révolutionnaire des femmes, l'OGE et son encadrement, mais aussi se traduire par un renforcement de la coopération des femmes avec les autres mouvements sociaux, notamment le mouvement ouvrier.
  • L'intensification de la lutte idéologique, par une intervention sur les questions d'histoire, de culture et d'idéologie des médias bourgeois, en s'appuyant sur des universitaires et des scientifiques qui se rangent aux côtés du Parti.

EPILOGUE

Face aux tempêtes qui s’annoncent, dans un monde en feu, nous pouvons répondre, avec un KKE fort, solide face à toutes les épreuves, prêt à répondre à l’appel de l’Histoire, pour le socialisme. Par nos actions et notre attitude au quotidien, nous pouvons faire notre petit apport révolutionnaire, vers le 110e anniversaire de la fondation de notre Parti héroïque.

Pour la libération définitive de la classe ouvrière et de l'ensemble du peuple travailleur, de tous ceux qui créent la dignité matérielle et spirituelle de l'humanité. Pour parvenir ainsi à la société communiste de l’harmonie selon le principe  « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ». D’ailleurs, la réalité même de l’évolution de la société crée les conditions et s’oriente dans cette direction.

C'est à cet objectif infini mais tout à fait concret d'un point de vue historique que vise objectivement la lutte actuelle et le « mode de vie révolutionnaire organisé » des communistes ; c'est sur ces fondements que reposent également les Résolutions de notre 22e Congrès.

Avec ces décisions et notre programme, nous nous adressons aux ouvriers et aux travailleurs des secteurs privé et public, aux travailleurs indépendants, aux scientifiques, aux agriculteurs qui luttent pour leur survie, aux retraités, aux jeunes, aux étudiants, aux élèves, aux femmes, aux immigrés, à l’ensemble du peuple travailleur, quelle que soit leur origine, leur sexe, leur orientation sexuelle, leur couleur de peau ou leur religion, pour qu'ils se rangent aux côtés du KKE pour le renversement révolutionnaire de la barbarie capitaliste, pour le socialisme.

 

 

Le 22e Congrès du KKE

31 janvier 2026