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22e Congrès du KKE

Date:
déc. 2, 2025
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CHAPITRE PREMIER - LE PARTI EN GRÈCE, EN EUROPE, DANS LE MONDE : AGIR DANS DES CONDITIONS DOMINEEES D'UN RAPPORT DE FORCES GLOBALEMENT DÉFAVORABLE, TOUJOURS DANS LA LUTTE POUR LE RENVERSEMENT DU CAPITALISME

A. LA RÉALITÉ INTERNATIONALE ACTUELLE

1. Bilan global de la situation actuelle

2. Développement inégal et exacerbation des antagonismes

3. Le cours suivi par l'UE et la zone euro

4. La guerre impérialiste en Ukraine,  les prises de position du KKE sur les causes de la guerre  et sa nature, le risque de généralisation 

5. La guerre impérialiste au Moyen-Orient, les objectifs d'Israël, des États-Unis et de l'OTAN, le génocide du peuple palestinien, la solidarité internationaliste et le soutien à sa juste lutte

6. Autres foyers importants de conflits et de tensions aujourd'hui

7. Orientations stratégiques de l'OTAN et de l'UE

8. La prise de position du Mouvement communiste international face aux guerres impérialistes

A. LA RÉALITÉ INTERNATIONALE ACTUELLE

1. Bilan global de la situation actuelle

Trente-cinq ans après les renversements à caractère contre-révolutionnaires qui ont abouti à la restauration du capitalisme, le rapport de force dans la lutte des classes reste négatif à l'échelle mondiale, malgré les problèmes du capitalisme et l'exacerbation de ses contradictions.Le pouvoir capitaliste est parvenu à intégrer non seulement des segments de la classe ouvrière, du mouvement syndical ouvrier et des couches populaires moyennes, mais aussi des Partis Communistes. Cependant, l’évolution des choses par elle-même démontre de plus en plus qu’il s’agit d’un système vieilli, pourri, désormais dépassé historiquement.

Au cours de la période que nous examinons depuis le 21e Congrès du Parti, le fossé s'est creusé entre la richesse concentrée dans les groupes monopolistiques et la pauvreté relative et absolue subie par la grande majorité des travailleurs.

Entre les mains du capital, les nouvelles possibilités technologiques, la transformation numérique et l'Intelligence Artificielle, au lieu d'être mises à profit pour satisfaire pleinement les besoins sociaux qui s'élargissent, servent à augmenter la rentabilité et la concentration du capital, à accroître le degré d'exploitation, à réprimer et à manipuler la classe ouvrière et plus généralement le peuple. Leur exploitation capitaliste conduit à l'aggravation des contradictions du système capitaliste lui-même.

Le fait que la pauvreté relative et absolue et le chômage de longue durée s'aggravent, ainsi que le fait que l'on renonce à exploiter les possibilités scientifiques et technologiques modernes pour protéger la santé de la population, pour répondre à ses besoins éducatifs,  et pour la protection de l'environnement, sont autant d'éléments qui montrent que le conflit fondamental entre le capital et le travail s'intensifie, tout comme l'ensemble des contradictions sociales dans le cadre du système capitaliste.

Le ralentissement de l'économie internationale au cours des trois dernières années, par rapport à la moyenne à long terme de la période 2000-2019, met en évidence l'ampleur importante du capital suraccumulé, qui ne peut être recapitalisé, investi, tout en garantissant un taux de profit satisfaisant. La récession dans l'économie de la zone euro, en particulier en Allemagne, mais aussi au Japon en Asie, le ralentissement marginal aux États-Unis, la diminution de la dynamique de croissance de la Chine et de l'Inde constituent des aspects caractéristiques de la situation réelle de l'économie capitaliste internationale.

La suraccumulation du capital et la manifestation de la crise sont générées périodiquement du fait du fonctionnement normal de l'économie capitaliste. Elles ne constituent pas une déviation de celle-ci, comme veulent la présenter les analyses bourgeoises. Elles naissent de la contradiction qui existe au cœur du fonctionnement du système capitaliste dans la sphère de la production.

La période précédente a également démontré, une fois de plus, qu'aucune proposition de gestion bourgeoise, qu'elle soit keynésienne ou néolibérale, aucune politique budgétaire et monétaire expansionniste ou restrictive, ne peut annuler les lois de la production capitaliste, la contradiction entre le caractère social de la production et l'appropriation capitaliste de ses résultats, qui constitue la contradiction fondamentale du mode de production capitaliste et la cause principale de ses crises économiques.

Toutes les options de gestion dont dispose la classe bourgeoise (comme l'augmentation puis la diminution des taux d'intérêt par les Banques Centrales des centres impérialistes, les vastes plans de soutien public pour la « transition verte ») ont été à nouveau testées, et il a été confirmé, une fois de plus, qu'elles ne font qu'atténuer superficiellement les contradictions, sans pouvoir résoudre les contradictions inhérentes au système capitaliste qui prennent de l’ampleur.

Dans ce contexte, et compte tenu de l'exacerbation des antagonismes intra-impérialistes, on assiste à un tournant vers l'économie de guerre et à des préparatifs en vue d'une guerre impérialiste à grande échelle,avec pour objectif, d'une part, de repousser dans le temps l'éclatement de la prochaine grande crise capitaliste par le biais des investissements dans l'économie de guerre, et d'autre part, de créer les conditions d'une dépréciation et d'une destruction massive, relativement contrôlée, du capital dans les différents foyers de guerre. Ce tournant s'accompagne d'une augmentation du degré d'exploitation des travailleurs, d'une réduction des dépenses de politique sociale et d'un renforcement de l'autoritarisme et de la répression dans tous les centres impérialistes.

Il est prouvé, une fois de plus, qu'il n'existe aucun crime que le grand capital hésiterait à commettre afin de préserver son pouvoir et d'accroître ses profits.

Pour les mêmes raisons, alors qu'il intensifie son offensive contre les revenus et les droits des travailleurs en période de paix impérialiste, il prépare à entraîner les peuples sur le terrain des confrontations guerrières.

L'ensemble de ces développements confirme que le capitalisme est un système historiquement dépassé. Il montre que la seule issue progressiste pour notre époque est le passage révolutionnaire au socialisme-communisme.

2. Développement inégal et exacerbation des antagonismes

Le développement inégal influence l'évolution du rapport de forces et exacerbe les antagonismes entre les alliances impérialistes, à l'intérieur des alliances actuelles ainsi que la concurrence intra-bourgeoise au sein des États capitalistes.

La concurrence impérialiste pour le contrôle des richesses minérales, des sources d'énergie, des terres fertiles, des ressources en eau, des voies de transport de l'énergie et des marchandises, ainsi que pour la sécurisation des appuis géopolitiques et parts de marché est déjà à l'origine de deux guerres impérialistes régionales, en Ukraine et au Moyen-Orient, dans lesquelles un grand nombre d'États capitalistes de la planète sont impliqués d'une manière ou d'une autre. En outre, il existe des dizaines de conflits latents sur tous les continents, qui font couler le sang des peuplesau profit des monopoles et des classes bourgeoises. Des alliances impérialistes se forment et se reforment, mais les contradictions dans leurs rangs même s'exacerbent. 

Un élément clé du bras de fer qui se joue au niveau international est la remise en cause de la primauté des États-Unis et du bloc des forces de l'OTAN et de l'UE au sein du système impérialiste international.

Face à l'alliance euro-atlantique émerge l'alliance eurasienne en cours de formation, dont les forces principales sont, d'une part, la Chine , qui revendique la primauté des États-Unis dans le système impérialiste international, et la Russie, qui demeure la deuxième puissante force militaire. Cette alliance, malgré les différentes formes qu'elle prend, est moins « cristallisée » que l'alliance euro-atlantique (États-Unis - OTAN - UE), en raison des contradictions qui existent en son sein et des entraves posées par l'alliance euro-atlantique.   

Les États-Unis, qui maintiennent encore leur position dominante, tentent de freiner la tendance au changement des rapports de force au profit de la Chine. Cette tendance se reflète dans divers éléments, tels que le recul de la part des États-Unis et l'augmentation correspondante significative de la part de la Chine dans le produit mondial (PIB mondial) entre 2000 et 2025, la différence importante entre les taux de croissance des États-Unis et de la Chine, le déficit commercial important des États-Unis dans leurs échanges bilatéraux avec la Chine et l'UE, et l'augmentation spectaculaire de la dette publique américaine. Les agences internationales de notation financière ont déjà dégradé la note de crédit des États-Unis.

Dans ce climat, la nouvelle administration Trump renforce considérablement les mesures protectionnistes des gouvernements américains précédents, en augmentant les droits de douane et en menaçant d'intensifier la guerre commerciale, même contre ses alliés du camp euro-atlantique. Elle abandonne ses engagements internationaux en matière de « transition verte » et renforce l'exploitation des gisements d'hydrocarbures. Il facilite une dépréciation relative du dollar afin de renforcer les exportations américaines et augmente la pression sur la Chine, dans le but, d'une part, d'empêcher cette dernière d'étendre son influence et, d'autre part, de renforcer les flux de capitaux vers les États-Unis.

Les États-Unis tentent de saper l'influence exercée par la Chine sur l'alliance BRICS en cours de formation, par le biais de discussions et de négociations spécifiques avec la Russie et l'Inde, mais aussi d'affaiblir le projet chinois de « Route de la soie » de la Chine, qui vise à multiplier ses liens économiques avec les États d'Asie et d'Europe.

La politique américaine exacerbe les contradictions au sein du camp euro-atlantique et conduit à une détérioration de ses relations avec l'UE, le Canada et l'Australie. Elle exacerbe également les contradictions intra-bourgeoises au sein même des États-Unis, contradictions qui se reflètent dans les processus qui se déroulent au sein du système politique bourgeois. Elle augmente les chances d'un affaiblissement du dollar en tant que monnaie internationale. Elle a un impact négatif sur le commerce international et renforce la tendance au ralentissement de l'économie capitaliste internationale.

En parallèle, la Chine a pris une série de mesures pour faire face à la pression exercée par la politique protectionniste des États-Unis. Elle a réduit la dépendance de ses exportations vis-à-vis du marché américain, finance généreusement le développement des nouvelles technologies nationales ainsi que la consommation intérieure. Elle tire parti de sa position privilégiée dans la production industrielle et les chaînes d'approvisionnement, et en particulier dans le contrôle des gisements de terres rares qui jouent un rôle important dans des secteurs clés aux États-Unis et dans l'UE, tels que l'industrie automobile, l'industrie militaire et l'aéronautique. Elle renforce, d'une part, son alliance stratégique avec la Russie et, d'autre part, la dynamique des BRICS, qui comptent désormais 10 États membres et 10 autres États partenaires. C'est pourquoi l'administration américaine, malgré ses déclarations belliqueuses en faveur d'une guerre commerciale, est contrainte de faire des compromis temporaires et de conclure des accords avec la Chine.

La République populaire de Chine est aujourd'hui l'exemple le plus frappant d'une restauration capitaliste dirigée par un parti communiste qui s'est intégré au pouvoir capitaliste, profitant de sa capacité à intervenir à grande échelle dans l'économie, ce qui cependant, n'a en rien réduit les inégalités sociales et l'exploitation de classe en Chine, comme c'est le cas dans tout le monde capitaliste.

Les BRICS devancent désormais largement les G7 en termes de part au PIB mondial et de main-d'œuvre. Ils sont parvenus à mettre en place une Banque de développement (NDB) et un Fonds commun d'urgence (CRA), et avancent pour renforcer leurs échanges bilatéraux sur la base de leurs monnaies nationales et non du dollar. mais leur structure reste lâche, sans engagements fermes et avec des antagonismes internes (notamment entre la Chine et l'Inde).

L'exacerbation des antagonismes intra-impérialistes pourrait aggraver les fissures existantes à l'intérieur de l'axe euro-atlantique au cours des prochaines années. On enregistre déjà des différends importants et des divergences croissantes quant à l'attitude à adopter face à la guerre en Ukraine et, plus généralement, à l'égard de la Russie, de la Chine, des droits de douane, des dépenses militaires et de la « transition verte ». 

L'UE perd du terrain et voit sa position dans la concurrence internationale se détériorer par rapport aux États-Unis et à la Chine. 

Dans ces conditions, les moyens diplomatiques ont de moins en moins d'importance pour les États bourgeois et la priorité est donnée aux guerres commerciales et économiques ainsi qu'à la préparation militaire. On observe une tendance générale vers ce qu'on appelle l'économie de guerre.

3. Le cours suivi par l'UE et la zone euro

Au cours des trois dernières années, l'économie de la zone euro a connu une relative stagnation, avec un taux de croissance ne dépassant pas 0,5 %. Les prévisions les plus optimistes font état d'une possibilité d'atteindre 1,1 % en 2025. 

On constate un recul de la compétitivité de l'UE par rapport aux États-Unis et à la Chine, qui est dû à une série de raisons : le coût plus élevé de l'énergie, le retard dans les domaines de la transformation numérique et de l'intelligence artificielle et, plus généralement, dans les nouvelles technologies, son degré d'ouverture plus élevé, qui la rend plus vulnérable à la guerre commerciale, sa forte dépendance à l'égard des importations de matières premières essentielles (par exemple, les terres rares).

L'escalade potentielle de la guerre commerciale par le gouvernement américain, combinée à la hausse relative de l'euro par rapport au dollar et aux prix comparativement plus élevés de l'énergie, aura un impact négatif sur les exportations de marchandises de la zone euro.

Dans ce contexte, les contradictions intra-bourgeoises s'accentuent au sein des États membres de l'UE (par exemple en France, en Allemagne, aux Pays-Bas) et entre les États en raison de la différenciation objective de leur situation budgétaire, des conséquences divergentes de la mise en œuvre de la « transition verte » et du passage à une économie de guerre, de la gestion des flux migratoires, et, plus généralement, en raison de l'impact du développement capitaliste asymétrique. Neuf États membres de l'UE dépassent déjà les limites budgétaires (par exemple, la France, l'Italie et la Belgique). Les divergences concernent également l'attitude à l'égard de la politique de Trump, mais aussi à l'égard de la Russie et de la Chine (par exemple, la Hongrie, la Slovaquie, la Pologne).

Dans tous les cas, l'UE est en train de devenir encore plus réactive. La mise en œuvre des orientations de l'UE implique une intensification des attaques contre les revenus et les droits des citoyens, une généralisation des relations de travail précaires et un relèvement de l'âge de la retraite, de nouvelles coupes dans les dépenses sociales (par exemple dans le domaine de la santé) et une augmentation de la paupérisation relative et absolue des travailleurs

Simultanément, les dirigeants de l'UE et de la BCE présentent l'escalade de la guerre commerciale avec les États-Unis comme une occasion d'accélérer les efforts visant à garantir « l'autonomie stratégique de l'UE ». Plus précisément, l'UE tente d'améliorer la place de l'euro en tant que monnaie internationale, d'inverser les flux de capitaux (des États-Unis vers l'UE) et d'élargir ses alliances internationales.

C'est dans ce contexte que s'inscrit le tournant vers l'économie de guerre et vers le renforcement des capacités militaires de l'UE. Ce tournant s'accompagne d'une augmentation et d'une redistribution importantes des financements communautaires afin de réorienter de nombreux secteurs de l'économie et de la recherche scientifique vers l'économie de guerre (projet « ReArm Europe » qui prévoit la mobilisation de 800 milliards d'euros, l'instrument financier SAFE, etc.).

Bien sûr, le tournant vers une économie de guerre comporte des contradictions, car, en raison de la position adoptée par l'UE à l'égard des conflits interimpérialistes et du fait que la grande majorité de ses États membres sont également membres de l'OTAN (à l'exception de l'Irlande, de Chypre et de Malte), cela conduit à l'achat de systèmes d'armement américains et au renforcement de l'industrie militaire des États-Unis. Parallèlement, ce tournant exacerbe les contradictions sur la nouvelle répartition des fonds communautaires (par exemple pour le secteur agricole, pour la « transition verte »), ainsi que sur le mode de financement (par exemple les formes d'emprunt commun) et leur répartition.  

4. La guerre impérialiste en Ukraine, les prises de position du KKE sur les causes de la guerre et sa nature, le risque de généralisation

Notre parti a très tôt mis en évidence le caractère impérialiste de la guerre en Ukraine, de part et d'autre. Il a souligné que le peuple ukrainien paie le prix des rivalités et des interventions de l'OTAN et de l'UE, qui soutiennent le gouvernement Zelensky, d'une part, et de la Russie capitaliste, d'autre part.  Il s'agit de l'aboutissement d'un processus qui a commencé avec le renversement du socialisme et s'est intensifié au cours des dix dernières années au moins, à la suite des événements notoires de la place Maïdan, soutenus par une partie des forces bourgeoises ukrainiennes ainsi que par l'UE, l'OTAN et d'autres États capitalistes, et qui ont conduit au renversement par un coup d'État du gouvernement ukrainien et à des attaques contre  les communistes, les populations russophones d'Ukraine et à l'interdiction de tous les partis politiques qui ne soutiennent pas l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN et à l'UE.

Le KKE a montré au peuple comment le « combustible » de la guerre s'était accumulé. Il a mis en évidence les responsabilités des classes bourgeoises de toutes les forces impliquées, rejetant leurs prétextes, apportant des réponses à la falsification anticommuniste et antisoviétique de l'histoire, à laquelle se livrent les deux camps. Il a souligné la nécessité d'une lutte commune des peuples et s'est opposé à l'implication multiforme de la Grèce dans la guerre, une implication dont la responsabilité incombe au gouvernement de la Nouvelle Démocratie (ND) et à tous les partis euro-atlantistes.

En trois ans et demi de cette guerre, des centaines de milliers d'Ukrainiens et de Russes des deux côtés ont perdu la vie, principalement des jeunes issus de la classe ouvrière et des couches populaires pauvres. Environ 25 millions de personnes ont été déplacées de leur foyer. Les destructions des habitations et des infrastructures publiques sont immenses, et sur ces ruines, des États capitalistes et des monopoles rivalisent pour la "reconstruction" de l'Ukraine en tant qu'"opportunité d'investissement", ce qui coûtera des centaines de milliards d'euros et sera payé cher par le peuple.

La classe bourgeoise russe a réussi à s'emparer de 20 % du territoire ukrainien et cherche à intégrer l'Ukraine, d'une manière ou d'une autre, dans ses propres alliances impérialistes, en empêchant son adhésion à l'OTAN et à l'UE. L'objectif intermédiaire actuellement poursuivi par les dirigeants russes est la démilitarisation de l'Ukraine et sa non-adhésion à l'OTAN, accompagnée de la reconnaissance de la perte des territoires conquis par la Russie sur les champs de bataille.

La classe bourgeoise ukrainienne et ses alliés euro-atlantiques cherchent à obtenir le retrait de la Russie de tous les territoires ukrainiens, en prônant une participation plus importante de l'OTAN à la guerre et le rattachement parallèle de l'Ukraine à cette organisation.

La présidence américaine de Trump se positionne en faveur du règlement du conflit, sans que ses causes ne soient résolues, mais en construisant une « paix » temporaire, qui offrirait un terrain aux monopoles pour profiter de la reconstruction et permettrait aux États-Unis d'élargir la coopération politico-économique avec la Russie. Parallèlement, une telle perspective servirait également de « coin » dans le bloc euro-asiatique en formation, dans le cadre des efforts déployés par les États-Unis pour concentrer leurs forces dans leur confrontation avec la Chine et de rééquilibrer les rapports de force mondiaux qui régissent les relations inégales d'interdépendance dans la « pyramide » impérialiste. Il s'agit d'un rééquilibrage qui, selon le plan des États-Unis, devrait conduire à un renversement de la tendance actuelle à la diminution de leur puissance.

Certains cercles dominants de l'UE réagissent à ce projet, estimant que leurs propres intérêts ne sont pas pris en compte. Certaines fractions du capital monopolistique et des classes bourgeoises d'autres pays, qui ont intérêt à la poursuite du conflit armé et de la politique de sanctions contre la Russie, s'y opposent également.  Il s'agit d'une question qui provoque une recrudescence des conflits à l'intérieur même de l'UE. 

Le fait que des contradictions et des réalignements se produisent au sein des alliances impérialistes, sur la base de l'évolution du conflit impérialiste et des rivalités impérialistes plus générales, de sorte que les ennemis d'hier deviennent des alliés et vice versa, n'a rien de paradoxal ou d'inédit, mais constitue une caractéristique commune des guerres impérialistes.

Que la guerre en Ukraine se poursuive ou qu'un accord « pacifique » provisoire soit conclu, les causes du conflit demeurent, l'escalade et le risque de généralisation guettent, les conditions d'une catastrophe humanitaire et environnementale majeure sont réunies, car les forces en conflit utilisent des armes de plus en plus modernes, sophistiquées et à plus longue portée, même dans  les combats menés à proximité de centrales nucléaires. Le risque d'une catastrophe nucléaire est exacerbé par le fait que la Russie, ainsi que des États membres de l'OTAN et de l'UE qui soutiennent l'Ukraine, tels que les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, comptent parmi les plus grandes puissances nucléaires du monde.

5. La guerre impérialiste au Moyen-Orient, les objectifs d'Israël, des États-Unis et de l'OTAN, le génocide du peuple palestinien, la solidarité internationaliste et le soutien à sa juste lutte

La machine de guerre israélienne, avec le soutien des États-Unis et de l'Union européenne, a utilisé l'attaque du Hamas comme prétexte pour lancer une opération de grande envergure dans la bande de Gaza, tuant et blessant des dizaines de milliers d'innocents, d'hommes et de femmes sans armes, de jeunes enfants, de femmes et de personnes âgées. 

Notre parti a soutenu sans faille le peuple palestinien, organisant de grandes mobilisations pour exiger la reconnaissance de l'État palestinien dans les frontières d'avant juin 1967, avec pour capitale Jérusalem-Est. Nous avons mené une lutte idéologique déterminée, rejetant le prétexte de la lutte contre le « terrorisme » ou le droit à la « légitime défense » d'Israël et autres arguments invoqués par la propagande bourgeoise dominante et soutenus par le gouvernement grec et les autres partis bourgeois, tout comme nous nous sommes opposés aux arguments utilisés par le camp qui soutient l'axe impérialiste eurasien en cours de formation.

Nous avons dénoncé et combattu l'attitude du gouvernement grec, qui refuse d'appliquer la décision unanime prise par le Parlement grec en 2015 de reconnaître l'État palestinien et « blanchit » les crimes d'Israël, mettant en œuvre la stratégie de la classe bourgeoise du pays, qui a tracé une ligne de coopération économique, politique et militaire avec Israël. Cette ligne a été inaugurée dès l'époque du gouvernement PASOK avec le Premier ministre G. Papandreou (2010-2012) , puis poursuivie par le gouvernement de coalition sous A. Samaras (ND - PASOK - DIMAR) qui a élargi les accords de coopération gréco-israéliens, tandis que le gouvernement de coalition SYRIZA - ANEL, avec Alexis Tsipras comme Premier ministre, a négocié et signé un accord de coopération en matière de défense entre la Grèce et Israël, qui a finalement été ratifié par le gouvernement ND, avec K. Mitsotakis comme Premier ministre.

Il est également important, d'un point de vue idéologique et politique, de renforcer la solidarité avec les peuples qui luttent contre les desseins impérialistes des États-Unis et de l'OTAN, comme le peuple palestinien. Le caractère impérialiste de la guerre au Moyen-Orient, le caractère bourgeois du Hamas et de l'Autorité palestinienne n'annulent pas le droit à la lutte du peuple palestinien et des autres peuples de la région qui résistent et luttent contre l'occupation étrangère et contre d'autres projets impérialistes et qui, dans le cadre de cette lutte, peuvent créer les conditions nécessaires pour se libérer définitivement de ce système d'exploitation et de guerres. La défense de la lutte et du droit des Palestiniens à obtenir leur propre patrie est une question de solidarité internationaliste, qui exige l'ouverture d'un front contre les accusations de « terrorisme » et de « terroristes » lancées par les États-Unis, l'OTAN et Israël, ainsi que contre la doctrine qui assimile toute critique à l'égard de l'État d'Israël à de l'antisémitisme.

Israël, outre les territoires palestiniens, occupe des territoires au Liban et en Syrie, ce qui lui permet notamment de contrôler et d'exploiter de manière privilégiée une grande partie des ressources en eau de la région.

Il vise à imposer à la région un plan plus large, soit par des accords économiques de type « Abraham », soit par le « fouet » de l'agressivité militaire, afin de faire d'Israël une puissance majeure dans toute la région de la Méditerranée orientale et du Moyen-Orient, conformément aux objectifs de la classe bourgeoise israélienne et aux intérêts des États-Unis. Cette ambition s'inscrit dans le cadre de la création de la « route commerciale indienne », qui passera par les ports israéliens, atteindra la Grèce en Europe et facilitera les projets des États-Unis visant à rallier complètement l'Inde à leur cause dans le cadre de leur concurrence avec la Chine et l'Iran.

D'autres puissances régionales (Iran, Turquie), qui se font passer pour les « protecteurs » du peuple palestinien, ont leurs propres plans, comme la revendication d'une portion du « gâteau » des routes de transport de marchandises et d'énergie entre l'Asie et l'Europe.

Des intérêts similaires du capital se cachent également derrière la position des autres classes bourgeoises de la région (Égypte, Arabie saoudite, Émirats, Qatar, etc.).

La rivalité entre ces puissances a conduit à des affrontements entre Israël et l'Iran - Yémen, à l'invasion israélienne du Liban et à l'occupation de son territoire, ainsi qu'au renversement du régime d'Assad en Syrie par les djihadistes, formés et équipés par la Turquie. La question kurde, que tant Israël que la Turquie tentent d'exploiter à des fins différentes, est également impliquée dans toute cette évolution. Cette dernière renforce sa présence en Syrie et poursuit les actions agressives de sa classe bourgeoise avec le véhicule du « néo-ottomanisme ».

L'intervention des États-Unis dans la région reste forte. Ceux-ci, soutenant Israël et les monarchies du Golfe, cherchent à régler tant le conflit entre Israël et de la Turquie en Syrie que de la question du programme nucléaire iranien, en « instrumentalisant » à leur tour la question kurde pour servir leurs propres objectifs.

Toutes ces données montrent que la région reste un « terrain instable » pour les rivalités impérialistes et que les conditions sont réunies pour une nouvelle escalade de la guerre au Moyen-Orient et dans l'ensemble de la région. C'est dans ce sens qu'ont évolué l'attaque aérienne et balistique planifiée par Israël contre l'Iran le 13 juin 2025, puis celle des États-Unis, qui ont utilisé le 22 juin 2025 des bombardiers lourds et des bombes à forte puissance contre l'Iran, sous prétexte de son programme nucléaire, mais avec pour objectif réel de promouvoir le projet du « Nouveau Moyen-Orient » et d'exercer un contrôle étouffant sur l'ensemble de la région.

6. Autres foyers importants de conflits et de tensions aujourd'hui

La région de l'océan Indien et de l'océan Pacifique, la mer de Chine méridionale, qui est une artère maritime importante par laquelle transite un tiers du trafic maritime, et le détroit de Taiwan sont aujourd'hui les zones sur lesquelles se concentre l'attention des États-Unis dans le cadre de leur concurrence avec la Chine et constituent un foyer de tension majeur.  

Les routes maritimes du Panama et du Groenland, ainsi que l'Arctique, constituent également des foyers de tension. 

Le conflit entre le Pakistan et l'Inde, deux pays dotés d'un arsenal nucléaire, prend également de l'ampleur.

Tout près de la Grèce, deux conflits armés civils font rage, en Libye et au Soudan, qui ont coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes et rendu la vie incroyablement difficile à des millions d'autres. Ces conflits impliquent les classes bourgeoises des pays capitalistes voisins et limitrophes, ainsi que des puissances impérialistes plus fortes. L'enjeu ici aussi est le partage des richesses minérales (p. ex. pétrole, uranium, or), des voies de transport des marchandises (par exemple, les ports), des avant-postes militaires (par exemple, les bases militaires étrangères), tandis que dans le conflit au Soudan, le contrôle des eaux du Nil est également un élément important.

Aucune région n'échappe à la concurrence acharnée, comme le montrent les actions de Trump à l'égard du Canada, au Mexique, au Panama et au Venezuela, alors que ce dernier avance des revendications territoriales au détriment de la Guyane pour la région pétrolifère d'Esequibo.  

Dans les Balkans et dans le Caucase, les antagonismes entre les classes bourgeoises s'intensifient, avec l'implication d'États impérialistes plus puissants, qui pourraient entraîner des effusions de sang parmi les différents peuples.

7. Orientations stratégiques de l'OTAN et de l'UE

La stratégie de l'OTAN reflète l'intensification des rivalités entre les États-Unis et la Chine  et entre les États-Unis et la Russie, ainsi que les contraintes liées à la guerre en Ukraine. La conception stratégique OTAN-2030 est mise en œuvre. Elle prévoit la constitution d'unités militaires multinationales prêtes au combat,  la modernisation de l'arsenal conventionnel et nucléaire, la refonte de son action dans le sens de la constitution d'une « OTAN mondiale » capable d'intervenir partout dans le monde. Ses relations avec le Japon, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud et l'Inde se renforcent. L'aile sud-est de l'OTAN (Méditerranée, Moyen-Orient, Afrique du Nord, etc.) et les « relations de partenariat » avec les États de ces régions s'étendent, alors que la « mobilité » en matière de transport des forces et des armes de l'OTAN vers les fronts de guerre ou potentiellement de guerre est mise à niveau.

Les éléments clés de sa stratégie sont les suivants :

  • L'élargissement de l'OTAN (la Macédoine du Nord, la Finlande et la Suède ont déjà adhéré), le soutien politico-militaire à l'Ukraine, l’effort pour l'intégration de la Géorgie et de la Moldavie.
  • L'augmentation des dépenses militaires (à 3 %, puis à 5 % du PIB des États membres) et l'accélération de la production militaire, le renforcement de l'« interopérabilité » et la sécurisation des chaînes d'approvisionnement critiques.
  • La modernisation de l'infrastructure nucléaire dans le cadre de la doctrine de la « première frappe nucléaire ».

L'UE, pour répondre aux besoins et aux intérêts des monopoles européens face à la concurrence capitaliste internationale et pour renforcer sa place dans le système impérialiste mondial, agit en collaboration avec l'OTAN et les États-Unis, mais aussi de manière indépendante, dans les guerres et les interventions impérialistes. Sur la base de la « politique étrangère et de sécurité commune » (PESC) et de la « politique de sécurité et de défense commune » (PSDC), elle procède à la mise en place de missions et d'opérations militaires et non militaires dans de nombreuses régions de la planète. Dans un climat de contradictions internes, les bases de la stratégie dite d'autonomie sont jetées, ajoutant de nouvelles armes à l'arsenal de l'Union européenne.

D'une manière ou d'une autre, l'élément central de cette période est le réorientation de l'économie capitaliste européenne vers la guerre, l'économie de guerre, et, dans ce contexte, le renforcement de l'industrie de guerre. Le basculement des subventions de l'UE de la « croissance verte » vers l'industrie de guerre est déterminant, un basculement lié à la fois aux limites de la « croissance verte » en tant que domaine d'évacuation de la suraccumulation de capital et à la préparation d'un engagement militaire imminent. Il convient de noter que ce basculement ne signifie bien sûr en aucun cas « l'abandon » de la politique de « croissance verte », mais principalement un recentrage des subventions et des investissements dans la période à venir. Dans le cadre de l'économie de guerre et des préparatifs pour la guerre, on assiste, entre autres, à la mise en œuvre du « Livre blanc » qui comprend le règlement Safe de l'UE, prévoyant des prêts de 150 milliards d'euros au profit de l'industrie de guerre dans les États membres et les pays tiers, créant ainsi un nouveau champ de concurrence qui a également un impact sur les relations entre la Grèce, Chypre et la Turquie.    

8. La prise de position du Mouvement communiste international face aux guerres impérialistes

La guerre impérialiste en Ukraine a provoqué de nouvelles divisions idéologiques et politiques et a aggravé celles qui existaient déjà. Les partis communistes, qui auparavant ne voyaient l'impérialisme que dans la politique étrangère agressive des États-Unis et de certains puissants États capitalistes européens et embellissaient le rôle d'autres États capitalistes, voient désormais dans la Russie, la Chine et l'Iran des « forces anti-impérialistes » ou même un « axe anti-impérialiste » imaginaire.

Ces forces présentes au sein du mouvement communiste international, de manière arbitraire et antiscientifique, méconnaissent les contradictions intra-impérialistes et les rivalités qui en découlent, lesquelles constituent la cause fondamentale des guerres impérialistes. Elles estiment que, tôt ou tard, un monde « juste » et « multipolaire » se mettra en place, et certaines d'entre elles soutiennent la Chine, la Russie ou même l'Union européenne, considérant ces puissances comme des forces « pacifiques ». « pacifique » et « multipolaire » se mettra en place, et certaines d'entre elles soutiennent la Chine, la Russie ou même l'Union européenne,  considérant ces puissances comme de « nouveaux pôles » et des « rivaux redoutables » des États-Unis, identifiant ainsi les aspirations des classes bourgeoises de ces États ou unions aux intérêts de la classe ouvrière et des couches populaires de leurs pays.

Deux questions revêtent une grande importance :

a) La nature de la Chine : les partis communistes qui ne voient pas son caractère capitaliste - en raison de la place importante occupée par le secteur public dans son économie et du titre porté par le parti au pouvoir - considèrent la rivalité entre la Chine et les États-Unis pour la primauté dans le système capitaliste mondial comme un conflit entre « socialisme et capitalisme ».

b) Les partis qui ont dans leur stratégie la logique des étapes du processus révolutionnaire, qui prévoient le passage par un gouvernement prétendument populaire comme étape préalable au socialisme, et qui considèrent également le fascisme comme une « déviation de la démocratie bourgeoise » et non comme le fruit du capitalisme, sont enclins à une rhétorique « antifasciste », qui se traduit par des conceptions de « fronts antifascistes », « guerre antifasciste ». Ces idées sont exploitées par les forces et les gouvernements bourgeois afin de promouvoir leurs objectifs antipopulaires, leurs alliances politiques, voire leurs opérations militaires. Le maintien de la stratégie des étapes conduit ces partis à considérer à tort une série de gouvernements bourgeois - de tendance social-démocrate - comme « anti-impérialistes - progressistes ».

La guerre impérialiste en Ukraine a eu des répercussions sur les formes de coopération internationale auxquelles participe notre parti. La Revue Communiste Internationale (RCI) a dû passer par une phase de restructuration, tandis que l'Initiative communiste européenne (ICE), qui a été dissoute, a été remplacée par l'Action communiste européenne (ACE). La lutte idéologique et politique s'est intensifiée dans le cadre des Rencontres internationales des partis communistes et ouvriers (RICO), qui se sont tenues à La Havane (2022) et à Izmir (2023), ce qui s'est traduit dans les prises de position des partis communistes et dans des résolutions distinctes.

La situation des RIPCO est très problématique, les questions d'action commune et de solidarité ont considérablement perdu de leur importance, comme en témoignent les cas caractéristiques des questions de solidarité avec le PC du Venezuela et avec les peuples du Moyen-Orient. La situation qui se dessine menace la poursuite de ces rencontres internationales, tandis que certaines formations organisationnelles (« plateformes » et « forums ») apparues récemment, blanchissent les planifications impérialistes et cherchent à mettre le mouvement communiste au service de l'axe impérialiste eurasien en cours de formation, prenant pour exemple le Parti de la gauche européenne (KEA), qui soutient l'UE impérialiste.

Dans cette situation difficile et complexe, notre parti intervient en soutenant les partis communistes avec lesquels nous collaborons, en diffusant ses positions sur la guerre impérialiste ainsi que sur une série d'autres questions décisives, dans le but d'ouvrir le débat au sein des partis communistes et des organisations de jeunesse communistes.

À côté des partis avec lesquels nous collaborons étroitement, il existe des partis communistes, sur tous les continents, avec lesquels nous entretenons de bonnes relations, qui suivent nos travaux et apprécient positivement l'action du KKE.

Il faut :

  • Renforcer notre solidarité internationaliste contre l'agression impérialiste, contre la répression et l'anticommunisme, en apportant un soutien méthodique aux initiatives, aux luttes ouvrières et populaires, aux partis communistes en difficulté, aux syndicats et aux forces ouvrières et populaires.
  • Préserver et renforcer la coopération avec les partis communistes qui participent à l'ACE et à la RCI et élaborer un plan pour développer l'action commune et la coopération avec ces partis communistes, mais aussi avec d'autres forces communistes qui suivent positivement l'action du KKE et du KNE et s'inquiètent de la situation du mouvement communiste.
  • Défendre, dans la mesure de nos moyens, les caractéristiques communistes lors des rencontres internationales de la RIPCO, en nous préparant à toute éventualité.

En particulier, nous recherchons l'action commune et la coopération avec les partis communistes et les forces communistes qui répondent aux critères suivants :

a) Défendre le marxisme-léninisme et l'internationalisme prolétarien, la nécessité de former un pôle communiste à l'échelle internationale.

b) Ils combattent l'opportunisme, le réformisme, rejettent toute forme de gestion bourgeoise du système capitaliste, de centre-gauche ou autre, rejettent la participation ou le soutien à des gouvernements bourgeois et toute variante de la stratégie des étapes.

c) Ils défendent les lois de la révolution socialiste. Sur la base de celles-ci, ils jugent le cours de la construction socialiste, cherchent à étudier et à tirer les leçons de ses problèmes et de ses erreurs, rejettent les positions sur le « socialisme avec marché » et rejettent la logique qui nie les lois de la construction socialiste en invoquant les particularités nationales.

d) Ils condamnent la guerre impérialiste, mettent en évidence les responsabilités des classes bourgeoises des deux côtés. Ils ont un front idéologique contre les conceptions erronées de l'impérialisme, en particulier celles qui dissocient son agressivité militaire de son contenu économique, et ils ont un front contre toute alliance impérialiste. Ilsneprennentpaspartidansleconflitimpérialiste.

e) Ils développent des liens avec la classe ouvrière, tentent d'agir au sein du mouvement syndical, dans les mouvements des couches populaires des classes moyennes, cherchent à intégrer la lutte quotidienne pour les droits des travailleurs et des peuples dans une stratégie révolutionnaire moderne pour le pouvoir ouvrier.

f) Ils ne dissocient pas la lutte contre la guerre et le fascisme de la lutte contre le capitalisme, qui est précisément à l'origine de la guerre et du fascisme. Ils rejettent le faux « antifascisme » et les divers « fronts antifascistes » utilisés par les forces bourgeoises et opportunistes pour enfermer des forces populaires dans leurs plans.

Les organisations de notre parti à l'étranger contribuent largement à soutenir et à promouvoir la politique du KKE dans les pays où elles agissent et luttent. Aujourd'hui, elles peuvent contribuer de manière plus significative au développement du mouvement communiste et ouvrier. La base objective d'une telle orientation politique est le fait que les membres du KKE et de la KNE à l'étranger sont confrontés à des problèmes identiques ou similaires à ceux auxquels sont confrontées les autres forces ouvrières - populaires dans les pays où ils vivent, travaillent et étudient.

CHAPITRE QUATRIÈME - RAPPORTET NOUVELLE PLANIFICATION DU COMITÉ CENTRAL

Codification de tâches spécifiques relatives à nos prochaines élaborations jusqu'au 23e Congrès

Le Rapport du Comité Central porte sur la période entre le 21e Congrès et le 22e Congrès. Cependant, étant donné que plus de 12 ans se sont écoulés depuis la réalisation de notre 19e congrès programmatique et statutaire en 2013, nous devons étendre notre évaluation à une période plus longue.

Au cours de ces années, des progrès ont été réalisés dans le fonctionnement du Parti et dans le travail de son Comité Central. Ces progrès concernent les points suivants:

- Nous avons progressé dans notre capacité à intervenir et à guider des mouvements.

- Nous sommes devenus plus capables de rallier des forces, sur la base de la ligne de ralliement que nous avons élaborée au sein des mouvements de masse.

- Nous avons amélioré notre capacité d'intervention immédiate, tant au niveau du Parti qu'auprès des masses, lors des grands événements survenus tout au long de cette période.

- Nous avons fait de progrès dans l'élaboration de la lutte idéologique et politique, tant sur le plan général que sur des fronts et des questions spécifiques.

- Cette évolution positive se reflète dans une large mesure dans l'augmentation de notre influence électorale et syndicale ces dernières années.

- Notre action et notre intervention au sein du Mouvement Communiste International sont évaluées de manière positive, malgré les grandes difficultés auxquelles celui-ci est confronté.

Bien que nous ne sous-estimions pas les progrès réalisés, nous devons également évaluer nos points faibles et nos déficiences, et envisager la suite de manière créative, sur la base des tâches que nous avons fixées dans les décisions du 21e Congrès. Ces points faibles et ces déficiences concernent:

- L'infrastructure théorique et idéologique, ainsi que le niveau global du Parti, qui s'étend jusqu'aux cellules et à la KNE, et qui se reflète bien sûr dans la lutte idéologique de masse au sein du mouvement;

- Notre fonctionnement interne et notre travail de guidage politique, qui ne correspondent pas à la tâche stratégique du Parti, à son caractère et à l'objectif pour lequel le Parti a été fondé;

- Le niveau de guidage politique se reflète dans les cellules, à travers l'étendue et la qualité des liens que chaque cellule tisse dans son milieu d'action, le rôle que les cellules jouent dans le mouvement de masse et la lutte des classes sous toutes ses formes, ainsi que leur capacité à s'adapter à des événements soudains.

- La manière dont l'édification du Parti est préparée, sur la base des critères et des objectifs que nous avons fixés, est en effet en décalage avec l'amélioration du rôle du Parti dans le mouvement ouvrier et, plus largement, dans le mouvement populaire.

- La manière dont le rôle de guidage politique et l'aide à la KNE est exercé.

- Nous devons nous préoccuper du phénomène des«nombreuses tâches» au sein des Bureaux Régionaux et Bureaux Sectoriels, notamment en ce qui concerne la responsabilité du guidage politique simultané des Organisations et des secteurs de travail. Si l'expérience au sein du Bureau politique peut être positive, il en va autrement au sein des Comités Régionaux et Comités Sectoriels, où l'on constate un manque de constitution de comités auxiliaires chargés de promouvoir correctement le contenu du travail des différents secteurs d’activité.

-De nombreuses insuffisances et problèmes rendent difficile la progression vers la consolidation et l'éducation révolutionnaires, tout en tenant compte, bien sûr, du chemin parcouru par le Parti et de l'expérience acquise.

En conclusion, l'évaluation de l'évolution globale du Parti et de la contribution de son organe de direction suprême, le Comité Central, à cette évolution, commence par déterminer si notre travail de direction correspond au caractère révolutionnaire acquis par le Parti au niveau programmatique et statutaire. Cette question doit être constamment reconfirmée lors de chaque Congrès, en tenant compte des développements et de la généralisation de l'expérience de la lutte des classes.

Dans une certaine mesure, il existe encore un problème de compréhension, mais surtout d'assimilation créative de cette orientation et de ce critère. Il n'a pas été bien assimilé par les cadres et les membres du Parti. Fondamentalement, cela n'est pas dû à des divergences et des désaccords idéologiques globaux, mais plutôt cela est lié à la capacité de guidage politique, à la persévérance et à l'exigence nécessaires, à partir du Comité central lui-même et s'étendant proportionnellement aux organes inférieurs.

Le quotidien se limite souvent à une somme d'actions, avec un accent principal mis sur les tâches organisationnelles, sans que l'on se préoccupe suffisamment d'améliorer la capacité globale du Parti, du Comité Central aux cellules, et même de ses sympathisants, afin de garantir notre capacité à répondre aux exigences, aux possibilités, mais aussi aux difficultés auxquelles nous sommes confrontés. Notre travail quotidien doit être imprégné de l'idée que même la tâche la plus «ingrate» et la plus insignifiante est un travail révolutionnaire qui devient une pierre angulaire de la lutte globale pour renverser la barbarie capitaliste.

Les luttes quotidiennes pour obtenir certains résultats, certaines conquêtes au profit de la classe ouvrière et des couches populaires, doivent être liées plus efficacement à la confrontation de classe, à la rupture, au renversement.

Le CC a contribué à l’amélioration du niveau idéologique des cadres et des membres du Parti, condition préalable fondamentale pour renforcer la capacité du Parti dans la lutte des classes, dans la diffusion de sa politique et de son idéologie. Cependant, en particulier entre mars 2023 et juin 2024, nous avons reculé dans la mise en œuvre des systèmes de formation interne au Parti, sous la pression des élections successives (doubles élections législatives en mai et juin 2023, deux tours d'élections municipales et régionales en octobre 2023 et élections européennes en juin 2024).

Le CC a relevé les défis cruciaux qui se sont posés au cours de ces quatre années, tels que les deux grandes guerres impérialistes dans notre région, la lutte idéologique et politique multiforme en Grèce, mais aussi dans le contexte européen et du Mouvement Communiste International. Le CC a organisé de nombreuses réunions et des débats sur leurs conclusions au sein du Parti et de la KNE.

Le CC a également guidé l'ensemble du Parti avec comme objectif le développement du mouvement ouvrier et syndical, ainsi que le renversement des rapports de force négatifs au sein des organisationssyndicales de premier et de second niveau, tant dans le secteur privé que dans le secteur public. Le CC s'est également engagé dans les grandes luttes concernant le crime à Tempi, la «transition verte», l'énergie, l'inflation et la cherté de la vie, les mises aux enchères par les banques des propriétés des ménages, les catastrophes naturelles et autres.

Le CC a géré avec compétence et efficacité les finances du Parti, l'a sorti du tourbillon des mauvais choix et des graves problèmes financiers et des dettes qui s'étaient accumulés depuis la crise du Parti de 1989 - 1991 et qui nous ont alourdis jusqu'au 19e Congrès, date à laquelle a commencé la phase difficile et longue de regroupement et d'assainissement.

Le CC a fait preuve de compétence politique pour faire face aux processus en cours dans le système politique bourgeois, dans l'État bourgeois, à l'émergence et à la création de nouvelles formations politiques. Le CC a répondu aux tâches multiples et exigeantes du travail parlementaire au Parlement grec et au Parlement européen, par des interventions qui ont laissé leur empreinte, ont fourni des arguments à des milliers de travailleurs, créant des résistances, dans la mesure des possibilités et des rapports de force bien sûr, face à la désorientation, à la démagogie populiste et aux coupsmédiatiques orchestrés, faisant du Parti une référence stable en matière de discours clair et honnête, pour la défense des intérêts des travailleurs et du peuple.

Le Comité Central a utilisé de manière mesurée et efficace toutes les formes traditionnelles et modernes de propagande écrite et orale, d'éducation et d'information politiques de masse, ainsi que de diffusion de nos positions politiques, permettant ainsi à des franges plus larges du peuple de s'en approprier.

Il a également réalisé de nouveaux progrès exemplaires dans la promotion de la culture, de l'esthétique et de l'art, non seulement en améliorant le contenu des festivals «KNE-Odigitis», mais aussi en prenant d'autres mesures importantes impliquant la participation de toutes les organisations régionales du Parti et des cellules. Le Comité central a pris l'initiative d'élargir le cercle de coopération avec des artistes et des personnalités culturelles de premier plan, en organisant des événements majeurs emblématiques qui sont devenus des sujets de discussion au sein de la société grecque et qui ont marqué de manière distinctive l'intervention du Parti dans la vie culturelle du pays.

Le CC se réunissait régulièrement, une fois tous les 40 jours, tandis que le Bureau politique et le Secrétariat se réunissaient chaque semaine, ainsi que de manière extraordinaire, pour examiner des nombreuses questions lors de réunions communes. Bien que le fonctionnement collectif soit assuré, ce dernier devrait acquérir des caractéristiques supérieures d'un échange d'opinions direct et collectif lorsque des questions urgentes se posent, sous la responsabilité du Secrétaire Général et du Bureau Politique. De même, le CC devrait assurer une participation quotidienne et active de ses membres à la réflexion collective du Bureau Politique, du Secrétariat et de l'ensemble du Parti, en fonction des développements, mais aussi en fonction du rôle attribué à chacun dans son domaine d'action et dans d'autres domaines.

Dans tous ces efforts, la contribution des sections du CC a été importante pour soutenir le travail et les élaborations du BP, du CC, du groupe parlementaire, des députés européens, ainsi que des groupes du Parti au sein de l'administration locale et régionale. Les Sections du CC ont également contribué aux interventions publiques du Parti et ont aidé les organisations du Parti en participant à des événements, aux colloques, en intervenant dans des processus électoraux, etc.

Depuis le 21e congrès, la deuxième partie du troisième volume de l'Essai d'histoire du KKE a été achevé et publié. Celui-ciexamine la période de la dictature militaire de 1967 à 1974, tandis que les bases ont été jetées pour l'élaboration de l'Essai sur la période 1974-1991.

À l'occasion d'anniversaires historiques, les conclusions destravaux collectifs concernant l'histoire et la stratégie du Partiet du mouvement communiste international ont été largement diffusées (p.ex. les publications spéciales sur la campagne d'Asie Mineureet la catastrophe et sur le soulèvement de l’école Polytechnique, l’exposition sur«1944, année révolutionnaire et libératrice», la publication de documents d'archives des conférences alliées, le documentaire sur la Seconde Guerre mondiale).

Cette activité multiforme montre que le contact avec l'histoire du Parti et du mouvement communiste international offredes atouts importants pour protéger l'action pionnière dans un contexte de rapport de forces négatif mais aussi pour comprendre la stratégie révolutionnaire contemporainedu Parti. Cette orientation est facilitée par la coopération intersectorielleet la collaboration entre les Sections du Comité central et les organisations du Parti.

Il est également nécessaire de poursuivre le travail systématique d'enrichissement et de fonctionnement de l’archive historique, la contribution des organisations du Parti dans ce sens, ainsi que les recherches prévues dans d'autres archives. Ce travail alimente et continuera d'alimenter des travaux collectifs, des expositions et des monographies scientifiques consacrés aux moments clés de l'histoire de la lutte des classes, tant au niveau national qu'international.

Depuis le 21e congrès, des séries de séminaires sont également organisées pour des enseignants d'histoire de l'enseignement primaire et secondaire. Un colloque scientifique de deux jours a été organisé pour lutter contre les méthodes antiscientifiques d'étude de l'histoire et le courant bourgeois du révisionnisme historique, qui s'inscrit dans l'attaque anticommuniste. Ce courant stigmatise les périodes de lutte et de soulèvement révolutionnaire des forces ouvrières et populaires, déforme l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, promeut l'antisoviétisme et l'idéologie réactionnaire assimilant le fascisme au communisme, et identifie la violence révolutionnaire au terrorisme.

Une intervention spécialisée a été menée auprès des élèves par le biais de la publication d'ouvrages historiques à destination des enfants (Révolution de 1821, campagne et catastrophe d'Asie Mineure, Seconde Guerre mondiale, démembrement de la Yougoslavie).

Si certains progrès ont été réalisés, notamment au niveau des organes de direction, il n'en reste pas moins que les élaborations fondamentales du Parti, telles que les volumes de l'Essai d'histoire, n'ont pas été étudiées et assimilées par l'ensemble des forces du Parti et de la KNE, ni par les cadres, même au sein d'organisations telles que celles des étudiants, des enseignants et des artistes, qui sont pourtant soumis au matraquage constant de l'idéologie bourgeoise.

Dans une certaine mesure, le manque de responsables de sections ou de groupes de travail chargés des questions d'histoire dans les régions et les grandes villes dotées d'établissements universitaires d'histoire, problème soulevé lors du 21e congrès, a été résolu. L'objectif reste toutefois de garantir le fonctionnement régulier et planifié des sections et groupes de travail existants, d'alléger la charge de travail des responsables et de combler les lacunes qui subsistent.

Les visites des lieux de martyre, des monuments, des musées et des expositions organisées dans différentes régions du pays, avec la contribution décisive et substantielle du Comité des monuments et musées du Comité Central du KKE, ont largement contribué à la compréhension et à la connaissance de la vérité historique, ainsi qu'à l'éducation des membres du Parti et de la KNE, mais aussi des amis et partisans du Parti.

Entre le 21e et le 22e congrès, dans l’ensemble du Parti, la lutte idéologique a été dominée par la guerre impérialiste en Ukraine et au Moyen-Orient, ainsi que par les questions de gestion bourgeoise, avec comme points principaux le manque d'infrastructures de protection civile contre les phénomènes naturels, la sécurité des transports en commun, les soins de santé et l'éducation. Des questions telles que «croissance pour qui?», la crise économique capitaliste, la «transition verte et numérique», ainsi que la défense des revenus et des conditions de travail des travailleurs et du peuple (agriculteurs, travailleurs indépendants urbains, retraités) ont également été mises en évidence. Des thèmes liés aux questions d'actualité de la réforme du système politique bourgeois et à notre conception stratégique de la non-participation aux gouvernements dans le cadre du capitalisme ont également été abordés. Ces thèmes ont constitué les axes principaux de la lutte politique, qui concernait les cinq batailles électorales (deux élections législatives, deux tours d'élections locales et régionales, ainsi que les élections européennes).

C'est sur cette base que s'est cristallisé l'axe de la lutte idéologique et politique concernant la réforme du système politique bourgeois, la social-démocratie (principalement SYRIZA et le PASOK), le courant opportuniste, ainsi que les programmes de modernisation du gouvernement (ND) concernant la croissance numérique verte et l’État bourgeois contemporain.

L'orientation de nos interventions idéologiques et politiques s'est élargie vers de nouveaux fronts, tels que l'impact social de l'intelligence artificielle ou les conclusions historiques sur les questions stratégiques clés de la lutte pour la conquête du pouvoir ouvrier, avec un accent particulier sur la période révolutionnaire de 1944.

Les efforts de recherche se sont poursuivis pour étudier la construction socialiste au 20e siècle, avec des publications et des colloques consacrés à l'État socialiste et aux Constitutions Soviétiques.

Des fronts plus spécialisés de lutte idéologique et politique se sont développés, mais avec un retard important imputable au BP et au CC, notamment en ce qui concerne la revendication de droits au niveau individuel par rapport aux théories bourgeoises sur le sexe, le patriarcat, les mouvements et politiques «d'inclusion» (par exemple, avec pour critère le comportement sexuel), lutte qui s'est généralisée à la suite du célèbre projet de loi du gouvernement de la ND.

   Cependant, plus on descend vers la base du Parti, plus l'impact de notre travail théorique essentiel et le partage de notre riche expérience pratique sont limités, car ils ont tendance à se fragmenter en actions morcelées et mal préparées, axées sur des questions spécifiques.

En ce qui concerne le réseau de formation interne au Parti, celui-ci s'est appuyé sur le mécanisme du travail idéologique principalement par l'intermédiaire des comités idéologiques des comités régionaux et sectoriels, qui ont soutenu les écoles des comités régionaux, les écoles intermédiaires et les écoles pour les membres candidats. Au cours des quatre dernières années, de nombreux cours ont été organisés lors des assemblées de cellules et même lors des discussions au sein des comités sectoriels.

Sans sous-estimer leur valeur, ces efforts ne doivent pas occulter les faiblesses importantes qui constituent des obstacles à long terme et empêchent la formation des caractéristiques communistes nécessaires dans les conditions bien plus exigeantes d'aujourd'hui.

Certains problèmes majeurs, dont la responsabilité incombe principalement au Comité central, peuvent être identifiés comme suit:

La planification, l'organisation et la supervision de l'intervention idéologique, politique et de masse quotidienne ne sont pas réalisés avec une cohérence et une continuité décisive sur la base de la relation dialectique entre théorie révolutionnaire et action révolutionnaire.

Ce problème se manifeste:

a) Par la stagnation, voire le déclin, de la vente, de l'étude et de l'exploitation du «Rizospastis», de la Revue Communiste (KOMEP), des livres idéologiques, politiques, historiques, etc., de l'«Odigitis».

b) Par des périodes où la discussion générale ou spécifique sur des questions idéologiques et théoriques est rapportée, voire ajournée (période de 5 batailles électorales successives).

c) Par la préparation idéologique insuffisante de nombreuses nouvelles forces, ce qui souligne à la fois la nécessité de renforcer la capacité d'assimilation communiste de la KNE et l'importance de la préparation idéologique des militants issus du mouvement ouvrier et populaire.

d) Par un développement global limité des cadres, ce qui conduit à une surcharge de tâches pour certains cadres, à des difficultés dans le déploiement des cadres et à des défis dans la formation des comités auxiliaires.

e) Par une relative faiblesse d'une grande partie de nos membres et des cellules à mener à bien un travail cohérent dans leurs domaines de responsabilité, conformément à l'essence du programme du Parti.

Aujourd'hui, la mise à niveau de l'intervention idéologique et politique bourgeoise ne concerne pas seulement la réforme du système politique bourgeois et de l’État bourgeois numérique contemporain, l'effort de restauration de la social-démocratie et d'alignement du peuple derrière les objectifs du capital pour «l'augmentation de la compétitivité et la mise à niveau géopolitique du pays», le piège du dilemme bourgeois entre nationalisme et cosmopolitisme, deux facettes de l'idéologie bourgeoise. Il s'agit d'une attaque bourgeoise plus profonde visant à éroder et à saper la formation d’une conscience de classe au sein de la classe ouvrière, en particulier chez les jeunes actifs, et plus généralement chez la jeunesse, qui s'exprime également par la promotion planifiée des conceptions de l'idéalisme subjectif contemporain.

 

Codification de tâches spécifiques relatives à nos prochaines élaborations jusqu'au 23e Congrès

  1. Dans le cadre de l'effort de recherche pour l'étude de la construction socialiste au cours du 20e siècle, sur la base des travaux antérieurs (publications, colloque du Comité central, etc.), en particulier en ce qui concerne la superstructure et l'État socialiste:

La deuxième partie de l'étude sur les changements apportés à la Constitution soviétique, y compris ses conclusions, doit être achevée et publiée. La recherche devrait également être élargie afin d'intégrer l'expérience correspondante de la République démocratique allemande.

La traduction et la publication d'ouvrages clés, ainsi que les efforts visant à présenter de manière critique le débat sur le droit et, plus largement, sur la construction socialiste en Union soviétique, devraient être poursuivis.

L'étude des démocraties populaires établies après la Seconde Guerre mondiale, ainsi que du parcours de l'Internationale communiste, devrait se poursuivre.

Une étude devrait être conçue sur le parcours de la restauration capitaliste en Chine, ainsi que sur les développements à Cuba.

  1. En s'appuyant sur les études spécifiques menées ces dernières années sur les aspects clés du système impérialiste international contemporain (développement des forces productives – intelligence artificielle, économie de guerre et crise capitaliste, contradictions intra-impérialistes et expansion de la guerre impérialiste, État bourgeois contemporain, etc.), une étude approfondie sur l'impérialisme au 21e siècle devrait être réalisée. Cette étude adoptera une approche holistique pour examiner les changements contemporains dans les conditions matérielles et les conditions de vie et de travail de la classe ouvrière, ainsi que leur impact sur la formation de la conscience de classe.
  2. En tirant parti de l'expérience antérieure, fragmentaire mais positive, il convient de renforcer et de stabiliser la coopération intersectorielle sur des questions fondamentales telles que:
  • La prévision et l'étude des nouveaux problèmes et conséquences de l'intégration de l'intelligence artificielle dans la vie économique et sociale.L'effort de généralisation philosophique des réalisations scientifiques et l'élaboration de notre ligne et de l'adaptation nécessaire pour la lutte dans les universités et les centres de recherche, mais aussi dans le mouvement. D'ici le 22e congrès, une session du Comité central sur les questions liées à l'intelligence artificielle pourrait être programmée.
  • Le soutien à la KNE dans la lutte contre l'idéalisme subjectif, la revendication de droits au niveau individuel et l'auto-détermination du genre et de l'identité, conformément à l'agenda euro-atlantique sur l'inclusion et les identités multiples. De même, le soutien à la KNE dans l'étude du mode de vie de la jeunesse actuelle, notamment l'utilisation excessive d'Internet et des réseaux sociaux, ainsi que des positions réactionnaires ou prétendument contre le pouvoir véhiculées par les arts. La mise en avant des principes et des valeurs communistes et de l'importance de l'éducation communiste en opposition aux modèles bourgeois de vie des jeunes.
  • L'étude du Parti communiste dans les conditions contemporaines, combinée à un examen plus approfondi des causes du recul à long terme du mouvement ouvrier révolutionnaire par rapport aux possibilités accrues du système bourgeois de coopter la classe ouvrière. Un effort global pour renforcer la lutte idéologique et politique sur les questions concernant la superstructure bourgeoise dans les conditions actuelles.
  • La critique de la politique bourgeoise à l'égard de la délinquance juvénile.
  • L'amélioration du travail intersectoriel pour notre intervention dans les régions et les municipalités.
  • Notre intervention sur la question démographique et la confrontation avec la politique bourgeoise.
  • Les méthodes d'enseignement dans l'enseignement primaire et secondaire tant au niveau général que par discipline spécifique.

4.En s'appuyant sur les nombreux documents théoriques, historiques et didactiques élaborés au cours des années précédentes, il convient d'actualiser le plan visant à assimiler et à promouvoir de manière indépendante les positions fondamentales du Programme, telles que la nécessité de la révolution socialiste, l'importance de concentrer les forces pour sa réalisation et les lois de la construction socialiste, afin d'orienterle travail idéologique au sein des organes du Parti et des cellules. L'accent devrait être mis sur le renforcement de la capacité à affronter de manière critique l'idée de l'«humanisation du système», à savoir l'idée que le capitalisme peut être géré de manière favorable au peuple.Il convient également de prêter attention au type de mouvement nécessaire pour que la classe ouvrière prévalent véritablement, ainsi qu'aux conditions requises pour résister au rapport négatif actuel de forces lorsque des résultats positifs immédiats ne sont pas évidents.

  1. L’achèvement de la dernière partie de l'étude sur la stratification des classes, comprenant uneanalyse détaillée par région, les questions urgentes de la lutte en cours et des conclusions approfondies pour la planification de la lutte des classes.
  2. Une tâche de recherche distincte, réalisée avec la contribution des sections et organisations concernées, consiste à assurer le suivi, l'analyse, la généralisation et la prévision continus de tous les aspects liés au développement de la guerre impérialiste et au passage en cours à une économie de guerre. Il s'agit là d'une priorité absolue pour soutenir la préparation adéquate du Parti, pour intervenir et pour contribuer à l'effort de regroupement du mouvement communiste international.
  3. L'intensification de la lutte idéologiquecontre l’intervention multiforme des médias bourgeois dans les domaines de l'histoire, de l'idéologie et de la culture, en tirant parti de la collaboration avec les universitaires et les scientifiques qui se rangent aux côtés du Parti.
  4. L'étude et la rédaction de l'essai d'histoire du KKE sur la période 1974-1991 doivent être accélérées.
  5. Les conférences scientifiques sur la littérature organisées par le Comité central doivent se poursuivre.
  6. Une conférence nationale ou une session élargie du Comité central doit être convoquée pour aborder le travail du Parti auprès de la jeunesse, son mouvement et le soutien global apporté à la KNE.

EPILOGUE

Sur la base de la riche expérience que nous avons acquise au fil des ans, le CC doit désormais mieux intégrer notre programme révolutionnaire dans les tâches actuelles, jusqu'à notre 23e Congrès.

Nous devons l'étudier en permanence et le promouvoir, évaluer les différentes tâches, en partant du principe que la lutte quotidienne, de notre point de vue, s'inscrit dans la lutte pour le renversement du capitalisme, pour le pouvoir ouvrier, la construction socialiste sur la voie du communisme, la préparation globale du Parti à l'accomplissement de toutes ses tâches lorsque la révolution sera à l'ordre du jour.

En fin de compte, la lutte quotidienne s'évalue en fonction de la ligne de ralliement, du soutien idéologique et des formes de lutte, c'est-à-dire dans la mesure où ils favorisent la compréhension de la confrontation globale entre les classes, du conflit et du renversement du capitalisme.

En tirant parti de l'expérience riche que nous avons accumulée, de notre stratégie révolutionnaire élaborée et du développement créatif et collectif de notre vision du monde, sur la base des nouveaux développements et de ceux en cours, et en ayant confiance dans les principes qui guident le Parti révolutionnaire de la classe ouvrière de notre pays, fermement ancré dans l'internationalisme prolétarien, nous organisons le Parti communiste comme un «Parti toutes saisons», un Parti prêt à faire face à toutes les situations et à répondre efficacement à des développements complexes, en plaçant la classe ouvrière et le peuple au premier plan pour la victoire ultime et définitive du socialisme-communisme sur la barbarie capitaliste.

 

LE COMITÉ CENTRAL DU KKE

9 SEPTEMBRE 2025