Aucun sacrifice pour les guerres des impérialistes - La Grèce dehors de la guerre.
1. Le KKE lance un appel à la classe ouvrière, à tout le peuple et à la jeunesse pour qu'ils restent vigilants et se mobilisent de manière militante. L'alerte doit être sonnée dans tout le pays. Une opposition à la guerre impérialiste et à l'implication dangereuse de notre pays dans celle-ci doit être exprimée et renforcée. Notre pays ne doit pas devenir une cible de représailles. Le peuple et ses enfants ne doivent pas payer les conséquences de la guerre. L'«intérêt national» invoqué par le gouvernement et ses porte-parole pour justifier la participation de la Grèce à la guerre est fallacieux. Cette participation n'a rien à voir avec les intérêts des travailleurs et du peuple, ni avec la protection des droits souverains du pays; elle est liée à la participation du capital grec au «partage» et au «butin» de la guerre. Nous refusons de faire le moindre sacrifice pour les profits des capitalistes et de leurs alliés, pour le partage du monde, qui se fait toujours au prix du sang des peuples.
2. La nouvelle offensive militaire des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, qui a pour victimes le peuple iranien, y compris des enfants en bas âge, n'a rien à voir avec les prétextes ridicules et infondés avancés par les impérialistes. D'ailleurs, ceux qui parlent de «démocratie en Iran» et de «destruction de son programme nucléaire» soutiennent des régimes autoritaires et théocratiques, comme en Arabie saoudite et dans les États du Golfe, les djihadistes en Syrie et les talibans en Afghanistan, tout en développant leur propre arsenal nucléaire. Ces mêmes prétextes ou des prétextes similaires ont été utilisés par l'impérialisme états-unien et l'OTAN pour justifier les interventions militaires et les guerres impérialistes de longue durée en Afghanistan, en Irak, en Syrie, en Libye, etc., et la situation est aujourd'hui encore pire pour les peuples de ces pays. Le véritable objectif est de contrôler le pétrole et les autres sources de richesse, ainsi que les voies énergétiques et commerciales d'une région plus large, dans le cadre de la concurrence avec la Chine, qui entretient des relations stratégiques avec l'Iran et la «route de la soie» chinoise. Il s'agit du projet de «nouveau Moyen-Orient» dans le cadre duquel se poursuivent le génocide du peuple palestinien, la transformation de Gaza en protectorat états-unien et israélien, ainsi que le massacre du peuple libanais.
3. La planification des États-Unis sert la stratégie de l'«espace vital» afin de préserver leur position dominante au sein du système impérialiste mondial. L'intervention au Venezuela, les menaces contre Cuba, la tentative d'annexion du Groenland, etc., s'inscrivent dans cette stratégie. La lutte pour la suprématie dans le système capitaliste mondial entre les États-Unis et la Chine se manifeste dans un champ de confrontation en constante expansion, avec une alternance de moyens diplomatiques et militaires, de «guerres commerciales», de tentatives de ralliement des forces du camp adverse, etc. Une fois de plus, il est confirmé que «la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens, militaires», détruisant les illusions de ceux qui croient au «retour de la politique et de la diplomatie, du droit international» comme moyen de résoudre les désaccords. Le droit international, forgé dans d'autres circonstances, avec l'intervention décisive de l'Union soviétique et du système socialiste, n'est plus qu'un papier de chiffon, et les représentants des centres impérialistes n'y font référence que lorsqu'il sert leurs intérêts.
4. Un élément marquant de ces événements sont les représailles à grande échelle de l'Iran contre les infrastructures des États-Unis et de leurs alliés dans les pays voisins. Dans ce contexte, les bases britanniques à Chypre et les bases états-uniennes en Grèce deviennent des cibles de représailles. Le risque d'embrasement et de généralisation du conflit est plus que réel, alors que la guerre impérialiste fait rage en Ukraine depuis plus de quatre ans et que les foyers de guerre et les fronts se multiplient sans cesse dans la région et dans le monde entier. La possibilité que ces fronts se croisent et se synchronisent encore davantage confirme l'évaluation de la décision politique du 22e congrès du KKE, selon laquelle «pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, nous sommes si proches d'une troisième guerre mondiale impérialiste».
5. La Grèce est activement impliquée dans cette guerre, sous la responsabilité du gouvernement de la ND et des autres partis euro-atlantistes. Le gouvernementadopte tous les prétextes utilisés pour justifier l’attaque militaire contre l'Iran, transforme le pays en base de guerre en raison des bases militaires états-uniennes présentes sur son territoire, et met ses forces armées au service des États-Unis, de l'OTAN et d'Israël. L'argument du gouvernement selon lequel la Grèce ne serait pas impliquée dans la guerre, car aucune attaque directe n'est lancée contre l'Iran depuis les bases militaires états-uniennes situées sur son territoire, est faux et trompeur. Les bases états-uniennes de Souda et d'autres bases états-uniennes en Grèce jouent en effetun rôle actif accru dans la préparation et le soutien des attaques, de diverses manières: rassemblement et transport de personnel, approvisionnement et transport de matériel de guerre, amarrage de navires de guerre et équipement en missiles, télécommunications, etc. D'autres pays, comme l'Espagne, que les partis sociaux-démocrates présentent comme un exemple de «non-ingérence», offrent des facilités similaires. Ceux qui, en particulier parmi les partis de l'opposition opportuniste, parlent d'un «autre rôle» des bases, non agressif et non guerrier, mentent effrontément et cherchent simplement à dissimuler le fait que les gouvernements de la ND, du PASOK et de SYRIZA ont largement contribué à l'installation et à l'extension des bases en Grèce.
6. L'affirmation du gouvernement selon laquelle l'envoi d'avions et de frégates à Chypre a été effectué pour «protéger l'hellénisme chypriote» et constitue un «acte défensif» est tout aussi trompeuse et éhontée. Cette affirmation est réfutée par le fait que les forces armées grecques sont présentes depuis des années en Arabie saoudite et dans la mer Rouge pour protéger les intérêts des armateurs et des groupes énergétiques. Quelques jours après, le gouvernement a annoncé qu'il fournirait une aide militaire à la Bulgarie. Les moyens militaires envoyés à Chypre ne visent pas à protéger le peuple chypriote, mais à défendre les bases britanniques et les infrastructures états-uniennes de Paphos, afin de venir en aide à l'État d'Israël. Ces moyens s'inscrivent dans le projet de l’«otanisation» de l'île, qui présente comme «protecteurs» de Chypre ceux qui sont responsables de l'invasion et de l'occupation turques, et qui font courir de grands dangers au peuple chypriote. Parallèlement, cela sert de prétexte au renforcement des forces militaires turques dans les zones occupées. Pas à pas, des solutions dichotomiques sont promues à Chypre sous l'égide de l'OTAN. Il s'agit d'un projet visant à faire de Chypre un «porte-avions insubmersible», tandis que les groupes monopolistiques ont «jeté leur dévolu» sur les gisements énergétiques de la région.
7. L'implication du pays dans les projets dangereux des États-Unis, de l'OTAN, de l'UE et d'Israël constitue un «mode d'existence» pour la bourgeoisie et le capitalisme grecs. Cela confirme que la guerre et les affaires vont de pair. C'est ce qui se cache derrière la prétendue mise à niveau géostratégique» du pays. Il s'agit en réalité d'une mise à niveau de la position et de la rentabilité du capital grec. Pour que les groupes d'affaires puissent améliorer leur position sur la carte énergétique, la Grèce doit s'enfoncer «jusqu'au cou» dans la guerre énergétique et les conflits armés. Pour que les armateurs grecs s'enrichissent grâce aux prix du fret qui s'envolent à chaque crise, les marins risquent leur vie. Pour que les industries de l'armement et les groupes de construction puissent conclure des contrats juteux, on envoie des systèmes d'armement en Ukraine et des troupes à Gaza.
8. Alors que certains secteurs du capital «affûtent leurs couteaux», les travailleurs et les ménages populaires seront appelés à payer le prix de l'implication dans le conflit et de la politique dominante. Ils subiront des hausses des prix de l'énergie et d'autres biens de première nécessité, ou encore l'intensification de l'exploitation afin d'honorer les commandes ou de couvrir les pertes éventuelles, en particulier dans les secteurs susceptibles d'être touchés, comme le tourisme. Ils risqueront même leur vie, comme les marins envoyés dans des zones de conflit et contraints par les armateurs à signer des déclarations attestant qu'ils le font de leur plein gré. Les promesses du gouvernement, qui parle déjà d’«inflation importée», selon lesquelles il apportera son aide si nécessaire, n’ont absolument aucune valeur. Le gouvernement ne fait pas face à un «problème extérieur».Il est complice du soutien apporté à l’intervention des États-Unis et d’Israël, jouant même le rôle de «porte-drapeau». Il est responsable, au même titre que les gouvernements précédents, de la participation à la guerre énergétique entre les États-Unis, l’UE et la Russie, de la dépendance au GNL très coûteux, de l’abandon des ressources énergétiques nationales, comme le lignite, ou de leur concession à des monopoles, comme Chevron. Il est responsable car il a fait du tourisme le «moteur» de l’économie, alors que celui-ci est particulièrement vulnérable en cas de conflit armé. Les mesures de soutien, les divers «pass» bien connus, ne sont que des miettes, quine font que subventionner la hausse des prix, alors que la frégate stationnée en mer Rouge coûte à elle seule un demi-million d’euros par jour.
9. Le peuple ne doit faire preuve ni de confiance ni de tolérance envers le gouvernement de la ND et les autres forces politiques qui soutiennent ses choix stratégiques. Un exemple caractéristique de leur accord est qu'ils se sont empressés d'offrir un alibi et de reprendre la rhétorique mensongère du gouvernement concernant la mission de l'OTAN à Chypre. Ensemble, gouvernement et opposition du système, avec des rôles bien répartis, sèment l'illusion qu'il peut exister une politique «pacifiste» et une application du «droit international» dans le cadre des alliances stratégiques avec les États-Unis et Israël, dans le cadre des violentes rivalités impérialistes. Ils soutiennent tous ensemble l'explosion des dépenses militaires et la transformation de l'économie européenne en une économie de guerre, au nom de la prétendue «autonomie» et du rôle plus actif que l'UE entend jouer dans les développements à venir.
10. Il est urgent de renforcer la lutte ouvrière et populaire pour que la Grèce sorte de la guerre, se désengage des plans impérialistes, se détache de l’OTAN et de l’UE, et établisse des relations mutuellement bénéfiques et solidaires avec les autres peuples, avec le peuple maître en tant que chez lui.
- Les travailleurs ne doivent pas payer les conséquences de l'implication de leur pays dans la guerre. La TVA sur les produits de grande consommation populaire ainsi que la taxe spéciale de consommation sur les produits énergétiques doivent être supprimées.Nous demandons: un plafonnement des prix; Réouverture des centrales à lignite; Suppression de la Bourse de l'énergie; Abandon des sanctions contre la Russie, qui font grimper le prix du gaz naturel; Augmentations substantielles des salaires et rétablissement complet et effectif des conventions collectives de travail.
- Fermeture immédiate de la base de Souda et de toutes les bases des États-Unis et de l’OTAN, qui sont des bases de guerre et des aimants à représailles; retrait de la batterie Patriot d'Arabie saoudite et retour de la frégate de la mer Rouge. Tous les navires de guerre et toutes les forces militaires doivent être rapatriés des missions impérialistes à l’étranger;L’accord stratégique avec les États-Unis et Israël soit être dénoncé;Le gouvernement ne doit pas envoyer de forces militaires à Gaza.
- La solidarité avec les peuples de l'Iran, de la Palestine, du Liban, de Cuba, du Venezuela, de l'Ukraine et de la Russie, ainsi qu'avec tous les peuples victimes de la barbarie impérialiste doit être renforcée. La décision unanime du Parlement grec doit être appliquée et l'État palestinien doit être reconnu dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale. Le blocus barbare imposé par les États-Unis à Cuba doit être immédiatement levé.Cuba doit être retirée de la liste honteuse des États soutenant le terrorisme, établie par les États-Unis.
- Le nouveau pacte de l'UE sur l'immigration et l'asile, qui transforme notre pays en entrepôt d'âmes humaines, doit être abrogé. La Convention de Genève relative au statut des réfugiés doit être appliquée en accordant l'asile à ceux qui fuient l'Iran et les autres zones de conflit, et en leur fournissant toute la protection nécessaire, comme cela a été fait pour les réfugiés ukrainiens.Il faut privilégier le sauvetage plutôt que les refoulements afin de mettre fin aux naufrages criminels en Méditerranée et en mer Égée.
L'histoire nous enseigne que chaque fois que notre peuple s'est placé sous un «drapeau étranger» et a soutenu les plans de la bourgeoisie en jouant le rôle de premier de file des «puissants alliés», il a subi de grandes catastrophes. Aujourd'hui, le peuple doit rejeter tout projet bourgeois présenté comme un «objectif national». Il doit défendre ses propres intérêts et revendiquer ce qui lui appartient. La lutte du peuple pour sa propre patrie, pour la défense de sa vie, de sa famille, de son foyer et de ses besoins, est une lutte pour un autre avenir, sans le pouvoir du capital dont la «patrie» est l'exploitation et le profit.
L'inquiétude et la crainte de ce que la guerre et l'implication du pays dans celle-ci peuvent apporter, que chaque individu ressent aujourd'hui à juste titre, ne doivent pas se transformer en une attitude d'attente. La conjoncture internationale actuelle n'est ni immuable ni statique. Les impasses du système capitaliste s'aggravent et la guerre entraîne la destruction des forces productives. C'est une manifestation caractéristique de sa pourriture et de ses limites dépassées depuis longtemps.
Le peuple, en se rangeant aux côtés du KKE, doit brandir le drapeau de la contre-offensive et de la défense combative de ses intérêts. Il doit se lancer dans une lutte jusqu’au bout, jusqu’à la libération définitive du système de la pauvreté, des guerres et de l’exploitation.
Dans un monde en proie aux flammes et un système en décomposition, le peuple a le pouvoir de devenir l'acteur principal des événements, avec le KKE à sa tête.
