À la suite de la victoire électorale du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) en Saxe-Anhalt et des lamentations de la social-démocratie allemande face à la «montée de l’extrême droite», il convient de rappeler qui est Sahra Wagenknecht et quelle est l’«Alliance» du même nom. Cette Alliance propose ses sièges à l’AfD afin de former un gouvernement.
Wagenknecht était députée de Die Linke depuis 2004. Son mari, Oskar Lafontaine, a été ministre dans le gouvernement Schröder et cofondateur de Die Linke, un parti très apprécié par SYRIZA de l’époque.
En 2018, Sahra Wagenknecht a fondé au sein de Die Linke une plateforme «de centre-gauche» baptisée «Stand Up». Selon le journal grec «Efimerida ton Syntakton», en réponse à la montée en puissance du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) dans les sondages, «son objectif était de rallier les électeurs désabusés de la gauche allemande profondément fragmentée, ainsi que ceux de la social-démocratie, qui “sont mécontents de la politique actuelle, souhaitent voir l’État-providence redynamisé et une politique étrangère pacifique”, comme elle le dit elle-même». Le blanchiment de Sahra Wagenknecht s’est poursuivi: «Ce qui précède ne signifie en aucun cas que la populaire Sahra soit soudainement devenue de droite ou islamophobe (...) Plusieurs analystes estiment que son «virage» est pragmatique, car il apparaît désormais clairement que la rhétorique traditionnelle en faveur de l’immigration du SPD et de Die Linke ne reflète pas les opinions d’une grande partie de leurs anciens électeurs, qui se sentent menacés par l’afflux de migrants — en particulier en Allemagne de l’Est.»
Après avoir ainsi salué le… virage pragmatique de l’ancienne députée de Die Linke, ils ont ajouté la déclaration de Lafontaine comme cerise sur le gâteau: «Avec ce mouvement, nous voulons freiner la montée de l’AfD(...) Regardez ce qui se passe en Allemagne de l’Est: l’AfD est devenue le parti des travailleurs et des chômeurs. Cela devrait nous amener, nous les gauchistes, à réfléchir à nos propres échecs.»
Leur initiative était présentée comme le «cœur» d’un front social-démocrate contre l’extrême droite. Quelques années plus tard, en 2024, Wagenknecht a fondé l’«Alliance Sahra Wagenknecht (BSW)», et elle est désormais prête à former un gouvernement avec le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) en Saxe-Anhalt!
Le rôle sordide de la social-démocratie ne connaît pas de limites. Il en va de même pour toutes sortes de porte-parole qui présentent divers fronts démocratiques et progressistes formés par des partis comme la «réponse» à la montée de l’extrême droite, alors que ces fronts – qu’ils soient au gouvernement ou dans l’opposition – encouragent les politiques antipopulaires, les guerres impérialistes et le mécontentement populaire, ouvrant ainsi la voie à l’extrême droite. Telle est la conclusion à tirer du cas de Wagenknecht, dont la portée dépasse les frontières de l’Allemagne.
Publié dans «Rizospastis», organe du Comité central du KKE
